3 juillet 2026

Au petit matin

Jacques Brault et Robert Melançon, Au petit matin, Montréal, L’Hexagone, 1993, n. p.

« L'haïkaï-renga est un poème d'allure libre, volontiers ludique, lié en chaîne, où chaque maillon forme avec le maillon qui précède un poème différent de celui qu'il forme avec le maillon qui suit. La chaîne entière compose un long poème continu et discontinu à la fois, imprévisiblement sinueux. »

« Nous avons écrit ce renga en échangeant pendant plus d'une année un cahier dans lequel chacun inscrivait une strophe qui répondait à la précédente et créait une attente de la suivante. » (Les auteurs dans la préface)

Montréal est au cœur du recueil : les auteurs essaient de capter ses visages changeants au gré des heures, sa respiration, sa lumière et ses ombres, ses bruits, l'environnement qui l'enveloppe, les impressions qu’elle suscite et les présences discrètes qui l’animent.

Voici quatre extraits.

L'après-midi s'effiloche
au gré des chalands qui traînent
et se mirent aux vitrines

On dirait
qu'une âme géante
de métal et de ciment
s'enfante au corps du ciel
puis s'étire et soupire

Le vent léger porte
parmi les odeurs
de sueur d'essence
le parfum si frais
si mystérieux
du Saint-Laurent

Tant d'incertitude
prendra fin bientôt
Montréal gondole
sous le ciel qui s'ouvre

23 juin 2026

LA PRISE DE LA PAROLE

Michèle Lalonde

dédié aux 25000 qui marchèrent sur Québec le 31 octobre 1969[i]

nous sommes partis de loin
nous autres
qu'on s'en souvienne
nous étions
(comment dire?)

nous ne savions plus
dire

nous étions
désarticulés

les mots nous désertaient
et filaient à l'anglaise
avec le droit d'user du pronom possessif
le pouvoir même
de nous nommer
nous parlions mal
nous parlions oui

à peu près comme nous marchions
fatigués tantôt hors d'haleine
chacun courbant muettement l'échine
au-dessus du sillon
une langue à hue et à dia
un parler de chevaux de trait
rétifs et gauches
dans leurs attelages

c'était il n'y a pas longtemps
nous nous embourbions dans nos phrases
cherchant sans cesse le terme juste
pour dire
(comment dit-on?

comment dit-on?)
liberté

nous autres
partis de si loin et tête basse
au-dessus de l'inexprimable
nous arrivons d'un long portage
avec chacun sur ses épaules
son bagage de chanson d'aïeules
et l'humiliation de son père
nous nous sommes mis en marche
capables d'inventer un mot d'ordre

nous autres
hier encore
désidentifiés

honteux et pauvres de nous-mêmes
vautrés dans le silence
et l'impuissance du juron

nous avons fait du chemin
armés de quelques vérités nécessaires
nous voici dans la rue
coude à coude
une reconnaissable multitude
avec sa jeunesse érigée en porte-voix

pour prendre
enfin

la parole

(
Défense et illustration de la langue québécoise, Sehers/Laffont, 1980, p. 44-45)


[i] 50000 (et non 25000) Québécois marchèrent sur le parlement pour protester contre le bill 63 qui laissait aux parents le libre choix de la langue d'enseignement pour leurs enfants, si bien que la grande majorité des « nouveaux arrivants » choisissait l’anglais.




19 juin 2026

Il n’y a plus de chemin

Jacques Brault, Il n’y a plus de chemin, Montréal, Le Noroît, 1990, 61 p. (5 dessins de l’auteur)

La reliure est terne, les illustrations de Brault le sont aussi. Est-ce lui qui l’a voulu ainsi? On a l’impression d’assister au dernier chapitre d’une vie qui a été difficile. Que reste-t-il quand il n’y a plus de chemin?

En 1990, Jacques Brault n’a que 57 ans.

L’idée de représenter l’existence comme un « chemin », on l’a rencontrée dans ses recueils précédents. Rien de tout à fait neuf donc, mais jamais le sens n’avait été formulé aussi froidement.

« Il n'y a plus de chemin. Ici ou ailleurs. On est fait, mon pauvre Personne. Toi, tu t'en fous peut-être. Avant, j'ai connu l'espoir. C'est comme une santé de grand malade. Je n'ai pas peur de mourir. Ce serait ridicule, dans mon état. J'ai peur de ne plus me lever. »

Brault emprunte la figure du vagabond, du « batteur de pavé », de celui qui a erré et qui n’a trouvé que quelques distractions en cours de route.

« C'est comme une petite fille qu'on a eue par surprise et qui n'a pas grandi. Marelle, corde à danser, chansonnette sur l'oreiller. C'était des chemins, ça aussi. Regarde mes mains. De plus près. Elles ont connu la joue et la tresse. Cornées, crasseuses maintenant, juste bonnes à laisser là, entre les chardons et les craquelats. La petite rirait. Comme l'eau toute claire des rigoles après la pluie. Ça me mettait, ce rire en clochettes, une boule dans la gorge. J'avalais et j'étais solide pour la journée. »

Quand l’interlocuteur s’appelle « Personne » et que les compagnons de route sont « la solitude » et « l’angoisse », nul doute, on est devant un être souffrant. Brault avait tendance à philosopher pour expliquer son attitude face à la vie, à la société. Les raisonnements pointilleux mis de côté, il ne reste qu’un être qui n’est pas arrivé à se construire une vie habitable.

« Si tu as envie, Personne, de faire l'élastique, tu ouvriras la marche. On va couper par le travers de l'été. […] Vous deux, l'angoisse et la solitude, vous suivez; ne traînez pas, sinon je vous abandonne pour de bon. On ne cherche rien, et rien ne nous attend. On trouvera bien. Un espace vide. Un temps mort. Une espèce d'illumination, qui sait? L'important, c'est de partir. Qu'ils disaient. Recommencer. Sans but; sans raison. »

Ce recueil, qui tient plus du journal personnel que de la poésie (sans chichiter sur la distinction), a souvent l’allure d’un bilan. Le regard se tourne vers le passé, non pas pour mesurer le parcours (il n’y en a pas vraiment ou si peu) mais pour réaliser comment s’est construit l’effacement de soi, jusqu’à devenir ce « Personne », son interlocuteur.

Jacques Brault sur Laurentiana

Mémoire

Trinôme

La poésie et nous

La poésie ce matin

L’en dessous l’admirable

Trois fois passera

Moments fragiles

Il n’y a plus de chemin

Brault sur sa mère

Toucher les nuages

12 juin 2026

Moments fragiles

Jacques Brault, Moments fragiles, Montréal-Paris, Le Noroit-Le dé bleu, 2009 (1984), 113 pages (11 lavis de l’auteur).

Moments fragiles représente le sommet de l’œuvre de Jacques Brault et s’impose comme un classique des années 80. Même si le titre suggère une certaine douceur, il ne faut pas s’y méprendre: la tristesse qui imprègne ses poèmes frôle souvent le désespoir. « Je gravis une colline / et je m'assois solitaire / sous un ciel vide / à mes pieds s'endort / comme un chien ma tristesse ». Qu’il évoque l’enfance, s’attarde sur l’instant présent ou aborde la vieillesse — et la mort dans le poignant poème final — l’ensemble témoigne d’une existence marquée par l’usure des sentiments, la solitude et un mal de vivre profond.

 

Le recueil compte cinq suites (Murmures en novembre, Amitiés posthumes, Vertiges brefs, Leçons de solitude, Presque silence) mais il est difficile d’y voir une progression. Disons que ce sont des variations sur les mêmes thèmes. L’écriture est très dépouillée, elle s’approche davantage du réel et n’a jamais été aussi belle. Plusieurs poèmes ressemblent à des haïkus.

 

Mon chemin s'est défoncé à bien des tournants 
je songe engourdi de mille douleurs 
aux amis laissés derrière moi cheminant 
et les peupliers jaunis tremblent 
            d'une proche frayeur

Regrets et faillites       à quoi bon
m'en reblanchir les tempes
de tous côtés les feuilles s'accolent
et se séparent et se perdent
lors d'une vie antérieure
je fus par erreur un vagabond
fonçant dans l'ombre      un aboi de chien
j'écoutais parfois la pluie s'endormir
et vêtu de givre dur je demeure
debout dans une extase de pierre

5 juin 2026

Trois fois passera

Jacques Brault,
Trois fois passera précédé de Jour et nuit, Montréal, Éd. du Noroît, 1981, 87 pages (14 collages de Célyne Fortin) 

Le recueil mélange essai, poésie et prose poétique.

On ne peut pas dire que la poésie de Brault laisse beaucoup de place à la joie, aux beautés de ce monde. Le poète (mais aussi l’humain, l’amoureux) choisit la position la plus inconfortable qui soit. Jetant un regard très sombre sur le monde qui l’entoure, incapable de s’épanouir dans la durée, il tente tant bien que mal de s’accrocher à l’instant, à des moments de bonheur fugaces, au simple fait d’être vivant. C’est précisément cet état d’inconfort, ces éclats de présent, qui donnent un sens à sa vie.  

 

JOUR ET NUIT

Les hommes de paille

Brault plonge dans son enfance, alors qu’on voyait beaucoup d’épouvantails (dans la campagne au nord de Montréal), qui ne faisaient peur à personne, surtout pas aux oiseaux. Ces épouvantails que l’hiver anéantissait.  Cette parabole se termine par une réflexion sur le présent : « Et nous restons, nous aussi hommes de paille. Sans autre part qu'ici. Crucifiés aux ciels de braise et de neige. Hommes sans cesse rempaillés. Chasseurs d'oiseaux-chimères. Nourris de médiocrité satisfaite. »

 

Malgré tout

Après avoir énuméré toutes les horreurs, laideurs, petitesses… tous les « malgré », il termine par ces quelques vers, porteurs d’un mince réconfort : « assise à notre porte et patiente / nous attend / depuis plus longtemps qu'à jamais / nous attend / douceur de vivre petite soeur du mourir / sagesse bien-nommée mal-aimée / la plus folle / (nous attend) / de nos folies / saveur d'être ici / malgré... / TOUT »

 

TROIS FOIS PASSERA

 

Fragments d’une lettre

Il écrit une lettre à une femme aimée qui dort près de lui. Il s’agit d’une réflexion sur la notion de bonheur, sur la nécessité de l’écriture et sur sa propre pensée qui n’en finit plus de se retourner sur elle-même. Texte d’une grande finesse, presque harassant pour le lecteur. « Ça dit, ça laisse dire que la vie ne vaut pas la peine d'être vécue, et que malgré le pire rien ne vaut plus et mieux que le fait de vivre cette pauvre vie. »

 

L’instant d’après

Brault essaie de traquer l’« instant » qui donne un sens à l’amour comme à l’écriture : « Oui, ce sont les petites amours qui font l'amour grand, les petits achèvements qui nous ouvrent au grand inachevé, les instants vécus qui donnent à voir et qui dissimulent l'éternité à vivre. Et c'est dans l'instant d'après qu'on pâtit vraiment, qu'on approche douloureusement et avec fol espoir, de ce bonheur fatalisé, de ce réel resserré sur un instant et suspendu entre deux néants. »

 

Une poétique en miettes

L’écriture est vécue comme une lutte contre soi-même, contre toute forme de complaisance. Il suffit de s’y adonner, de laisser agir les mots, « ne pas définir, mais indéfinir. La poésie ne vient au poème que par surcroît. » Écrire pour combler ce vide ressenti alors qu’il était enfant :

 

« Et par ces pages mal fichues me vient une douleur. Enfantine. Insondable. Quelque chose comme le tremblement du monde au matin où pour la première fois on s'éveille. Seul. Cela ne s'écrit pas, cela ne se vit pas. Cela se meurt.

Au milieu de mon hiver, une ombre légère passera devant mes yeux; j'écrirai. Dans l'intervalle, une ombre seconde, entre nous deux, repassera...

... et la dernière y restera. »

2 juin 2026

Toucher les nuages

Jacques Brault, Toucher les nuages, Montréal, Le Noroît, 2018,  14 p. (Coll. Orphanos) 

Poèmes et dessins naïfs de Jacques Brault.  Petit livre offert aux souscripteurs en soutien à leur maison d'édition. (Éditions Le Noroît)


29 mai 2026

L’en dessous l’admirable

 

Jacques Brault, L’en dessous l’admirable, Montréal, PUM, 1975, 51 p.

Recueil difficile, philosophique, qui flirte avec les théories de l’absurde. On comprend que Brault plonge au plus profond de soi (l’en dessous), fait table rase de ses anciennes croyances jusqu’à parvenir au rien : « ici, le rien règne et repose ». Vidé de toute émotion, coupé de toute relation, sans chemin spirituel, il ne reste qu’un « semblant d’être » :

pas de mots et pas de silences là ni même absence
quelque chose rien comme un froid d'avant le monde
et nébuleuses galaxies espaces non calculés
ô vide
plus loin que le dégoût d'exister plus loin que tout

Il semble que « l’admirable ne se manifeste qu’aux retours d’en dessous ». Et l’admirable tient à si peu; tout au plus, c’est un petit espace pour (sur)vivre dans un monde insignifiant :

                        et je viens les yeux fermés
       où tu étais venue
je viens me souvenir
                               avec des douleurs
       réapprises aux épaules
je viens comme un matou de nuit
                                                 rôdeur parmi
        les détritus
c'est toi oui que je trouve grise cernée de folie
vigne tombante contre un mur de briques
et cela aussi si près de l'en dessous
         cette splendeur
de bric-à-brac de broche à foin
                                                  est
                                               le plus pur amour

22 mai 2026

La poésie ce matin

Jacques Brault, La poésie ce matin, Montréal, Parti pris, 1973, 118 p. (Coll. Paroles 30)

Le recueil est d’abord paru en France en 1971 chez Grasset. Il est très difficile d’en faire le compte rendu, car, entre la première partie et la huitième, beaucoup de sujets sont soulevés. Je m’en suis donc tenu à relever ce qui me semblait le sujet de chacune d’elles, en laissant la parole au texte de Brault.

I — Le poète s’est engagé, s’est compromis, mais n’est plus sûr que sa parole ait eu du poids.  

parler c'est ne vivre
que de vent
ce qui reste
ta bouche remuante
quand tout est foutu
puis un peu de noirceur
à la clarté des gestes
se taisant

II — Le bel avenir du Québec, que plusieurs ont esquissé dans les années 60, n’était peut-être qu’un rêve. La patience finit par s’user. Il décrit un peuple coincé, incapable d’évoluer.

si belle soit la terre promise ailleurs en d'autres mondes
ce n'est pas ici

nous gèlerons sur place comme pères et mères
nous craquerons de froid de folie
nous ne partirons pas

III — Comment survivre dans un monde qui ne répond pas aux appels, dans cet univers où rien n’arrive au bon moment, que tu déchiffres mal, comme si tu étais étranger chez toi.

un caillou épuisé de poussière
jamais n'a heurté personne

il porte son poids en marge
des bruits des espaces des espoirs

tout de pierre et sans névrose
il ne demeure qu'en lui-même

IV — On entre dans la sphère du privé : sa mère, avec sa vie de misère, ses petites joies, sa rudesse en est la figure titulaire :

le savon de ménage les chaussettes trouées ton ventre
ballonné de pain humide
ta fatigue sur les carreaux de cuisine tes mains
peuplées d'échardes
le seau de saletés le poêle éteint le sifflement
des robinets la radio braillarde

V — L’humanité s’est perdue, l’espoir est mort et les pires horreurs surviennent

Vietnam Chicago Prague Biafra Bolivie et les autres
sans oublier le Québec ainsi soit-il
suppliciés entre pinces et pesanteur et par la grâce
des puissants-pourris

VI — Perdu dans un monde qu’il ne sait plus déchiffrer, le poète apparait comme un être vidé de sa substance.

ne me demandez pas le chemin
je suis à la remorque d'un horizon
aveugle sourd mais qu'il traverse bien
les ruines à naître
à défaut de cloisons

VII — L’art peut être une échappatoire (ce que lui inspirent les photos de Mia et Klaus).

Voici qu'entre l'avenir et le passé s'offre un présent habitable, une vérité véritable. Liberté d'être au monde, de vivre sans qualité, ainsi que la toute première molécule chercheuse d'un autre à elle semblable.

VIII — Sa femme et sa fille, et la ville grouillant de vie, plus ou moins décousue, demeurent ses plus sûrs ancrages.

tu es l'épousée du pire en douceur         
la fileuse des riens mal cardés
repasseuse en tablier de grande tenue
et sans gloire silencieuse à la fenêtre
depuis si longtemps les mains comme torchons de clarté
avec une lueur des lendemains aux cils
quand passe le facteur tout droit

La 4e de couverture de l’édition française (Paris, Grasset, 1971, 116 p.)

« Après Mémoire, où il établissait le bilan d’un pays vécu au futur comme au passé, Jacques Brault tente, dans La poésie ce matin, d’organiser une polyphonie de l’existence quotidienne. Mais vivre cette « vraie vie », dont Rimbaud déjà disait qu’elle était « absente », nécessite le courage de traverser lucidement la nuit, celle du fatalisme historique, celle de l’absurde inhérent à la condition humaine, celle des violences suscitées en vue de toutes les exploitations de la naïveté, celle de l’à-quoi-bon érigé en nouvelle mystique, celle… mais cette nuit risque d’être sans fin si l’on n’y veille pas. Car le matin viendra sûrement, la poésie de tous les âges a choisi de le saluer, de l’accueillir, de le signer de notre nom d’homme. Comme une promesse tenue malgré tout. Tel est l’itinéraire de ce livre qui part du Québec pour aller au monde et qui revient au Québec après une nuit d’absence, à l’heure où le matin résume tout le bonheur de conjuguer la vie au présent. »

 

15 mai 2026

Contes d’aujourd’hui

 Henri Beaupray, Contes d'aujourd'hui, Québec, Éditions de l'Action catholique, 1943, 218 pages.


Il était une fois

Cette allégorie met en lumière la vocation du « petit peuple » canadien-français : préserver sa langue et sa foi face aux défis du temps.

Le raid sur Dieppe
L’amie d’un officier et sa sœur fabriquent un talisman dans l’espoir de le protéger. Lors du débarquement à Dieppe, ce talisman, qui s’avère être le drapeau non officiel du Canada, inspire et encourage les soldats canadiens dans leur mission risquée.

Le secret du père Arsenault
Florian Arsenault s’installe à Saint-Léon-les-Pins, où il pratique le maraîchage. Avec l’âge, il engage un jeune homme et fait l’acquisition d’une belle camionnette jaune, multipliant les déplacements. Les gens se questionnent, jusqu’au moment où le curé révèle son secret : Arsenault est un Acadien qui rachète discrètement les terres que les Anglais ont prises lors du Grand Dérangement.

Les aventures de Prosper Morin
Prosper Morin, gardien de camp, raconte sa bataille avec une ourse.

Un pari d'étudiants
Des étudiants en médecine parient sur les derniers mots qu’un patient, risquant de perdre la voix lors d’une opération, pourrait prononcer.

Les oiseaux en coopératives
Les oiseaux ont abandonné le jardin du père Lagraine, pour la Gaspésie, où, semble-t-il, la coopération a créé un regain de richesse.

Le miracle de la neige
Deux vieux, qui reprochent à leur petite-fille ses excursions de ski avec son copain, changent d’idée en voyant tomber la neige depuis la fenêtre.

La jeune fille aux cheveux d'or
Deux étudiants en médecine, dans une salle de dissection, se retrouvent devant le corps d’une mystérieuse jeune fille aux cheveux d’or. Quelques années plus tard, l’un d’eux, suite à une panne de moteur, en voyage sur la Côte-Nord, s’arrête chez des vieux, les grands-parents de la jeune fille, et découvre qui elle était.

Le plus beau pays du monde
Un couple se rend à New York afin de visiter l’Exposition universelle. Leur jeune fils a très hâte de visiter le pavillon du Canada. À la suite d’un incident, cette visite est reportée au lendemain, mais l’enfant tombe malade. Dans un rêve, un ange lui présente son pays.

Gros Bonasse
Gros Bonasse, un homme naïf et maltraité par sa mère, est méprisé par les villageois. Il quitte le village et devient plus tard un héros de guerre, ce dont les villageois tirent honneur. 

Le saint homme de Cromignon
Un homme, qui se prend pour un saint, malmène femme et enfants.

Mon voisin de campagne
Un savant qui a étudié toute sa vie en arrive à cette simple vérité. L’essentiel ne se trouve pas dans la connaissance mais dans l’accord avec la réalitè qui nous entoure.

Entendons-nous, on n’est pas devant un grand recueil. La plus grande force de Beaupray réside dans le choix de ses personnages, plusieurs assez pittoresques. Cependant, l’action qui les anime n’est pas toujours captivante. Plusieurs récits, trop anecdotiques, reposent sur des événements insignifiants, comme une chute de neige dans « Le miracle de la neige » ou une simple partie de pêche dans « Mon voisin de campagne ». Ses histoires se déroulent le plus souvent dans des milieux bourgeois. Certains passages semblent servir une thèse, notamment lorsqu’il exprime ses sentiments nationalistes, son attachement au mouvement coopératif, à l’importance de la religion… D’autres sont moralisateurs, comme dans « Le saint homme de Cromignon ».

 

Charles-Henri Beaupray sur Laurentiana
Les beaux jours viendront…

Jours de folie