22 décembre 2009

Les trois mages

En ce temps-là de grandes choses
Émerveillaient l'humanité,
Et faute d'en trouver les causes
On en admirait la beauté.

Depuis longtemps, par les prophètes,
On savait qu’un glorieux jour
Verrait paraître, entre deux bêtes,
Le corps sacré du Dieu d'amour.

C'est alors qu’une étoile blonde
Scintilla dans le firmament
Pour annoncer à l'ancien monde
La nativité de l'Enfant.

Et que cet infaillible signe,
Bien reconnu par les bergers,
Servit aussi de guide insigne
Pour amener les étrangers.

Or d'une province lointaine,
De l'Orient mystérieux,
Et presqu'au bout d'une quinzaine,
Des Mages vinrent sur les lieux.

De leur indolente monture
Ils descendirent adorer
Le jeune auteur de la nature
Qui venait avec nous pleurer.

Ils le trouvèrent dans l'étable,
Au souffle d'un âne et d'un bœuf
Réchauffé sur la paille affable
Dont se composait son lit neuf.

Pour lui présenter leurs hommages
Ils s approchèrent doucement,
Tranquillement, les trois vieux Mages
Qui s'en venaient de l'Orient.

Agenouillant leurs trois altesses
Sur le dur pavé raboteux,
Ils firent des saintes richesses
Qu'ils apportèrent avec eux,

Et qu’ils sortirent de leur coffre
Ouvert silencieusement,

A Jésus le généreux offre
Des trois Mages de l'Orient.

Ce fut l'or, l’encens et la myrrhe,
Provenant du sol paternel,
Miroir où la grandeur se mire,
Que l’on offrit à l’Éternel.

Symbole du pouvoir terrestre
Il accepta l’or comme Roi,
Métal au bruit confus d’orchestre
En qui l’homme a toujours foi.

Symbole auguste des louanges
Que mérite le Tout-Puissant,
Il laissa monter vers ses langes
Les grands filets bleus de l'encens.

Et la myrrhe qui symbolise
Toutes mortifications,
Il la reçut avec maîtrise
Pour le salut des nations.

Puis ayant incliné leur être
Jusqu'à terre, profondément,
Jésus, avec sa main de prêtre,
Bénit les Mages d'Orient.

Puis se relevèrent les Mages
Tous fatigués d'être à genoux,
Après avoir fait leurs hommages
A celui qui mourra pour nous.

Et dans leur province lointaine,
Avertis par ordre divin,
Ils regagnèrent leur domaine
En suivant un autre chemin.

(Georges Boulanger, L’heure vivante,
Québec, s.n., 1926, p. 17-19
)

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