Antonin Nantel, Les fleurs de la poésie canadienne, Montréal, Beauchemin & Valois, 1869, 134 p.
Il est surprenant qu’une anthologie de la poésie canadienne paraisse dès 1869 alors que la littérature en est à ses balbutiements. Antonin Nantel (1839-1929), professeur de lettres, dans une préface de sept lignes, ne laisse aucun doute sur ses intentions : il vise « à faire connaître nos poètes et à faire aimer davantage les grandes choses qu’ils ont chantées : la religion et la patrie ».
Nantel a retenu huit auteurs. Le livre s’ouvre sur un poème anonyme, intitulé « L’érable ». Pour le reste, la poésie patriotique domine, même quand il est question des autochtones. Voici un aperçu de l’apport de chaque auteur : Garneau trace le portrait du « dernier Huron », Chauveau nous rappelle la fin tragique de Donnacona, Lenoir chante « Les laboureurs », Crémazie se désole de voir les Canadiens s’exiler et partage la joie du « Vieux soldat Canadien » trop heureux de saluer le retour des Français, Fiset offre un aperçu de notre histoire nationale, Garneau fils se contente de s’épancher sur quelques souvenirs de jeunesse, Lemay salue le retour d’un chercheur d’or auprès de sa femme et célèbre la reconstruction de l’église des Hurons à Lorette, enfin, Routhier célèbre les progrès de la nation française.
On s’étonne, bien entendu, de ne pas retrouver Fréchette qui a publié son premier recueil, Mes loisirs, en 1863. Ou même Michel Bibaud à qui on droit le premier recueil de notre histoire. Dans une seconde édition, publiée en 1893, Fréchette, Apollinaire Gingras, Adolphe Poisson et Nérée Beauchemin seront ajoutés. Certains auteurs déjà présents auront droit à quelques poèmes supplémentaires.


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