16 février 2010

L'Âme des bois

Albert Ferland, Le Canada chanté. L’Âme des bois, Montréal, Granger frères, 1909, 32 p. (Illustrations de l’auteur)

Après Les Horizons et Le Terroir, voici L’âme des bois. Le thème n'est pas nouveau : les arbres, les bois étaient déjà très présents dans les recueils précédents. Ferland, en choisissant comme exergue un extrait de « La maison du berger » de Vigny, inscrit son recueil dans le courant romantique : « Pars courageusement, laisse toutes les villes ; / Ne ternis plus tes pieds aux poudres du chemin / Du haut de nos pensers vois les cités serviles / Comme les rocs fatals de l'esclavage humain. »

Le recueil contient dix poèmes, la plupart dédicacés, dont l’un à Laurier, et un autre à Camille Roy.

Fierté
Tout à fait dans la suite de l’exergue : quittons les villes mauvaises et refugions-nous dans la nature.

Arbres mortsFerland évoque la longévité des arbres, « ces géants, orgueil du siècle enfui ». Il regrette le temps où « tel un océan, les bois couvraient les plaines ». Un beau passage : « Les arbres dont l’amour a tourmenté la terre, / Arbres forts que jadis la fuite des grands vents / Faisait, tumultueux, chanter dans la lumière. »

Soir d’octobre
Promenade sur le Mont-Royal par un beau soir d’octobre. Il admire le coucher du soleil dans les feuilles. Pourtant quand vient la pénombre, un sentiment d’inquiétude s’empare de lui : « Ainsi la Peur, folle et soudaine, / Parfois nous parle au fond du soir, / Quand l’homme est seul, quand l’arbre est noir, / Et que la maison est lointaine. »




Les ouaouarons
Le chant des ouaouarons le ramène aux doux souvenirs de ses douze ans. « Qu’ils sont lointains les soirs pensifs de mes douze ans / Ces soirs dont la grandeur ont fait mon âme austère, / Ces soirs où vous chantiez, ouaouarons mugissants, / La douce majesté de la grise lumière! »

Reproches au mois de mai
Mai n’a pas tenu ses promesses et le poète s'en plaint : « Mai venteux! Ce soleil avare, ce jour triste! »

La petite feuille
Les arbres se garnissent de nouvelles feuilles.

Aux arbres de chez nous
Le poème le plus ambitieux et le mieux réussi du recueil. Le poète célèbre les arbres, comme si c'étaient eux qui permettaient au pays et aux hommes de prendre racine. (Lire le poème)

Pluie de septembre
L’automne, la pluie. L’été se meurt mais la nature exulte.

Ennui d’automne
C’est l’automne. Le poète demande aux derniers rayons de l’été d’« éclaire[r] les chemins où nous pleurons la Vie ».

L’âme de l’automne
Le ton est très lyrique. « Puisse ma vie un jour te ressembler, Automne, / Et, comme l’arbre meurt par delà l’Été bleu, / Puisse-t-elle, pensive, harmonieuse et bonne, / S’éteindre dans l’amour et la gloire de Dieu, / Puisse ma vie un jour te ressembler, Automne! »

Comme c’était le cas dans Les Horizons, on trouve souvent un allocutaire, ce qui confère aux poèmes une certaine oralité. Ferland célèbre la nature à travers les arbres, les saisons. Mais de façon implicite, c’est le passage du temps dont il est question dans ce recueil, moins bon que les deux précédents.

Lire le recueil sur le site de la
BANQ.

Albert Ferland sur Laurentiana
Les Horizons
Le Terroir
L’Âme des bois
La Fête du Christ à Ville-Marie
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Femmes rêvées

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