6 juillet 2018

Broussailles givrées


Guy Robert, Broussailles givrées, Montréal, Éditions Goglin, 1959, 71 pages. (Bois gravé original de Janine Leroux)

Le recueil renferme quatre parties. 

Broussailles
Le recueil s’ouvre sous le signe de la joie, de l’étonnement ravi, ce qui n’est pas si commun dans la poésie des années 1950 : « ma broussaille secoue son hiver / et vienne enfin le printemps joyeux / gambader aux prés verts et sonores ». La nature, l’art, des souvenirs d’enfance, le plaisir des lieux physiques, les pratiques culturelles étrangères… la poésie de Robert court un peu dans tous les sens. Et l’émerveillement du départ s’assombrit parfois sans jamais s’éteindre.

Rectangles
Ce sont littéralement des poèmes-rectangles. Il n’y a pas de ponctuation et on a l’impression qu’ils ont été produits en écriture libre à la manière surréaliste. On peut y lire une révolte contre l’étroitesse du milieu et le besoin de larguer tout ce qui amenuise la vie. 

 Ce matin encore
« Je suis de mon enfance / comme d’un pays / que j’aime bien / et où je suis né : / mais j’ai connu l’exigence / d’un tout autre pays / où l’on ne vit pas bien / et où je veux batailler. » S’approprier la vie, vivre pleinement, combattre sont des verbes qui décrivent bien l’état d’esprit du poète. « j’affronte l’avenir / d’un immense élan / d’une fraternité refoulée / mais quand même ouverte / et fraîche et verte / Cézanne je te comprends ». Le langage peut sembler emprunté à l’Hexagone; sans la dimension politique, toutefois. 

Cris de joie
Cris de joie? Cris de révolte, plutôt! L’auteur s’oppose à l'ordre établi et pointe du doigt la vieille idéologie traditionnelle : « incendie les cloîtres de bure méditative / déserte l’encens des églises sermoneuses / ignore les remontrances de mère-Prudence / tourne le dos à l’honneur de tes pères / et va ta route d’eau de vie ». Encore une fois, ça se termine par un appel à la liberté. 

Comme le dit Gilles Marcotte, la poésie de Guy Robert n’est pas originale et souvent facile. Doit-on parler d’influence ou de clin d’œil à des poètes admirés, mais souvent on a l’impression de relire un vers de ses collègues : Hébert, Pilon, Lapointe, Beaulieu, Hénault…

La critique de Gilles Marcotte

Aucun commentaire: