26 mars 2021

Mélanges poétiques (Lavoie)

Edouard Lavoie, Mélanges poétiques, Québec, Impr. L’action sociale, 1922, 174 p. (Courte introduction de l’auteur et deux dessins d’Eugène Hamel)

Qui était Edouard Lavoie (1883-1954)? Toute une page et beaucoup de photos lui sont consacrées sur le site Généalogie du Québec. Il était ingénieur civil dans la région du Saguenay et il a 39 ans quand il publie ses Mélanges poétiques.

 « Si je me décide à présenter ce recueil de poésies au lecteur, je le fais sans aucune prétention. Mon seul désir est de verser dans l’âme de celui qui lira ces pages, un peu du délicieux parfum de poésie qui se dégage de la grande et belle nature qui nous entoure, et qui fait du Canada, par ses sites enchanteurs et son aspect pittoresque incomparable, un des plus attrayants pays du monde. » (introduction)

 Tout est prévisible, le recueil ne renie en rien les thèmes et les canons de l’époque. Le recueil est divisé en deux parties : dans la première les poèmes d’inspiration profane; dans la seconde, ceux d’inspiration chrétienne.

 La maison de son enfance, le manoir de Tilly, le paysage des Laurentides (il est né à Baie-Saint-Paul), la pêche, la nature (les saisons, les fleurs, le rossignol), les moments de réjouissance (Noël, le jour de l’An), la guerre (3 poèmes) et l’amour (2 romances) composent la première partie.

 La lampe du sanctuaire, le monument au Sacré-Cœur, la croix du chemin, le clocher du village, sa mère et un enfant décédés, sa sœur missionnaire en Chine sont les thèmes de la seconde partie.

 Il est toujours étonnant de constater qu’une personne, au milieu de sa vie, ait le désir de rendre publics des poèmes qui dorment dans ses tiroirs probablement depuis longtemps. Qu’est-ce qui pouvait motiver un homme d’affaires à publier ses poèmes? Que pouvait-il retirer d’une telle entreprise? 

L'adieu du soldat canadien à sa fiancée

Je pars, ma bien-aimée, oh! laisse-moi cueillir,
Dans un tendre baiser, cette larme qui brille
À ton regard humide, en me voyant partir.
Cette perle du cœur, ma chère, ma gentille,
Est plus précieuse que le plus pur saphir.
Donne-la-moi, je pars, et là-bas, dans les Flandres,
J'aurai bien du courage avec ce souvenir ;
Quand, face à l'Allemand, il me faudra détendre
Notre chère patrie, à l'ombre des drapeaux
Unis de l'Angleterre et de la belle France.
Là-bas, ma bien-aimée, je dirai aux oiseaux,
À la brise qui passe et franchit la distance,
D'emporter au-delà de l'immense océan
Des paroles d'amour qui sècheront tes larmes;
D'emporter mes pensées et le doux battement
De mon cœur éloigné et privé de tes charmes.



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