15 mars 2021

La moisson nouvelle

Blanche Lamontagne, La moisson nouvelle, Montréal, L’Action française, 1926, 192 pages.

La poésie de Blanche Lamontagne n’évolue pas d’un recueil à l’autre. Dans La moisson nouvelle, on retrouve ses thèmes de prédilection. Une simple énumération des divisions du recueil nous donne déjà une bonne idée de ce qu’on va lire. 

Dans Poèmes rustiques, elle célèbre la beauté, la générosité de la nature canadienne, les « bois adorés », la quiétude d’un soir d’été, le passage des saisons… Ses Poèmes héroïques ont pour sujets Dollard des Ormeaux, Christophe Colomb, Jeanne Mance, Marguerite Bourgeois…  et quelques artistes (« ouvrier du divin »), tels Lozeau, Hugo, Grieg… Le chapitre Esquisses est consacré à des portraits, à des types : l’amoureuse, la jeune mère, la religieuse, l’aïeule et le vieux paysan. Marines nous rappelle que l’autrice est née aux Escoumins, là où le fleuve ressemble à la mer. Même si un poème est intitulé « Tadoussac » et un autre « Gaspésie », on a droit davantage à des évocations qu’à des descriptions réalistes. La paysage marin colore les amours, les amitiés. Enfin dans Maisons, elle décrit les diverses représentations qu’on peut attribuer à la maison : un abri contre les turpitudes de la vie, un mémorial de l’enfance, un repaire pour les amoureux, un lieu de ressourcement pour le paysan et le pêcheur, et bien entendu le dernier refuge (« La maison divine »).

 

TADOUSSAC

Les monts sont imposants et la forêt est neuve. 

Le vent est imprégné d’âcre parfum marin.

Il règne un charme étrange, infini, souverain,

À Tadoussac, au bord du fleuve.

 

Un chasseur passe avec son fusil et son sac.

L’eau s’argente soudain du vol des alouettes,

Et de nombreux vaisseaux flottent les silhouettes, 

Au bord du fleuve, à Tadoussac...

 

Du rocher de Québec et jusqu’à Terre-Neuve,

Pour le marin il n’est pas d’asile plus sûr.

La vague est toujours douce et l’air est toujours pur 

À Tadoussac, au bord du fleuve!

 

L’onde au quai doucement redit: flic-flac, flic-flac. 

Les sapins sont très verts, les rochers sont très roses, 

Et le genévrier prend la place des roses,

Au bord du fleuve, à Tadoussac...

 

Plage attirante, est-il une âme que n’émeuve 

Ton ciel pur où s’en vont les filles aux yeux clairs ? 

Et que les gâs ont donc de doux yeux pleins d’éclairs 

À Tadoussac, au bord du fleuve!

 

Gloire à vous, anse bleue, oui gloire à vous, ô lac, 

Grâce d’oiseau, blancheur de voile, roche brune! 

Gloire à vous, nuit d’été, magique clair de lune, 

Au bord du fleuve, à Tadoussac!...


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