5 avril 2011

À la veillée


Faucher de Saint-Maurice, À la veillée, Québec, Darveau, 1880, 199 p.

Ce livre a connu plusieurs éditions, ce qui témoigne de sa popularité. La plupart des contes ont déjà été publiés dans À la Brunante (1874).  C’est le cas de « Histoires et chansons » (une reprise de «  Né pour faire un monsieur »),  « L’amiral du brouillard », « Le feu des Rousssi », « Le fantôme de la roche », « Mon ami Jean ». Je ne reviendrai pas sur ces contes. Ne restent que trois textes originaux qui ne sont pas vraiment des fictions.

Le crucifix outragé
S’il faut en croire l’auteur, « Le crucifix outragé » serait le récit vrai d’une affaire de sorcellerie qui a tenu en haleine le district judiciaire de Montréal en 1742. Contre Charles-François Flavart de Beaufort de l’Advocat, un petit voyou malgré son nom, fut déposé devant le « tribunal suprême » de Montréal une triple accusation de « sortilège, de magie et de sacrilège ». La peine encourue pour un tel crime : la torture sur la place publique. Pour soutirer de l’argent au peuple trop crédule, il s’était inventé un rituel dans lequel il faisait intervenir un crucifix. De Saint-Maurice se défend d'inventer, se contentant de nous transmettre le mot-à-mot des principaux témoins. Voici le jugement final, lequel sera atténué par la suite.
[Le procureur du roi] concluait à la preuve des trois chefs d'accusation—sortilège, magie et sacrilège— pour réparation de quoi il demandait que Charles-François Flavart de l'Advocat fût condamné à faire amende honorable, en chemise, la corde au cou, tenant entre ses mains une torche de cire ardente du poids de deux livres, devant la grande porte et la principale entrée de l'église paroissiale de cette ville, au premier jour de marché, et là, étant nu tête et à genoux, dire et déclarer à haute et intelligible voix, que, méchamment et mal avisé, il a profané les paroles de Notre Seigneur Jésus-Christ crucifié, ce, pour faire le divin et en outre, qu'il fût condamné à être battu et fustigé de verges, par les carrefours et lieux accoutumés de cette ville, et qu'il fût banni de l'étendue de cette juridiction pendant trois ans, et tenu à garder son ban.
Ces conclusions étaient ratifiées le 30 août par le jugement de la cour de Montréal, qui ajoutait de plus :
— Flavart de Beaufort sera conduit par l'exécuteur de haute justice, ayant écrit au par devant et derrière : Profanateur des choses saintes ! Ce fait, l'avons condamné à servir de forçat dans les galères du roi, l'espace de cinq années. (p. 148-149)

Mexico
Impressions de voyages, informations historiques glanées au cours de ce voyage, voilà qui résume bien ce texte qui n’est ni un conte ni même un récit. L’auteur émet certaines réflexions sur le peuplement du Mexique, rappelle certaines légendes, certains rituels religieux et offre quelques jugements sur les Mexicains.

Les larmes du Christ
Pendant la nuit de l’agonie, Jésus ressentit une profonde tristesse. Saint-Maurice cherche à comprendre cette tristesse. Selon lui, le Christ vit d’abord tous les malheurs passés, présents et à venir de l’humanité ; mais encore plus, il vit tous les malheurs qui guettaient les ministres du culte. Et l’auteur de nous énumérer à pleines pages ceux qui souffrirent ou même moururent pour leur foi.

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