1 décembre 2006

Claude Paysan

Ernest Choquette, Claude Paysan, Montréal, Cie d'Impression et de Gravures Bishop, 1899, 228 pages. (Illustrations d'Ozias Leduc)

Saint-Hilaire, fin du XIXe siècle. Le vieux Claude Paysan vient de mourir, laissant sa vieille Julienne et leur fils, Claude, seuls au monde. Ils ont eu d’autres enfants qui ont déserté le pays. Claude a un ami du nom de Jacques, qui ne rêve que de partir lui aussi. Claude, lui, doit rester, ne serait-ce à cause de sa vieille mère. Et il a une autre raison. Près de chez lui, chaque été, les Tissot aménage dans leur maison d’été. Et chez les Tissot, il y a Françoise. Claude en est secrètement amoureux, mais ne se sent pas à la hauteur de cette jeune fille d’origine bourgeoise.

Deux ou trois années passent. Jacques finit par partir. Il sera malheureux et reviendra au pays à la toute fin. La vieille, qui voit son fils toujours triste, finit par comprendre qu’il aime Françoise. N’écoutant que son cœur de mère, elle décide d’en parler à la jeune fille. On apprend alors que celle-ci est très malade, ce qui explique ses visites annuelles à la campagne. Comme elle va mourir, elle décide de donner un peu d’attention à Claude. Il est auprès d’elle quand elle meurt. Le soir de son enterrement, voulant se rendre au cimetière pour lui rendre un dernier hommage, il doit traverser le Richelieu. Le temps est mauvais et il meurt à son tour, avec une enveloppe, posée sur son cœur, contenant des marguerites que la belle lui avait données.




Le récit est très sentimental. Ce n’est pas un « vrai roman » de la terre. Le problème de la fidélité au pays ne constitue qu’une intrigue secondaire. Mélo. ***½

Ernest Choquette (1862-1941) est né à Saint-Mathieu-de-Beloeil. Il a étudié au collège de Saint-Hyacinthe et la médecine à l'Université Laval. Il a été médecin à Saint-Hilaire. Il écrit : Les Ribauds (1898), Claude Paysan (1899), Carabinades (1900), La Terre (1916), Madeleine et la Bouée (1927).
Extrait
Dans le cône de lumière une ombre se détachait : Gardien qui hurlait en face d'une autre ombre, en relief indécis sur le sable...
Dans les ronces et les ajoncs morts, les pierres et les branches cassées, la vieille Julienne se traînait. En face d'elle, Gardien tirait de ses dents, en s'arcboutant, une masse informe...
Tout de suite, ce fut un cri de louve égorgée et la pauvre femme, effondrée, s'écrasa sur la poitrine de son fils.
... Claude... oui... c'était Claude.
Jacques lui souleva la tête; de ses longues mèches brunes, sinistrement plaquées aux tempes, de larges gouttes d'eau grise descendaient...
On avait ramené au logis le cadavre du pauvre Claude, une dernière et suprême fois bercé par les flots du Richelieu.
En le dépouillant de ses vêtements, pour laver son corps, on trouva, collée sur sa poitrine à la place du cœur, une enveloppe de papier, d'où l'on ne put extraire que deux pauvres marguerites...
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1 commentaire:

Anonyme a dit...

La malade dont Claude est épris s'appelle Fernande et non Françoise