24 décembre 2009

Veille de Noël

Les bons vieux arbres sont vêtus
De blancheurs perlées
Et l'on entend des impromptus
Et des mélopées

Que dans les branches lentement,
Le vent froid module.
Et l'on dirait bien un aimant
Conciliabule.

Là-haut, le ciel d'un bleu lointain,
Profond comme un songe
Reçoit un rayon du matin
Qui dans l'ombre plonge.

On dirait que la terre attend
Un passage d'anges:
Que pour les fêter elle tend
Ses arbres de franges.

Qu'elle a des bijoux merveilleux:
Dans son opulence,
Si bien qu'elle parait aux yeux:
Un écrin immense.

Saurait-elle que d'un enfant
Fêtant la venue,
Un chœur d’ange ira triomphant
Chanter dans la nue?

La terre a-t-elle pour l’aimer
Le cœur d’une femme?
Et cet enfant, pour l’adorer
Aurait-elle une âme?

(Éva Senécal, Un peu d’angoisse… un peu de fièvre,
Montréal, La Patrie, 1927, p. 10-11)

Aucun commentaire: