16 décembre 2016

Trois contes sauvages

Zacharie Lacasse, Trois contes sauvages, Québec, Imprimerie de « La Vérité », 1882, 53 pages.

Le père Zacharie Lacasse a vécu sur la Côte-Nord de 1873 à 1880.  Il en a ramené trois « contes » lesquels, si on se fie aux textes, lui auraient été racontés par les Amérindiens. Lacasse ne les présente pas comme des récits imaginaires mais plutôt comme des histoires qui se sont réellement passées.

Peut-on parler de littérature? Disons que les procédés littéraires sont très primitifs, proches du conte oral : interpellation du lecteur, appel sans détour aux sentiments, déficience dans la mise en texte des dialogues. Les récits ne dépassent pas le niveau anecdotique. L’auteur raconte la vie difficile – mais heureuse quand l’épreuve ne frappe pas - des Amérindiens sur la Côte-Nord. « Ces peuples évangélisés, pratiquant notre sainte religion, seraient les plus heureux mortels du dix-neuvième siècle. Un proverbe dit : le bonheur qu’on veut avoir en ce monde, gâte celui qu’on a. Ces paroles ne doivent pas être à l’adresse des sauvages qui se contentent de bien peu. Un peu de caribou, du poisson et une écorce de bouleau peur faire un canot, voilà toute l’ambition des Rothchild des bois… »

« Une famine chez les sauvages » et « Tous morts de faim excepté une ou le récit d’une sauvagesse » racontent un peu la même histoire : c’est l’hiver, la chasse n’arrive pas à les nourrir et les Indiens meurent… à moins qu’une intervention divine ne vienne les sauver. L’un est raconté par une mère qui voit ses enfants mourir sous ses yeux. L’intention de l’auteur est assez transparente : il s’agit d’attirer la sympathie sur eux en certifiant leur grand attachement à la religion catholique.

Le troisième conte, « Deux enfants sauvages », est très dramatique : deux jeunes Indiens, dont les parents viennent de mourir, doivent affronter une féroce mère ourse accompagnée  de ses petits.

On comprend à la toute fin que ces récits mélodramatiques visent à attirer quelques oboles dans les goussets des missionnaires qui christianisent ces « pauvres sauvages » : « Si l'on comprenait bien le prix d’une âme! Le dieu des ivrognes demande chaque année des millions qu’on lui jette en bondissant de joie; le Dieu des âmes se contente de bien peu. Chrétiens, une obole à la belle œuvre de la propagation de la foi. »

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