17 décembre 2012

Catéchisme catholique


Anonyme, Catéchisme catholique, Québec, 1954, 281 pages. (Illustrations de Marcel Gagnon et Omer Parent) (Imprimé par L’Action catholique)

(J'ai fait une mise à jour de ce blogue. Voir Catéchisme catholique (2))

« Ce catéchisme a été rédigé par une commission épiscopale formée en 1942. Leurs Excellences les Archevêques et Évêques des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal, Ottawa, Rimouski et Sherbrooke en ont prescrit l'enseignement dans les écoles soumises à leur juridiction, le 15 août 1951, en la fête de l'Assomption de la Très Sainte Vierge Marie. »

D’autres éditions du Catéchisme, qu’on appelait Le Petit Catéchisme (voir Le Carnet du flâneur), ont paru avant celle-ci. Mais c’est celle de mon enfance et de tous ceux et celles qui ont au moins 55 ans aujourd’hui. On ne l’achetait pas, l’école nous le fournissait. Il fallait tout de même bien l’entretenir au risque d’être « disputé » en fin d’année lorsqu’on le rendait. Souvent la tâche de le couvrir et de recoller les pages détachées avec de la colle maison incombait à la mère. Dans les années 60, un ami me rappelait que du jour au lendemain, tous les Petits catéchismes avaient été jetés au rebut. Il fallait vider les armoires et faire place à la nouvelle liturgie!

Il y avait 992 numéros, question et réponse, qu'il fallait savoir par coeur. Il importait peu de comprendre, il fallait mémoriser. Un chiffre à gauche indiquait en quelle année la question devait être étudiée. On commençait en troisième année et on finissait en sixième. En septième, on révisait le tout. C’est dire que chaque soir, nous avions quelques numéros à mémoriser. Le lendemain matin, la maîtresse d’école ou la sœur, aussitôt la prière du matin terminée, s’empressait de nous questionner devant tout le monde. Malheur à ceux et celles qui n’avaient pas appris leur leçon. Ils étaient la risée de la classe. Et si leur paresse (Ah la paresse! ce « péché capital qui consiste dans l’amour désordonné du repos ») se répétait, ils en étaient quitte pour une période de punition, à genoux dans un coin de la classe, ou encore pour un petit coup de règle sur le bout des doigts. Eh oui, autre temps autres mœurs.

Bonne ou mauvaise nouvelle ! En relisant le début du Catéchisme, je me rends compte qu’il promettait tellement d’indulgences que j’en ai peut-être, à mon insu, mérité quelques-unes. Voilà qui allégerait mon temps de purgatoire. Ce serait bien, non? Malheureusement, il y a un piège derrière ces belles promesses, à savoir une série de conditions difficiles pour mériter ces indulgences. Si je comprends bien, il aurait fallu visiter l'église sans arrêt! « Une indulgence plénière à toute personne qui consacrera une demi-heure ou au moins vingt minutes, deux fois par mois, à enseigner ou à étudier la doctrine chrétienne. Cette indulgence, on peut la gagner deux fois par mois, le jour de son choix, aux conditions ordinaires de la confession, de la communion, d'une visite à une église ou à un oratoire public, et de prières aux intentions du Souverain Pontife. Une indulgence partielle de trois ans à toute personne, ayant contrition de ses péchés, chaque fois qu'elle s'appliquera, pendant le temps déjà indiqué, soit à enseigner, soit à étudier le catéchisme. » Et on ajoutait : « Toutes les formules, fin de chapitre, marquées d'un astérisque, comportent, outre le gain d'une indulgence partielle pour chaque récitation, celui d'une indulgence plénière mensuelle, aux conditions ordinaires, récompense d'une pieuse assiduité. Les conditions ordinaires sont: la confession, la communion, la visite d'une église et des prières aux intentions du Souverain Pontife. » 

Je me dis que le catéchisme – et tout ce qu’on devait mémoriser – contribuait à nous apprendre la langue française. Par exemple, cette petite leçon sur le subjonctif : 636 – Pourquoi Dieu nous a-t-il donné la vie surnaturelle? Pour que nous devenions les enfants de Dieu et que nous ayons le droit d’aller au ciel. Ou encore cette leçon sur la construction de la phrase et l'ajout de la ponctuation : 480 – Que devons-nous faire pour bien observer le sixième commandement de Dieu? Nous devons toujours être purs, seuls ou avec les autres, dans nos regards, dans nos paroles et dans nos actions. » Heureux qu’on n’ait pas ajouté « dans nos pensées » : c’eût été l’enfer!






3 commentaires:

Jean-Louis Lessard a dit...

On me demande souvent où l'on peut trouver un exemplaire du Catéchisme catholique. Au début, j'ai pu orienter quelques demandeurs. Plus maintenant.Il faut fouiller dans les bouquineries. Bonne chance.

Anonyme a dit...

Vous avez beau jeu maintenant que le laïcisme a tout nivelé ! Si vous aviez conservé la foi de votre baptême, vous n'ironiseriez pas de la sorte ! Si vous saviez même tout ce qui s'est passé, du moins un tentinet, d'action subversive pour hahiniler la Religion Catholique, pour tuer la foi dans les âmes,déformer les consciences, votre langage serait tout autre ! Si vous me le permettez, voici un lien où l'on se bat encore pour défendre les vraies et authentiques valeurs que nous ont légué nos ancêtres ; je le place sur le fil où justement je vous cite : http://messe.forumactif.org/t5405-la-revolution-tranquille-ou-en-d-autres-mots-l-apostasie-de-l-etat-du-quebec#121862
Bien à vous !
Roger Boivin.

Anonyme a dit...

Quelles sont les dispositions de ce catéchisme concernant la possibilité pour un laïc de baptiser?