31 décembre 2018

LE NOUVEL AN

J’entends sonner minuit, encore un an qui tombe
Dans le gouffre béant qu’on nomme éternité ;
L’aiguille a fait un tour au grand Cadran du Monde ;
Douze mois révolus comme une ombre ont passé.

Mais quels sont les présents de la nouvelle année ?
Dans les plis de sa toge est la guerre ou la paix.
Ou bonheur ou malheur, c'est notre destinée :
Caressant l’avenir, faisons mille souhaits !

Voyez le temps qui fuit comme l’onde qui roule
Sur le lit émaillé du limpide ruisseau ;
Tel encor le navire, en courant sur la houle.
Trace un sillon d’argent qui disparaît sous l’eau.

Aux mois qui ne sont plus, envolés comme un rêve.
Ma muse avec regret dit un refrain d’adieux ;
Elle bénit la main qui sans merci ni trêve
Décime en les comptant nos jours et nos cheveux.

Et moi pauvre poète, en ce jour d’allégresse,
Je chante sur ma lyre et j’implore les cieux :
Accueillez, chers lecteurs, vous à qui je m’adresse,
Mes vœux les plus ardents : Soyez, soyez heureux !

(Zéphirin Mayrand, Gerbes d’automne, 1906, p. 41)

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