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18 janvier 2012

Totems

Gilles Hénault, Totems, Montréal, Éditions Erta, 1953, s.p. (28 pages) (Collection de la Tête armée no 1) (Couverture et trois planches illustrées d’Albert Dumouchel)

Voici le premier recueil de la célèbre collection « La Tête armée » qui va réunir typographes, graveurs et poètes sur le modèle des Cahiers de la file indienne. Six titres vont paraître dans ce qui est la première collection consacrée exclusivement à la poésie. Pour vendre les recueils, on va procéder par souscription, comme le fera aussi l’Hexagone. Roland Giguère en sera l’âme dirigeante et plus encore, puisque Les Armes blanches deviendra le deuxième recueil de la collection.  

Totems est une mince plaquette qui ne contient que 12 poèmes.  Le titre évoque les origines d’un groupe humain, son fondement, son parcours,  en quelque sorte ce qui l’a formé, ce qui le définit, ce qui maintient sa cohésion.


Petite genèse apocryphe (dédié à Roland Giguère)
Suite poétique composée de 12 strophes. Sur le mode de l’humour et de la dérision, Hénault refait le récit de la genèse. Dans un premier temps, Adam et Ève sont chassés du paradis terrestre par un Dieu théâtral, vengeur, plus préoccupé par son costume et « la confiture aux pommes » que par ses enfants, les hommes et les femmes livrés au mal désormais. Dans un deuxième temps, à l’ombre du totem, l’homme se reconstruit, retrouve l’espoir qui fait vivre, capable d’affronter le « désert de soif et de sable » et de refaire de la terre un lieu habitable. « La terre balance / ses flancs d’abondance /… / Les moissons se pâme / quand le vent les peigne »

Temps des aurores du temps
Le passé préhistorique est décrit comme le temps de référence, celui « du bonheur fossile ». Ce bonheur primordial est perdu quand les tomahawks, les tam-tams, les tambours et les marteaux « assourdiss[ent la source éclatante du silence ». Comment retrouver la paix quand le « désespoir est un mensonge aux mille masques » ?

Avec le feu, avec le vin
Il décrit un pays sans le nommer, là tout près, mais inaccessible. Mais est-ce vraiment un pays, cette « barque sans oriflamme »? L’inspiration, la poésie, une femme? Ce sont les mots qui font obstacle, qui sèment consternation et froid : « Et les mots seuls nous séparaient / Niagara tonnant dans le vide / Neige évanescente / pont de glace au-dessus de l’aurore ». Encore une fois, obligation de retourner en amont pour « prendre racine dans le terreau ».

Enfance
Toujours le monde qui fuit, qui échappe, ici l’enfance, son enfance, mais aussi celle de l’humanité.

Chanson des mégots
Chanson surréaliste, avec refrain. On a l’impression qu’il s’agit d’une femme, d’une perte amoureuse, mais rien n’est moins sûr. En fait, celle qui part n’apporte rien, même sa fuite se dissout dans un vague qui la rend douteuse. « Elle est partie sans ses poissons dorés au cœur de cerise / Sans le rayon des jours sans pluie / sans le manteau de bruit que tisse le passage des trains ». Elle laisse derrière elle, surtout un grand désordre, dont des mégots. « Et la dernière journée elle partit / en laissant ses mégots / en laissant un éventail de frasques incomprises / ses cheveux aux serrures / ses empreintes digitales au plafond / ses colères éclatées / par où entre le vent des futures années ».

Gaspésie
« Les mains coupées sont bien le pire des mutismes ». Retour à la mer, aux origines. « Ce n’est pas tout de dire / il faut toucher ».

Feu sur la bête-angoisse
Même si « la révolte est la vague la plus haute », « l’homme se souvient de l’enfant qu’il a ». Concilier l’engagement social et la présence auprès des siens, le futur idéalisé et la vie présente.

Défense de toucher
Reprend la thématique de « Gaspésie ». La main et les mots, le faire et le dire. « Les mots ne sont rien ». Pour le poète, « les mains savent bien plus / que les mots ».

On tourne
Le mince espace entre la misère et la violence : « Le vide est plein d’épines / Et sous les feux croisés / La nuit pleine d’épées. »

Un homme à la mer
La peine d’amour, le désespoir amoureux, le deuil, la tromperie, la moquerie. « La beauté des femmes est effrayante ».

L’enfant prodigue
De l’enfance perdue. Le travailleur est asservi par son travail, tout à ses occupations, privé de sa vie, aliéné.  « L’homme rivé à son travail qui est de river toute la journée ». Élément théâtral.

Je te salue
Poème d’anthologie, surtout les deux premières parties. Malgré toutes les spoliations dont ils ont été victimes, les Autochtones nous ont laissé leurs « espoirs totémiques ». Forts de cette impulsion spirituelle, les « Visages-Pâles » ont construit un pays à la mesure de leurs rêves. « Pays casqué de glaces polaires / Auréolé d’aurores boréales / Et tendant aux générations futures / L’étincelante gerbe de tes feux d’uranium ».

Ce qui me frappe d’abord dans le recueil, c’est la diversité dans la manière et dans l’inspiration. Certains poèmes flirtent avec le surréalisme (Chanson du mégot), d’autres utilisent un langage presque quotidien (Défense de toucher). Comme si Hénault voulait parler aussi bien à l’intellectuel et à l’esthète qu’au simple ouvrier. Certains poèmes semblent très personnels (Feu sur la bête-angoisse, Un homme à la mer), d’autres sont d’inspiration sociale (On tourne, L’enfant prodigue), d’autres plus ethnologique (Je te salue) ou même esthétique (Défense de toucher). Dans tous ces poèmes, il y a la recherche des origines, d’un bonheur ancien, celui de l’enfance, des premiers temps de l’humanité, loin des mensonges et du bruit de la vie contemporaine.

Lire : Un jour on va revenir à la poésie, entrevue accordée à Paul Chamberland


LA CHANSON DES MÉGOTS

Elle est partie en laissant ses mégots.
Eh ! pourquoi pas, le feu est sans histoire
Et l'art de bien fumer pare les continents.
Qu'en dites-vous, lutins des magiques journées ?
Ces temps sont révolus parce que l'âme clame en toi
la floraison des voyages délétères.

II

Elle est partie en laissant ses mégots.
Transparente est la fuite des voilures lisses
au bord d'un horizon mémorial
où la rame indéfiniment rature les vagues du rêve.
Elle est partie sans ses poissons dorés au cœur de cerise
sans le rayon des jours sans pluie
sans le manteau de bruit que tisse le passage des trains
sans le petit chaperon rouge des soleils en-allés
sans l'ourson assis dans la désolation du déluge.

III

Elle est partie sens devant derrière
sa jeunesse décousue
en laissant le poisson comme un fruit.
Le couteau est moins aigu qu'un éclat de rire
La face convulsée est un écran très lumineux
La première journée, elle avait fait couler une source de ses cheveux
Qu'il t'en souvienne
La deuxième journée fut celle de l'amour sans nuages dans les îles de l'été
Et les autres journées furent les journées-caravane
Les orients pâlissaient devant le monstre bicéphale
Et la dernière journée elle partit
en laissant ses mégots
en laissant son éventail de frasques incomprises
Ses cheveux aux serrures
Ses empreintes digitales au plafond
Ses colères éclatées
par où entre le vent des futures années.


19 juillet 2024

Or le cycle du sang dure donc

Raoul Duguay, Or le cycle du sang dure donc, Montréal, Éditions de l’Estérel, 1968, 97 p. (3 illustrations de Jacques Cleary)

Le recueil compte cinq parties : donc blues pour l’homme total à totems de - après les dieux de chair après - or psaume pour une putain car - et l’ève seconde et - or le cycle du sang dure donc.

Duguay est un philosophe qui cherche les causes et les finalités. Il se tient derrière les faits et gestes, les apparences et les façades. Ses poèmes se meuvent entre la philosophie, la biologie et la religion. L’amour entre une femme et un homme, cela va au-delà de l’érotisme, ils assurent la pérennité de la vie.

Il reprend un peu là où nous a laissés Ruts. Au départ, le focus est mis sur la femme et sa sexualité. Bienheureuse est la femme qui reçoit l’homme en elle, alors que « la vierge enfante le vide en elle », cette malheureuse que « jamais le baiser ni le halètement ne réchauffent [les] chairs ». La femme qui enfante, c’est le « cycle du sang qui dure ». Malgré les guerres, les destructions, l’instinct de vie finit par émerger.

« Après les dieux de chair », vient la parole car la vie se perpétue à travers la pensée, le poème : « visionner en l’Homme le / temps de sang l’espace de / chair vivre ne sert / qu’à éterniser son souffle en l’Homme par le / geste du verbe ».

Suit le « psaume pour une putain » : « tu dénoues la vie en chaque chair courbe et / serpentine ». Le Christ, s’il n’avait pas été « roi de l’esprit », aurait choisi la crevasse de [s]on corps pour enfanter son royaume de chair ». Même la putain participe au « cycle du sang qui dure ».

« Dans l’ève seconde », partie pleine de références religieuses, il réécrit en quelque sorte l’histoire de la naissance de l’Homme depuis le jardin d’Éden jusqu’à la mort du Christ sur la croix : « mange le fruit sacré qui te vient du / Père et qui se multiplie par / l’Esprit oublie tes yeux en / guise de lampions dans la nuit et ne parle plus que / d’amour à ceux qui te / crucifient ».

La dernière partie nous ramène à la première : l’homme et la femme qui font l’amour, le « cycle du sang qui dure » :

or l’aimée la belle trop pleine pleine de sang blanc le
change en chair blanche [(le vin vif en
pain) car il est dit que toute femme peut
(avant que l’ange ne l’appelle) nourrir le
christ le vrai celui qu’un homme sème avec sa
verge avec son verbe et celui qui apprivoise la
Colombe (mais ici les colombes sont
rouges)] car le cycle du sang dure donc donc donc

 

Comme on le voit dans ce poème, Duguay pratique toujours une coupe des vers assez déconcertante par moments. Et il a ajouté les propositions entre parenthèses, elles-mêmes encadrées de tirets à l’occasion, comme s’il n’arrivait pas à contenir sa pensée.

 

Raoul Duguay sur Laurentiana

Ruts

Or le cycle du sang dure donc

Lapokalypso

3 janvier 2018

Les éditions Erta

Roland Giguère
http://richardmaxtremblay.com
Dans les prochaines semaines, je vais présenter quelques œuvres de Roland Giguère et des éditions Erta. 

« Derrière l'écrit remuent des centaines de mains qui ont une longue habitude de l'encre, du papier, du plomb, de la colle et du cuir. J'ai toujours été intrigué par un écrivain qui ignore comment son livre a vu le jour, qui n'a jamais mis les pieds dans une imprimerie, qui n'a jamais tenu entre ses doigts un caractère de fonderie et senti l'odeur de l'encre autrement qu'en ouvrant son premier exemplaire livré par l'éditeur. » (Roland Giguère, « Une aventure en typographie : des Arts graphiques aux Éditions Erta », Études françaises)

Roland Giguère (1929-2003) fonde les éditions Erta en 1949, alors qu’il fréquente l’École des arts graphiques où il étudie la reliure et la typographie. Il s’entourera de plusieurs collaborateurs, autant des spécialistes de l’édition (Arthur Gladu, Jean Larivière, Jacques Saint-Cyr, Gilles Robert, Yvar Labrie) que des auteurs (Théodore Kœnig, Gilles Hénault, Claude Haeffely, Claude Gauvreau, Françoise Bujold, Jean-Paul Martino, Alain Horic) et des peintres-graveurs (Albert Dumouchel, Conrad et Gérard Tremblay, Anne Kahane, Jean-Paul Mousseau, Léon Bellefleur). La maison d’édition, qui produit artisanalement des livres à faible tirage (du moins au début), publiera surtout de la poésie, dont six recueils dans la collection « La tête armée ». Cette approche multidisciplinaire va donner naissance au livre-objet, au livre d’artiste.


Erta - Liste des publications
  • GIGUÈRE, Roland, Faire naître, illustrations d'Albert Dumouchel, Montréal, 1949, 38 f. 
  • GIGUÈRE, Roland, 3 pas, 4 gravures de Conrad Tremblay, Montréal, 1950, 13 p. 
  • KOENIG, Théodor, Décanté, Montréal, 1950, 100 p.
  • GIGUÈRE, Roland et Theodor Koenig, Le poème mobile. Poème écrit par Theodor Koenig et Roland GIGUÈRE le 25 mai 1950 sur la distance de 362 milles entre Boston et Montréal, Montréal, 1950, 4 p.
  • GIGUÈRE, Roland, Les nuits abat-jour, images d'Albert Dumouchel, Montréal, 1950, 48 p. 
  • KOENIG, Théodor, Clefs neuves; poèmes ouverts, poèmes fermés, Montréal, 1950, 50 p.
  • TREMBLAY, Gérard, 20 lithographies, Montréal, 1951, 20 planches.
  • GIGUÈRE, Roland, Yeux fixes ou l’ébullition de I'intérieur, Montréal, 1951, 12 p. 
  • GIGUÈRE, Roland, Midi perdu, dessins de Gérard Tremblay, Montréal, 1951, 12 p. 
  • GIGUÈRE, Roland, Images apprivoisées, Montréal, 1953, 36 p.
  • HENAULT, Gilles, Totems, illustrations d'Albert Dumouchel, Montréal, «Collection de la Tête armée», no 1, 1953, 26 p.
  • GIGUÈRE, Roland, Les armes blanches, 6 dessins de l'auteur, Montréal, «Collection de la Tête armée», no 2,1954, 26 p.
  • HAEFFELY, Claude, La vie reculée, gravures d'Anne Kahane, Montréal, 1954, 22 p. 
  • BELLEFLEUR, Léon, 15 dessins, introduction par le Dr. R.H. Hubbard, Montréal, 1954, 15 planches.
  • KOENIG, Théodore, Le jardin zoologique écrit en mer, dessins de Conrad Tremblay, Montréal, «Collection de la Tête armée», no 3, 1954, 36 p.
  • ANONYME, Les Souhaits du monde; poème anonyme du XVIe siècle, Montréal, 1956, 12 p.
  • CHARPENTIER, Gabriel, Cantate pour une joie, Montréal, 1956, 8 p.
  • HAEFFELY, Claude, Le sommeil et la neige, sérigraphies originales de Gérard Tremblay, Montréal, coll. «Mandragore», 1956, 28 p.
  • GAUVREAU, Claude, Sur fil métamorphose, dessins de Jean-Paul Mousseau, Montréal, «Collection de la Tête armée», no 4, 1956, 55 p.
  • BUJOLD, Françoise, Au catalogue de solitudes, 3 gravures de l'auteure, Montréal, « Collection de la Tête armée», no 5, 1956, 44 p.
  • COLLECTIF, 10 sérigraphies originales en couleurs, Montréal, 1957, 10 planches.
  • MARTINO, Jean-Paul, Osmonde, frontispice de Léon Bellefleur, Montréal, 1957, 52 p. 
  • GIGUÈRE, Roland, Le défaut des ruines est d'avoir des habitants, Montréal, 1957, 107 p. Trois dessins de l'auteur.
  • MAJOR, Jean-René, Où nos pas nous attendent, Montréal, 1957, 98 p.
  • HORIC, Alan, L'aube assassinée, 2 sérigraphies originales de Jean-Pierre Beaudin, Montréal, «Collection de la Tête armée», no 6, 1957, 38 p.
  • MAJOR, Jean-René, Les archipels signalés, lithographies originales de Roland Giguère, Montréal, 1958, 51 p.
  • ROUSSIL, Robert, Dix bois gravés, Montréal, 1958, 10 planches.
  • GIGUÈRE, Roland, Adorable femme des neiges, illustré par I'auteur, Chateaunoir, Aix-en- Provence, 1959, 12 p.
  • HENAULT, Gilles, Voyage au pays de mémoire, 6 eaux-fortes originales de Marcelle Ferron, Montréal, 1960, 36 p.
  • TREMBLAY, Gérard, Les semaines, Montréal, 1968, 21 planches.
  • GIGUÈRE, Roland, Naturellement, sérigraphies de Roland Giguère, Montréal, 1968, 8 f. 
  • TREMBLAY, Gérard, Poème-affiche, texte de Gaston Miron, sérigraphie originale de Gérard Tremblay, Montréal, 1970, 1 f.
  • GIGUÈRE, Roland, Poème-affiche, texte et sérigraphie originale de Roland Giguère, Montréal, 1970, 1 f.
  • GIGUÈRE, Roland, Abécédaire, illustrations de Gérard Tremblay, Montréal, 1975, 1 emboitage.
  • GIGUÈRE, Roland, J'imagine, 10 lithographies de Gérard Tremblay, Montréal, 1976,13 f. 
  • MIRON, Gaston, La marche à l'amour, 5 eaux-fortes de Léon Bellefleur, Montréal, 1977, 17 p.
  • LAPOINTE, Paul-Marie, Arbres, 5 sérigraphies de Roland Giguère, Montréal, 1978, 23 p.
  • MARTEAU, Robert, Traité du blanc et des teintures, 7 gaufrures de Gérard Tremblay, Montréal, 1978, 65 p.
  • GIGUÈRE, Roland, Paroles visibles, 12 sérigraphies originales de Roland Giguère, Montréal, 1983,12 planches.


27 mars 2026

Cratères sous la neige

Gemma Tremblay, Cratères sous la neige, Montréal, Déom, 1966, 53 p. (Coll. Poésie canadienne no 14)

C’est toute une flambée qu’allume Gemma Tremblay dans ce recueil. Les vers se précipitent, s’entrechoquent, se pulvérisent. Tous liens logiques écartés, il ne reste que des suites de mots, des appositions, des énumérations composées d’éléments disparates, des métaphores percutantes, des phrases qui n’en sont pas. Et le sens? Une recherche avide de sens, un grand trou qu’il faudrait combler, de grands malaises en soi et tout autour.

Comme dans le recueil précédent, avec plus de consistance, elle lie ses propres malaises au thème du pays. Elle témoigne du besoin de s’ancrer dans ce pays, ce pays qui ne se laisse pas facilement approcher.  

QUAND JE SUIS LOIN

Loin du pays s'irritent mes amours
lacs pavoisés de fleurs vivaces
j'écris avec le goudron des rampes de fer forgé

Manicouagans
tous les matins l'annonce d'un nouveau chantier
mugissement des eaux dans ma tête
tes victimes sont mes plus beaux ornements
bronze totems

le Saint-Laurent ma plus belle musique
Loin du pays s'irritent mes amours
lacs pavoisés de fleurs vivaces
j'écris avec le goudron des rampes de fer forgé
Manicouagans

Au creux de la terre j'entends battre mon coeur
pays je ne peux plus demeurer dans ton lit sauvage
ta beauté m'enivre

vous qui voulez renaître ce printemps
à hauteur des fronteaux

entre les maillons dorés du soleil de sa vierge moisson
parlez au sol avec la voix des siècles colonisés

Je monte dans ma course nordique
jusqu'au Mont Royal

respirer les flammèches d'anciens volcans
dans les gigues pourprées des indiens
aux larges rumeurs océaniques

Je ne peux plus te voir grandir pays
sans effarement ni douleur
j'entends les démolitions d'entre les marteaux
les clous joyeux gratte-ciel de vertige
ma voix prend forme de l'avenir pressuré

Pouvoir ne plus t'aimer
sans la drave des bouleaux dans tes robes bleu sombre
la morsure des forêts
voici mes bras de lionceau pour t'étreindre
tu peux pleurer Québec dans tes forêts d'éclosion
tes ramages amoureux

tu peux chanter à même mon sang qui flambe
sur les musiques obsédées
j'ai des cratères dans la gorge des vies entières
prêtes à peupler les fourrés d'étincelles
qui crèvent de fierté muette

Ma poésie redescend navrée d'inquisition
il n'est que lumière sur les chemins prophétiques
qu'enluminure sur le fleuve



1 avril 2015

La poésie québécoise des années 50


Quand on bouquine dans les livres anciens, comme je le fais depuis plusieurs années, on est étonné de découvrir le nombre incalculable de recueils de poésie qui ont été publiés. Autour des années 20, particulièrement, ça semble un puits sans fonds. Les années 50, aussi, me semblent une période faste, non seulement à cause du nombre de recueils et de maisons d’édition, mais aussi en raison de l’expérimentation aussi bien graphique que poétique qu’on y rencontre.

Les Éditions de l’Hexagone font figure de proue, ce qui n’empêche pas plusieurs petites maisons, souvent éphémères, de voir le jour. Les Éditions Atys (Gilbert Langevin), les Éditions Quartz (Diane Pelletier-Spiecker et Micheline Sainte-Marie), les Éditions de Malte (André Roche), les Éditions de Muy (Georges Cartier), les Éditions de l’Aube (Georges Dor), les Éditions de la Cascade (Jean-Louis Brouillé), les Éditions Nocturne (Claude Marceau et Raymond Savard), les Éditions Goglin (Françoise Bujold) et les Éditions de l’Arc (Gilles Vigneault) contribuent au bouillonnement poétique qui précède la Révolution tranquille. En 1959, huit maisons d’édition sont dédiées à la poésie (Jacques Michon et al., HÉLQ, 2004, p. 275-278) Et c’est sans compter ERTA, ORPHÉE, et quelques maisons généralistes comme Fides, Beauchemin, Chanteclerc, Fernand Pilon qui publient des recueils à l’occasion.

Loin de moi l’idée de dégager les lignes de force de la poésie québécoise des années 50. Je suis un lecteur explorateur, je vais à gauche et à droite et, ces temps-ci, je vagabonde dans la poésie des années 50. Ceci étant dit, il me semble que l’introspection (et non la recherche identitaire chère à l’Hexagone) est l’approche la plus usuelle. Ou, si vous préférez, on s’occupe encore davantage du destin personnel que du destin collectif.

J’ai déjà blogué quelques recueils qui sont devenus des classiques : Escale (1950) de Rina Lasnier, Le Tombeau des rois (1953) d’Anne Hébert, Totems (1953) de Gilles Hénault, Deux Sangs (1953) de Miron-Marchand. J’ai aussi présenté plusieurs poètes de l’Hexagone retenus dans la collection Les Matinaux : Des jours et des jours (1954) de Luc Perrier, Les cloîtres de l'été (1954) de Jean-Guy Pilon, Ces anges de sang (1955) de Fernand Ouellette, Du centre de l'eau (1955) de Jean-Paul Filion, Portes sur la mer (1956) de Louise Pouliot, Poèmes de Russie (1957) de Pierre Trottier, Poèmes de l'Amérique étrangère (1958) de Michel van Schendel. À ceux-ci, il faut ajouter Séquences de l’aile, de Fernand Ouellette (1958) publié à l’Hexagone, mais non dans Les Matinaux.

J’ai annoncé, il y a quelque temps, que j’allais présenter six recueils des années 50 dans les semaines à venir. Je viens de bloguer Sylvain Garneau, Fernand Dumont et Gatien Lapointe. Depuis, j’en ai ajouté quelques-uns à ma liste qui en compte maintenant 10. Pour moi, la plupart sont des découvertes.

Objets trouvés (1951) de Sylvain Garneau
L’Ange du matin (1952) de Fernand Dumont
Jour malaisé (1953) de Gatien Lapointe
Les Pas sur terre (1953) de Wilfrid Lemoine
Otages de la joie (1955) de Gatien Lapointe
Les Temples effondrés (1957) d’Yves Préfontaine
Matin sur l'Amérique (1958) d’André-Pierre Boucher
Les Pavés secs (1958) de Jacques Godbout
Geôles (1959) de Michelle Lalonde
Les Enfants continuels (1959) de Suzanne Paradis

Je vais probablement en ajouter encore quelques-uns parmi les suivants:
Larmes (1955) de Raymond Savard
À glaise fendre (1957) de Maurice Beaulieu
Les Poèmes de la sommeillante (1958) de Micheline Sainte-Marie
Cherche tes mots cherche tes pas (1958) de Roch Carrier
Songe de la fiancée détruite (1958) de Michèle Lalonde
La Duègne accroupie (1959) de Michèle Drouin

La tournée poétique des années 50 ne sera pas complète pour autant, et j’y reviendrai sans doute plus tard. Il y a toujours Brochuges de Gauvreau (1956) qui m’attend depuis longtemps sur les rayons. Et dans le sillage de Gauvreau, il y a ces Ertas hors de prix que je n’ai pas : Yeux fixes (1951) de Roland Giguère, Le Sommeil et la neige (1956) de Claude Haeffely, Au catalogue des solitudes (1956) de Françoise Bujold, Osmonde (1957) de Jean-Paul Martino. À ceux-ci j’ajouterais peut-être : Les Cris (1957) de Pierre Chatillon, Portes closes (1959) de Georges Dor, Objets de la nuit (1959) de Jean-Paul Martino et Présence de l’absence (1956) de Rina Lasnier.

La liste ci-dessous a été mise à jour à quelques reprises.  


LA POÉSIE DES ANNÉES 50 (liste sans doute incomplète et, probablement, non sans erreurs.)

1959
Arsenault Guy
L'Eau, la montagne et le loup. Petite cosmologie de mes haines. Essais poétiques, Montréal, Éd. Goglin, 104 p.
1958
Aubier Michel
Au grand soleil de l’avenir, Montréal, Beauchemin, 78 p.
1958
Baillargeon Anita
Langage du cœur, Québec, s. e., 80 p.
1957
Beaulieu Maurice
À glaise fendre, Montréal, s.e., 52 p.
1958
Beaulieu Maurice
Il fait clair de glaise, Montréal, Orphée, 95 p.
1954
Bessette Gérard
Poèmes intemporels, Monte-Carlo, Regain, 59 p.
1957
Boisseau Albertine G.
Chants d’automne, Beauceville, André Gauvin, 118 p.
1959
Boisvert Laurent
Crédo d'un athée, s.l., Montréal, Nocturne, 28 p.
1955
Boivert Réginald
Le Temps de vivre, Montréal, Cité libre, 44 p.
1956
Boucher André-Pierre
Fuites intérieures, Montréal, Orphée, 95 p.
1958
Boucher André-Pierre
Matin sur l’Amérique, Montréal, Orphée, 51 p.
1957
Brault Jacques
Trinôme, Montréal, Jean Molinet, 57 p.
1956
Brien Roger
Vols et plongées, Nicolet, Centre marial canadien, 129 p.
1957
Brochu André
Étranges domaines, Montréal, Éd. de la Cascade, 46 p.
1956
Bujold Françoise
Au catalogue des solitudes, Montréal, Erta, s.p., 20 f.
1958
Bujold Françoise
La Fille unique, Montréal, Éd. Goglin, s.p., 17 f..
1956
Carrier Roch
Les Jeux incompris, Montréal, Nocturne, 22 p.
1958
Carrier Roch
Cherche tes mots, cherche tes pas, Montréal, Nocturne, 22 p.
1954
Cartier Georges
Hymnes : Isabelle, Montréal, Éd. De Muy, 91 p.
1955
Cartier Georges
Mort à vivre, Alines, CELF, 44 p.
1955
Cartier Georges
Laves et neiges, Montréal, Éd. De Muy, 49 f.
1952
Charbonneau Jean
Sur la Borne pensive. L'Écrin de Pandore. Poème, Paris, Alphonse Lemerre, 246 p.
1951
Charpentier Gabriel
Amitiés errantes, Paris, Seghers, 35 p.
1958
Choquette Gilbert
Au loin l’espoir, Montréal, Chez l’auteur, 49 p.
1953
Choquette Robert
Suite marine, poème en douze chants, Montréal, Péladeau, 330 p.
1954
Constantineau Gilles
La Pêche très verte, Montréal, s.e., n.p.
1955
Côté Jean
Deux ombres, s.l., s.e., 58 p.
1952
Desjardins-Versailles Germaine
Je Suis Marie Ou Celle Qui Vient, Nicolet, Centre marial canadien, 166 p.
1959
Després Ronald
Silences à nourrir de sang, Montréal, Orphée, 140 p.
1950
Deyglun Serge
Né en trompette, Montréal, Éd. de Malte, 62 p.
1952
Dion-Lévesque Rosaire
Jouets. Poèmes d’inspiration enfantine, Montréal, Chantecler, 72 p.
1955
Dor Georges
Éternelles saisons, Trois-Rivières, s.e., 48 p.
1956
Dor Georges
La Mémoire innocente, Montréal, L’Aube, 48 p.
1959
Dor Georges
Portes closes, Montréal, L’Aube, 44 p.
1955
Doucet Louis-Joseph
Les Aubes mortes, Montréal, s.e., 200 p.
1957
Doucet Louis-Joseph
Arabesques et Fleurs, s.l., Chez l’auteur, 200 p.
1957
Doucet Louis-Joseph
Les Intermèdes, Montréal, s.e., 200 p.
1959
Drouin Michèle
La Duègne accroupie, Montréal, Ed. Quartz, 42 p.
1952
Dumont Fernand
L'Ange du matin, Montréal, Les Éd. de Malte, 79 p
1955
Dussault Jean-Claude
Proses. Suites lyriques, Montréal, Orphée, 119 p.
1956
Dussault Jean-Claude
Le Jeu des brises, Montréal, Orphée, 51 p.
1958
Dussault Jean-Claude
Sentences d’amour et d’ivresse, Montréal, Orphée, s.p.
1959
Ferland Réal
Carrousel, Montréal, Nocturne, 37 p.
1955
Filion Jean-Paul
Du centre de l’eau, Montréal, L’Hexagone, 28 p.
1955
Fournier Claude
Les Armes à faim, Montréal, s.e., 44 p.
1956
Fournier Claude
Le Ciel fermé, Montréal, L’Hexagone, 44 p.
1958
Fournier Guy
Terres prochaines, Montréal, Orphée, 79 p.
1951
Garneau Sylvain
Objets trouvés, Montréal, Éd. de Malte, 93 p.
1952
Garneau Sylvain
Les Trouble-fête, Montréal, Éd. de Malte, 77 p.
1956
Gauvreau Claude
Sur fil métamorphose, Montréal, Erta, 55 p.
1956
Gauvreau Claude
Brochuges, Montréal, Éd. de Feu-Antonin, 63 p.
1957
Gervais Guy
Le Froid et le fer, Montréal Éd. de la Cascade, 30 p.
1950
Giguère Roland
Trois pas, Montréal, Erta, s.p.
1950
Giguère Roland
Les Nuits abat-jour, Montréal, Erta, s.p.
1951
Giguère Roland
Midi perdu, Montréal, Erta, s.p.
1951
Giguère Roland
Yeux fixes, Montréal, Erta, 20 p.
1953
Giguère Roland
Images apprivoisées, Montréal, Erta, s.p.
1954
Giguère Roland
Les Armes blanches, Montréal, Erta, s.p.
1957
Giguère Roland
Le Défaut des ruines est d’avoir des habitants, Montréal, Erta, 107 p.
1959
Giguère Roland
Adorable femme des neiges, Aix-en-Provence, Erta, s.p.
1950
Giguère Roland & Koenig Théodore
Le Poème mobile, Montréal, Erta, 6 p.
1958
Gingras Joseph
Fidélité, Montréal, s.e., 94 p.
1956
Godbout Jacques
Carton-pâte, Paris, Seghers, 38 p.
1958
Godbout Jacques
Les Pavés secs, Beauchemin, Montréal, 93 p.
1957
Grandbois Alain
L'Étoile pourpre, Montréal, L’Hexagone, 79 p.
1951
Grandmont Éloi de
Premiers secrets, Montréal, les Éd. de Malte, 91 p.
1953
Grandmont Éloi de
Plaisirs. Poèmes. Avec une chanson de Maurice Blackburn, Montréal, Chantecler, 30 p.
1954
Grandmont Éloi de
Dimanches naïfs, Paris, Librairie des lettres, s.p.
1957
Groulx Gilles
Poèmes, Montréal, Orphée, 43 p.
1954
Haeffely Claude
La Vie reculée, Montréal, Erta, s.p.
1956
Haeffely Claude
Le Sommeil et la neige, Montréal, Erta, s.p.
1958
Hamel Louis-Paul
Poèmes. Premier recueil 1948-52, Chez l'auteur, 47 p.
1958
Harvey Jean-Charles
La Fille du silence, Montréal, Orphée, 127 p.
1953
Hébert Anne
Le Tombeau des rois, Québec, s.e., 76 p.
1953
Hénault Gilles
Totems, Montréal, Erta, s.p.
1951
Hertel François
Mes Naufrages, Paris, Éd. de l'Ermite, 20 p.
1951
Hertel François
Jeux de mer et de soleil, Paris, Éd. de l'Ermite, 29 p.
1957
Horic Alain
L'Aube assassinée, Montréal, Erta, 38 p.
1950
Koenig Théodore
Clefs neuves, Montréal, Erta, 46 p.
1950
Koenig Théodore
Décanté, Montréal, Erta, 50 f.
1954
Koenig Théodore
Le Jardin zoologique écrit en mer, Montréal, Erta, 31 p.
1951
L’Archevêque-Duguay Jeanne
Dans mon jardin, Montréal, Fides, 254 p.
1958
Lafond Guy
J’ai choisi la mort, Montréal, Éd. du Centre d’essai, 69 p.
1958
Lalonde Michèle
Songe de la fiancée détruite, Montréal, Orphée, 46 p.
1959
Lalonde Michèle
Geôles, Montréal, Orphée, 41 p.
1959
Langevin Gilbert
À la gueule du jour, Montréal, Atys, 26 p.
1953
Lapointe Gatien
Jour malaisé, Montréal, s.e., 93 p.
1955
Lapointe Gatien
Otages de la joie. Poèmes, Montréal, Éd. de Muy, 44 p.
1951
Larouche Georges
Élans d'Amour, S. l., Collection Boréale, 99 p.
1950
Lasnier Rina
Escales, Trois-Rivières, Le Bien Public, 149 p.
1956
Lasnier Rina
Présence de l'absence, Montréal, L’Hexagone, 67 p.
1954
Lavoie Carmen
Saisons de Bohème, Québec, Éd.  Caritas,122 p.
1957
Leclerc Gilles
La Chair abolie, Montréal, Éd. de l'Aube, 63 p.
1951
Legris Isabelle
Les Ascensions captives, Montréal, Éd. du Mausolée, 77 p.
1953
Lemoine Wilfrid
Les Pas sur terre, Montréal, Chantecler, 125 p.
1955
Lemoine Wilfrid
Réhabiliter l’homme dans l’amour de son mystère, Montréal, L’Autorité, 127 p.
1957
Lévesque Claire
Le Pouls de ma vie, Montréal, Albert Lévesque, 44 p.
1957
Major Charbonneau Rolande
Dans mes souliers rouges : poèmes (1950-1957), Montréal, Éd. Clair-flo, 43 p.
1958
Major Jean-René
Les Archipels signalés, Montréal, Erta, s.p.
1950
Malouin Reine
Inviolata, poème allégorique, Québec, Le Soleil, 153 p.
1958
Marceau Alain
À la pointe des yeux, Montréal, L’Hexagone, 30 p.
1958
Marchand Olivier
Crier que je vis, Montréal, L’Hexagone, 32 p.
1953
Marchand Olivier & Miron Gaston
Deux sangs, Montréal, L’Hexagone, 67 p.
1957
Martino Jean-Paul
Osmonde, Montréal, Erta, 51 p.
1959
Martino Jean-Paul
Objets de la nuit, Montréal, Quartz, 40 p.
1959
Massicotte Françoise
Sérénité, Montréal, s.e., 116 p.
1957
Mercier-Gouin Olivier
Poèmes et chansons, Montréal, Beauchemin, 1957, 62 p.
1957
Mercure Paul
Les Cris, Montréal, Éd. de l'Aube, 62 p. (Pierre Chatillon)
1958
Michon Guy
Perds-moi encore, Montréal, Nocturne, 53 p.
1956
Murray Simone G.
Clairs obscurs, Monte-Carlo, Regain, 94 p.
1956
Nadeau Monique
Sanglots de rue, Montréal, Nocturne, 74 p.
1955
Ouellette Fernand
Ces anges de sang, Montréal, L’Hexagone, 30 p.
1958
Ouellette Fernand
Séquences de l’aile, Montréal, L’Hexagone, 33 p.
1959
Paradis Suzanne
Les Enfants continuels, Chalesbourg, Ateliers Michaud, 68 p.
1957
Pelletier Georgette
Plaisir d'amour, Montréal, Nocturne, 60 p.
1958
Pelletier-Spiecker Diane
Les Affres du zeste, Montréal, Quartz, 16 f.
1954
Perrier Luc
Des jours et des jours, Montréal, L’Hexagone, 30 p.
1950
Piché Alphonse
Voie d'eau, Montréal, Éd. Fernand Pilon, 56 p.
1953
Pilon Jean-Guy
La Fiancée du matin, Montréal, Amicitia, 60 p.
1954
Pilon Jean-Guy
Les Cloîtres de l'été, Montréal, L’Hexagone, 30 p.
1957
Pilon Jean-Guy
L'Homme et le Jour, Montréal, L’Hexagone,, 53 p.
1957
Pouliot André
Modo pouliotico, Montréal, Cahier de la file indienne, 43 p.
1956
Pouliot Louise
Portes sur la mer, Montréal, L’Hexagone, s.p.
1957
Préfontaine Yves
Boréal, Montréal, Orphée, 52 p.
1957
Préfontaine Yves
Les Temples effondrés, Montréal, Orphée, 83 p.
1959
Robert Guy
Broussailles givrées, s. l., Éd. Goglin, 71 p.
1958
Sainte-Marie Kline Micheline
Les Poèmes de la sommeillante, Montréal, Éd. Quartz, 48 p.
1957
Saint-Jacques-Guimont Marie
À la limite des choses, Montréal, Beauchemin, 89 p.
1952
Savard Raymond
Rayons d’espoir, Montréal, Nocturne, 22 p.
1953
Savard Raymond
La Nuit des songes, Montréal, Nocturne, 76 p.
1955
Savard Raymond
Larmes, Montréal, Nocturne, 117 p.
1957
Savard Raymond
Reflets, Montréal, Nocturne, 72 p.
1958
Taillefer Marie-Estelle
La Fille aux yeux d'oiseau, Montréal, Orphée, 55 p.
1951
Trottier Pierre
Le Combat contre Tristan, Montréal, Éd. de Malte, 82 p.
1957
Trottier Pierre
Poèmes de Russie, Montréal, L’Hexagone, 48 p.
1953
Trudeau Claude Bernard
Dans les jardins de la vie et de l'amour, Montréal, Beauchemin, 85 p.
1950
Vaillancourt Emma
De l'aube au couchant, Québec, s.e., 154 p.
1958
Van Schendel Michel
Poèmes de l'Amérique étrangère, Montréal, L’Hexagone, 46 p.
1952
Venne Rosario
La chaîne aux anneaux d'or, Montréal, Chanteclerc, 84 p.
1956
Vernal François De
Pour toi, Montréal, Éd. du Soir, 46 p.
1957
Viau Roger
Unis à l’inconnu, Montréal, Nocturne, 68 p.
1959
Vigneault Gilles
Étraves, Québec, Éd. de l’Arc, 167 p.