Jacques Brault et Robert Melançon, Au petit matin, Montréal, L’Hexagone, 1993, n. p.
«
L'haïkaï-renga est un poème d'allure libre, volontiers ludique, lié en chaîne,
où chaque maillon forme avec le maillon qui précède un poème différent de celui
qu'il forme avec le maillon qui suit. La chaîne entière compose un long poème
continu et discontinu à la fois, imprévisiblement sinueux. »
« Nous avons écrit ce renga en
échangeant pendant plus d'une année un cahier dans lequel chacun inscrivait une
strophe qui répondait à la précédente et créait une attente de la suivante. »
(Les auteurs dans la préface)
Montréal
est au cœur du recueil : les auteurs essaient de capter ses visages changeants au
gré des heures, sa respiration, sa lumière et ses ombres, ses bruits, l'environnement qui l'enveloppe, les
impressions qu’elle suscite et les présences discrètes qui l’animent.
Voici
quatre extraits.
L'après-midi
s'effiloche
au gré des chalands qui traînent
et se mirent aux vitrines
On dirait
qu'une âme géante
de métal et de ciment
s'enfante au corps du ciel
puis s'étire et soupire
Le vent
léger porte
parmi les odeurs
de sueur d'essence
le parfum si frais
si mystérieux
du Saint-Laurent
Tant
d'incertitude
prendra fin bientôt
Montréal gondole
sous le ciel qui s'ouvre
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