Laure Rièse, L’âme
de la poésie canadienne-française, Toronto, MacMillan, 1955, XXXI, 263 p.
Les
poèmes sont précédés d’une préface et d’un aperçu de la poésie québécoise de 15
pages.
Laure Rièse, née à Neuchâtel en 1910, a émigré
au Canada en 1928. Elle a enseigné au collège Victoria de l’Université de
Toronto de 1928 à 1976, tout en continuant ses études commencées à la Sorbonne.
Elle a reçu plusieurs distinctions, dont l’Ordre du Canada. Elle est décédée en
1996.
L’anthologiste dans sa
préface :
« Par un livre de ce
genre, on se livre au public, on y exhibe sa critique personnelle et ses
préférences. Souvent, par manque de recul, on se montre intolérant ou dur. Au
fait, à quoi sert une anthologie, sinon à donner au lecteur un goût
d’anticipation d’une œuvre poétique, des gens et de la région où elle a pris
naissance. Il faut donc employer beaucoup de pénétration et de doigté pour
distinguer le durable de l’éphémère et surtout ici pour montrer, par les
auteurs cités, les apports et les divergences de deux peuples qui parlent la
même langue, mais pensent différemment. »
« Pour rendre cette
anthologie plus claire, une certaine organisation intérieure paraissait
s’imposer. Nous avons donc groupé les poètes en deux catégories : les poètes
masculins d’abord, les poètes féminins ensuite. Le lecteur peut ainsi relever
les parallèles qui existent entre les deux groupes et mieux suivre l’évolution
personnelle de chacun des auteurs dans l’épanouissement du mouvement poétique.
Puis, nous avons classé les auteurs selon leur date de naissance plutôt que
selon la parution de leurs livres. »
Critique d’un autre
anthologiste
« Tout heureux de voir
Laure Rièse publier une nouvelle anthologie de la poésie canadienne-française,
mais fort déçu aussitôt après de la parcourir en diagonale. L’Âme de la poésie canadienne-française
comble un vide — toutes les anthologies antérieures sont épuisées — mais le
comble assez mal. J’y retrouve sans doute plusieurs des meilleurs poèmes
canadiens-français, mais il y a là des lacunes impardonnables. Comment expliquer
l’absence totale de ces pages de poètes comme Alfred Garneau, Louis-Joseph Doucet,
Albert Dreux, Louis Dantin, Guy Delahaye, Lionel Léveillé, Jovette Bernier, François
Hertel, Alain Grandbois, Rina Lasnier, Clément Marchand et de quelques autres?
Le volume a pourtant plus de deux cent cinquante pages! Laure Rièse a sans doute
ses goûts — et je ne les discute pas ici —, mais il y a dans son livre des
absences qui ne s’expliquent certes pas. On pourrait concevoir que la poésie
ésotérique ne lui dise rien et qu’elle ait, pour cette raison, ignoré Grandbois,
par exemple; mais comment expliquer l’absence d’un Alfred Garneau parmi les poètes
du siècle dernier, ou d’un Delahaye parmi ceux du début de ce siècle? Je ne parviens
pas à trouver de raison pour les éliminer. » (Guy Sylvestre, « De la langue à
la TV », dans Le Droit, 12 mars 1955,
p. 4)
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