16 décembre 2016

Une mine de souvenirs


Zacharie Lacasse. Une mine de souvenirs, St-Boniface, s. é., 1920, 178 pages.

On lit la biographie du père Zacharie Lacasse (né le 9 mars 1845 à Saint-Jacques-de-l’Achigan et décédé le 28 février 1921 à Gravelbourg, (Saskatchewan) et on se dit que ses souvenirs ne peuvent être qu’intéressants. Ce prêtre fut aux avant-postes de la société canadienne-française au XIXe siècle. Ainsi il a exercé son ministère à Pessamit sur la Côte-Nord avec les Innus et les Nascapis, il a participé à l’ouverture de paroisses en Beauce (Saint-Zacharie) et au Lac-Saint-Jean, il a suivi ses compatriotes dans l’Ouest canadien et même au nord des États-Unis. Voilà qui aurait dû fournir une riche matière pour des mémoires.

Pourtant,  on en apprend très peu sur l’effervescence de l’époque et sur l’adaptation de Lacasse à tous ces déplacements et tournants de vie. Presque rien sur les gens qu’il a côtoyés et les lieux qu’il a visités. Quelques anecdotes tout au plus. Le problème : il ramène tout à la religion.  Il se pose continuellement en défenseur de l’Église, comme si elle était attaquée de toutes parts, comme si Satan, le mal ou même les autres religions étaient toujours à l’affût de petits catholiques à la foi vacillante. Il essaie de nous prouver qu’il est juste que  le curé ait son mot à dire aussi bien au plan personnel, que familial, social et politique. En fait, souvent il prêche en brandissant l’action de Satan et le péché comme argument ultime.

Et c’est malheureux parce qu’il aborde des sujets importants, comme l’éducation des enfants (le fouet n’est jamais loin), le lien avec les premières nations (de la matière à évangéliser), l'ultramontanisme (les gouvernants ne peuvent pas faire abstraction des représentants de Dieu sur terre), le problème des écoles catholiques en dehors du Québec (l’action de Satan)...

On lira quand même avec un certain intérêt quelques scènes humoristiques, dont celle du  chapitre 6 : « Ma visite dans la haute société ».

1 commentaire:

Anonyme a dit...

Je permets ici une remarque, si vous le voulez bien.

Lorsqu'on admet le surnaturel, et qu'on admet que l'Église catholique n'est pas une église autoproclamée par de simples mortels laissés à eux-mêmes, mais au contraire qu'elle est de fondation divine ; que son Autorité et ses pouvoirs surnaturels qui en découlent lui viennent directement du Christ qui est Dieu, puisqu'il est le Verbe éternel et incarné, la deuxième Personne divine de la Très Sainte Trinité ; alors notre œil est tout différent, on voit les choses sous un tout autre jour, la perspective n'est pas la même du tout, et par conséquents nos jugements pas les mêmes.

Ce missionnaire n'est pas un autoproclamé qui répand une doctrine personnelle, et douteuse en ce qui concerne la Foi et la Morale. Son sacerdoce et son ministère lui viennent directement de l'Église catholique, ils sont donc valides et licites ; ce n'est donc pas un faux pasteur, un loup ravisseur revêtu d'une peau de brebis.

C'est le Devoir de tout prêtre, réellement envoyé par l'Église, quelque soit son degré dans la hiérarchie, de vaquer avec zèle au salut des âmes, de voir à son troupeau qui lui a été confié, de le protéger, l'instruire, lui procurer les moyens du salut éternel, les abreuver à la source de la grâce que sont le Saint Sacrifice de la Messe, les sacrements qui en sont les canaux, et la prière. Pour accomplir sa mission, il est lui-même aidé par la grâce sacramentelle de son sacerdoce, du sacrement de l'ordre reçu validement et licitement. Le missionnaire est donc un homme de Dieu.

Il n'est pas nécessairement parfait, ça va de soi ; c'est un pécheur comme chacun de nous. Comme nous, dans la mesure de sa fidélité à la grâce, actuelle, et sacramentelle de son état, il doit vaquer à son salut. Il y va avec les talents naturels reçus et exploités ; et c'est ce qu'a certainement viser à faire ce missionnaire. Et je n'ai pas vu que ses ouvrages étaient à l'index. Il n'a certainement pas écrit pour une gloriole personnelle, ni pour faire simplement de la littérature ; mais bien plutôt pour le bien des âmes, pour les épauler dans leurs tâches, leurs affaires temporelles, les mettre en garde contre ce qui peut les dérouter, les perdre même.

Un prêtre ne jouit pas de la prérogative personnelle de l'infaillibilité, en ce qui concerne la foi et la morale, comme le pape dans l'exercice de son magistère ordinaire et extraordinaire, mais de par sa formation sacerdotale, le degré de science qu'il a reçue, son attache à la hiérarchie, sa fidélité, son obéissance, la pratique des vertus, etc, Dieu aidant, il peut avec efficacité remplir sa mission adéquatement, être agréable à Dieu. Je dis bien il peut, ça ne tient qu'à lui, à son bon vouloir, à sa fidélité, etc.

Je ne veux pas composer ici une autre MINE dans la même vaine que ce missionnaire a fait, mais je viens seulement à sa défense. On peut juger les actes et les paroles, mais pas les consciences, ça c'est réservé à Dieu. Est-ce que ce missionnaire s'est enrichi ? A-t-il vécu dans l'opulence, le vice ? Était-il en rébellion avec ses autorités ? A-t-il failli à sa mission ? Comme déjà dit plus haut, du moment qu'on admet le surnaturel, la divinité de la fondation et de l'Autorité de l'Église, notre œil sera tout autre.

(Je n'aborde pas ici l'état actuel de l'Église, ça c'est une autre histoire.)

Roger Boivin.