17 mars 2017

Le pont rouge

Alphonse Loiselle, Le pont rouge, Montréal, Édouard Garand, 1930, 46 pages (+ supplément La vie canadienne p. 47-64), (Collection Le roman canadien, no 69) (Illustrations d'Albert Fournier)

Léandre Saint-Cyr achève ses études classiques et se dirige vers la prêtrise. Pourquoi? Il ne saurait le dire. Ses parents se sont privés pour le faire instruire et il est entendu depuis toujours qu'il fera un prêtre. Durant une vacance d'été, il rencontre Roxane Dumontois, une jeune fille de « bonne famille » dont il tombe amoureux. Vocation oblige, il s'en éloigne, rencontre Gisèle, une fille dévoyée (selon l'auteur), qui l'initie à la vie mondaine. Le temps venu, il refuse de rentrer chez les prêtres, incapable de renoncer à Roxane qu'il épouse. Roxane meurt au bout d'un an. Il perd aussi ses parents et son emploi de commis de bureau quelque temps plus tard. Il sombre dans le désespoir, flirtant même avec le suicide. Il déménage à Detroit, espérant tout recommencer, vivant de petits travaux et fréquentant les milieux louches, s’enfonçant dans le désespoir. Gisèle, guérie de la vie mondaine, devenue épouse et veuve aussi, vient le rejoindre. Elle lui offre de l'épouser. Il tergiverse entre l'attrait qu'il éprouve pour elle, sa culpabilité d'avoir abandonné la prêtrise et la promesse faite à Roxane de ne jamais se remarier. Il s'acoquine avec un passeur de contrebande pour sortir de la misère. Au cours d'une mission il est tué accidentellement par son comparse.

Je suis bien obligé de le dire, Le pont rouge n’est pas un bon roman. C'est un mélo pleurnichard et l'indécision chronique du héros, ses tergiversations sibyllines concernant sa vocation nous lassent assez vite. La vie du héros qui devient désastreuse après qu'il a renoncé à sa vocation, c’est un peu facile.  Même la morale qui s'en dégage (L'amour est plus fort que la religion) ne nous convainc pas, tant s'y mêlent la culpabilité et les regrets. L'action est réduite au minimum et nous avons droit à des  analyses intérieures qui tournent en rond. Dans les dialogues, les personnages « parlent comme des livres », monologuent comme des prédicateurs. Et comme d'habitude, la ville monstrueuse et les femmes viennent détourner les jeunes gens de leur sacerdoce.

Extraits
« Une femme t’a barré la route. Elle s’est interposée entre toi et Dieu. Tu l’aimais cette femme, dis-tu, mais sache bien que toute femme s’aime d’abord avant d’aimer un autre. Sache aussi que ton corps, par qui tu as été entraîné à cette désertion, parce que tu as eu peur des sacrifices, n’est qu’une infime chose en comparaison de l’âme, qui seule est immortelle ! »

« L’âge, la douleur, l’expérience, la vie maritale, l’avaient embellie sans doute car elle s’était départie peu à peu, de tous ses attributs physiques et moraux, qui donnent un air masculin à beaucoup de jeunes filles, aux manières dégagées et à la désinvolture marquée. »

« Elles [les villes] façonnent les êtres à leur image. Elles en font des amis du bruit, de la vitesse, du plaisir; êtres incohérents, qui ne peuvent s’arrêter aux graves pensées; êtres perplexes, changeants, qui sont à l’affût de nouvelles sensationnelles, de rumeurs, de mondanités; êtres superficiels, qui s’attachent aux choses éphémères, qui courent aux plaisirs, à la mort, brûlant les étapes, ruinant leur santé, leur vie, leur corps; êtres fragiles qui succombent sous le poids des charges humaines; êtres complexes, qui raccourcissent leurs jours en prolongeant leurs nuits. »

« Combien j’ai été malheureux sur cette terre que je quitte sans aucun regret. La miséricorde de Dieu est infinie. Je suis quitte avec Lui. J’ai payé ma dette, Jean, et je retourne vers mon Créateur, l’âme soulagée.
Si j’avais obéi à Ses ordres, si j’avais écouté Sa voix, j’aurais évité toutes ces infortunes. J’ai manqué à l’appel, le sort s’est acharné sur moi.
Si jamais tu rencontres des âmes semblables à la mienne, errantes dans la vie, songe alors qu’ils ont résisté à un appel de la Providence, plains-les, comme j’ai mérité de l’être. Ma mort effacera mes fautes.
Ô mort libératrice ! je t’implore maintenant comme un baume à mes souffrances. Je remercie Dieu de la terrible leçon qu’il m’a donnée. »

10 mars 2017

Le trésor de Bigot


Alexandre Huot, Le trésor de Bigot, Montréal, Édouard Garand, 1926, (54 pages + 14 pages) (Collection « Le roman canadien » no 23)

La tombe de Marcel Morin a été vandalisée. Le curé de Saint-Henri-de-Lévis a vite fait de confier l’affaire au « fameux » détective Jules Laroche.  Il découvre que ce Marcel Morin, mort il y a très longtemps, était un garde de l’intendant Bigot. Ce dernier, voyant venir la chute de la Nouvelle-France, lui aurait confié un trésor que Morin devait lui expédier en France après les hostilités. Morin, ne voulant pas le rendre au triste Bigot et encore moins aux nouvelles autorités en place, l’a tout simplement caché et en a confié le secret aux membres de sa famille. Avec le temps, le trésor et son secret ont été en partie oubliés.  Des bandits, ayant eu vent de l’affaire, ont cru que le trésor se trouvait dans la tombe de l’ancien garde de l’Intendant. Mais, en fait, il est beaucoup mieux caché que cela, si bien que même les descendants de la famille Morin ne sauraient dire avec précision où il est. S’engage une course entre Jules Laroche et les bandits pour mettre la main sur le butin.  (Pour connaître la suite, il faut lire le bouquin.)

Alexandre Huot a joué un rôle important dans le développement du roman populaire au Québec. Il a écrit beaucoup de romans policiers, romans de gare comme on dit, sous le pseudonyme de Paul Verchères. On peut en lire un certain nombre sur le site de la BeQ. On lui doit aussi un roman de science-fiction (L’impératrice de l’Ungava).

Huot utilise les éléments classiques du roman policier : un forfait a été commis, un brillant détective et son assistant, qui lui sert de faire-valoir, s’amènent sur les lieux et percent progressivement le mystère. Le trésor de Bigot n’est pas pour autant un récit à énigme à la Conan Doyle ou à la Agatha Christie, même si Huot n’épargne pas ses raisonnements aux lecteurs. On est davantage dans un thriller : des coups de feu sont échangés, des personnages sont enlevés et même soumis à la torture, les protagonistes se lancent dans des poursuites automobiles dangereuses… On a même droit à une courte histoire d’amour entre le détective et la descendante des Morin.

Il est surprenant de constater qu’on puisse situer une histoire policière dans un lieu comme Saint-Henri-de-Lévis. En fait c’est toute cette région qui borde l’Etchemin qui est mise en scène : Lévis, Sorosto, Pintendre, Saint-Anselme. Québec occupe aussi une bonne place dans le récit. Comme les automobiles sont omniprésentes, les routes et certains points de repères sont souvent évoqués. Bref, l’intérêt du roman va au-delà de son intrigue policière.

Lire le livre

3 mars 2017

Vengeance fatale


Louis-Charles-Wilfrid Dorion, Vengeance fatale, Montréal, La Cie d'Imprimerie Desaulniers, Éditeurs, 1893, 184 pages.

Montréal 1837. Mathilde Gagnon doit épouser Pierre Hervart. Lors d’un voyage à Montréal, elle rencontre Raoul de Lagusse. Il lui fait une cour très insistante. Survient la bataille de St-Charles. Raoul en profite pour se débarrasser de Pierre Hervart.

Montréal 1858. Raoul de Lagusse a changé de nom. Il s’appelle dorénavant M. Darcy et il a deux filles Mathilde (une autre) et Hortense. Celles-ci sont courtisées par Louis Hervart (fils de Pierre, son ancien rival amoureux) et Ernest Lesieur, deux amis. On apprend que Louis, déjà orphelin de père, a aussi perdu sa mère (Mathilde Gagnon) dans un incendie (allumé par Lagusse après qu’elle eut refusé ses avances) en décembre 1838. On apprend aussi qu’Hortense n’est pas la fille de Raoul de Lagusse mais d’une autre de ses victimes tuées dans un incendie. Louis finit par découvrir la vérité. Quand Darcy apprend que Louis sait tout, il décide de l’éliminer. Avec des complices, il l’attend sur la route de Lachine. Mais Louis et Ernest, déjà avertis du complot, sortent vainqueurs du combat qui s’ensuit. Louis et Ernest épousent Hortense et Mathilde et s’enfuient en France.

Voici rapidement résumée une histoire pleine d’actions et de personnages secondaires que je passe sous silence. Vengeance fatale, c’est un roman d’action comme on en faisait au XIXe siècle en France. L’action rebondit sans cesse, au mépris de la plus élémentaire vraisemblance, mais peu importe, c’est un peu la loi du genre. Les murs ont des oreilles, les personnages se laissent aller à des témoignages qui les inculpent, on joue de l’épée et du pistolet, on fait chanter ses subalternes, des crapules louent leurs services pour quelques dollars, bref tous les coups sont permis. Les dialogues sont abondants et l’action, même si confuse parfois, évolue rapidement. Louis-Charles-Wilfrid Dorion (1856-1914) a beaucoup de difficultés avec les actions parallèles, malgré ses nombreuses adresses au lecteur.

Une première version du roman avait été publiée quelque vingt ans auparavant nous apprend l’auteur dans sa préface : « J’espère que le lecteur ne me refusera pas l’indulgence que je lui demande pour cet ouvrage. En effet, lorsque, sous le pseudonyme de Carle Fix je publiais, en 1874, « Pierre Hervart » dans l’Album de la Minerve, je n’avais pas dix-huit ans, et quelques semaines à peine s’étaient écoulées depuis que je venais de déserter, pour toujours, les bancs du collège. »

Extrait
Les seuls combattants demeurés sur ce champ de carnage étaient Louis et le comte de Lagusse. Ernest voulait achever ce dernier tout de suite en lui perçant les reins de son épée encore toute trempée du sang d’Edmond, mais Louis lui ordonna de ne pas intervenir dans une querelle qu’il considérait, avec raison, toute personnelle.

Au reste l’issue ne devait pas se faire attendre longtemps. La jeunesse de Louis lui était d’un grand secours. Aussi était-il toujours ferme, tandis que Darcy, qui n’avait plus la même vigueur que Raoul de Lagusse, faiblissait constamment. La lassitude finit par le gagner tout à fait et à une dernière attaque de Louis, il ne put résister à ce dernier qui poussa rapidement son épée jusqu’au cœur du meurtrier.

— Amen ! fit Ernest soulagé. Évidemment, Dieu ne voulait pas que ce misérable mourut d’une autre main que la tienne, et le mal qu’il t’a fait souffrir, réclamait une vengeance solennelle. (p. 179)


23 février 2017

Les Mystères de Montréal

Hector Berthelot, Les Mystères de Montréal, Roman de mœurs, Montréal, Imprimerie A. P. Pigeon,  1898, 118 pages.

Ce roman fut d’abord publié, en feuilleton, dans Le Vrai Canard en deux étapes : la première partie est publiée du 20 décembre 1879 au 31 juillet 1880 ; la deuxième paraît du 13 novembre 1880 au 5 mars 1881. Berthelot avait adopté le pseudonyme Monsieur Ladébauche. L’édition que je présente, c’est celle de 1898, la première présentée en volume.

Berthelot a divisé son roman en trois sections : un long prologue qui fait 8 chapitres et deux autres parties de 20 et 16 chapitres. Les chapitres sont courts, de même que les phrases, ce qui est compréhensible compte tenu du public auquel il était destiné. Disons-le tout de suite, l’édition est négligée, truffée de fautes et d’irrégularités typographiques.

On ne résume pas un tel livre par le menu détail. Ce serait trop long, tant les événements fourmillent, souvent sans attache logique entre eux.

Prologue
Bénoni Vaillancourt est amoureux d’Ursule Sansfaçon. Ses revenus ne lui permettent pas de l’épouser. Cléophas Plouff  fait aussi la cour à Ursule. Il a quarante ans et il est séparé de sa femme et de ses enfants. Bénoni est jaloux et sa jalousie augmente quand Cléophas sau ve la belle. Les deux en viennent au coup et se retrouvent devant le juge.

Première partie
Un notaire-détective du nom de  Caraquette doit s’assurer que les termes de l’héritage du Monsieur de Saint-Simon soient respectés. Pour l’instant, le comte et la comtesse de Bouctouche profitent de cet héritage puisque leur jeune fils est le légataire universel de cet oncle décédé.  Or l’enfant meurt. Le comte cache la mort de son fils et décide de le remplacer par un autre enfant. C’est Cléophas Plouff qui l’aide dans cette entreprise en lui proposant le jeune frère d’Ursule (beaucoup plus âgé que l’enfant décédé!).  Le comte meurt à son tour (il s’est empoisonné lui-même!);  Cléophas, ayant compris ses manigances, réussit à mettre la main sur le trésor des Bouctouche que Caraquette trimballe dans une valise (!?).  

Deuxième partie
Après avoir assassiné Cléophas, Bénoni s’est emparé du trésor des Bouctouche et mène grande vie. Il épouse en grandes pompes Ursule. Caraquette finit par découvrir la vérité et fait chanter Bénoni. Finalement, il le dénonce à la police. Ce dernier est arrêté et pendu. Le trésor est remis à la veuve qui épouse un certain Malpèque, lequel était l’héritier suivant du comte de Saint-Simon.

Quelques personnages
Le roman va un peu dans tous les sens. Le paroxysme de la confusion est atteint dans la seconde partie. L’auteur se mêle dans son histoire. Bénoni se demande où est caché le trésor des Bouctouche, alors que quatre chapitres plus tôt, c’est lui-même qui l’a volé et caché. 

La narration est maladroite : l’auteur coordonne mal les actions simultanées de ses personnages : «Laissons maintenant Caraquette à St-Jérôme et retournons à Montréal.» Le développement des personnages laisse souvent pantois : ainsi la comtesse qui ouvre un débit illégal de boisson pour survivre. Le développement manque de cohérence : des personnages changent du tout au tout pour satisfaire aux caprices des événements. 

Est-ce à dire que ce roman ne vaut pas la peine d’être lu? Non.  Il y a quand même une présence de la ville de Montréal, le défilement de ses rues, de ses places, des hôtels, des débits de boisson, des métiers de l’époque, des journaux, des moyens de transports… Il y a aussi un foisonnement au plan du langage qui vaut à lui seul le détour. Bon, c’est vrai qu’il y a beaucoup de mots anglais (parfois francisés) et d’anglicismes (swell, lofer, fair-play, flush; «Il portait un pea-jacket en velveteen un peu usé aux coudes et doublé en farmer’s satin. »); mais on trouve aussi beaucoup d’expressions (le sens de plusieurs m’échappe) assez savoureuses. J’en ai relevé neuf :

·         Il menait la vie à grandes guides : il menait grand train
·         se sentir un peu casquette : un peu saoul
·         faire peter la bande de jim rabette d’un portefeuille : l’ouvrir
·         oeil de vaisselle : œil de verre
·         attraper une gratte : se faire engueuler
·         Comme il logeait le diable dans sa bourse : n’avait pas d’argent
·         Caraquette en cherchant son voleur avait fait buisson creux : n’était arrivé à rien
·         brosser son chien dans les auberges : se saouler
·     quelques jeunes gens qui ne cherchaient qu’à effeuiller sa couronne de vertu : je vous laisse deviner!

Il y a aussi beaucoup d’humour ; d’abord, ce petit mot d’amour que Bénoni sert à Ursule : « Chère belle gueule »;  presque illettré, ce même Bénoni écrit à sa belle : « Lesse moé assavoir  ton adresse pour que j’aie te voir à Singe Erôme. » Et ce commentaire de l’auteur sur les deux tourtereaux : « Vous allez croire qu’ils se sont embrassés. Pas du tout. Les bouches des deux amoureux se touchèrent, mais ce fut pour changer de gomme. »

11 février 2017

Rencontres et Entretiens

Adélard Lambert, Rencontres et Entretiens, Montréal, Le Devoir, 1918, 161 pages.

«… ce sont tout simplement des notes recueillies ici et là sur les Canadiens émigrés aux États-Unis. »

Lambert, qui a longuement habité à Manchester, présente 12 courtes histoires sur la vie des Franco-américains. « C’est avec plaisir que je publie ces pages, dans l’espérance de convaincre quelques compatriotes de la nécessité, de l’obligation même, d’envoyer leurs enfants aux écoles franco-américaines. »  

Le véritable but de l’auteur, on le découvre en cours de lecture : les Franco-américains doivent être fiers de leurs origines et maintenir leur identité française et catholique. Oui, l’auteur le constate, déjà certains compatriotes se fondent dans le « melting pot »  américain et, souvent, cela commence à l’école publique.  Lambert déplore à quelques reprises le fait que certains Francos anglicisent ou acceptent qu’on anglicise leur nom. Là commence l’assimilation.

Qu’en est-il du contenu ?

La plupart des histoires que l’auteur présente, on les lui a racontées. Plusieurs narrateurs sont des vieillards. Dans certaines, le conteur évoque le Canada, qu’on regarde avec nostalgie (Une fête Saint-Jean-Baptiste; Le vieux soldat ; Un conte canadien). Quelques récits illustrent la difficulté des Canadiens français, en guerre avec d’autres nationalités (Les « chêneurs ») ou en train de perdre leur identité (Surnoms donnés aux enfants;  À propos de noms).  D’autres ne sont que de petits faits pittoresques qu'on prenait plaisir à se raconter lors de veillées : des histoires de loups garous qui n’en sont pas (Mes aventures au pays), de superstitions (Un parrain de malheur; Le vieux soldat). Enfin, dans Cajolette et la statue de l'ange-gardien et Le père Jérôme, le narrateur met en scène des personnages pittoresques.

Adélard Lambert termine son recueil en présentant certains témoignages de personnes qui avaient beaucoup de considération pour les Franco-américains, dont Roosevelt. Il conclut par cet appel senti à la fierté de ses compatriotes :

« Dites-vous bien une fois pour toutes : ­­­"Oui, nos vieux parents étaient dignes de notre respect, de notre admiration, de notre amour. Ils avaient la foi qui fait les grands peuples ; l’amour du prochain qui fait les bons citoyens, et, comme se plaisent à le redire les Américains, c’étaient des hommes d’honneur. "

Gardons précieusement le souvenir des traditions ancestrales. Conservons jalousement la belle langue, la foi de nos pères, leurs mœurs de famille si simples, si gaies, si patriarcales. Travaillons de toutes nos forces à faire cesser cet air d’emprunt, cet air pincé et faux, que cherchent à singer quelques compatriotes en certains quartiers.

Restons catholiques et francs, toujours ! »