1 mai 2010

Sur les routes de mon pays

Simone Paré, Sur les routes de mon pays, Ottawa-Montréal, Les éditions du Lévrier, 1944, 109 pages. (12 photos de Tavi)

Le recueil est divisé en quatre parties. Chacune commence par un poème liminaire qui donne son titre et son thème à la partie. L’inspiration religieuse enveloppe le tout. La dédicace se lit ainsi : « à ma mère, à mes sœurs guides catholiques, je dédie ces pages ». Rappelons que les éditions du Lévrier ont été fondées pas les Dominicains.

Les allées du souvenir
Un hommage senti aux aïeules, la tradition de l’eau de Pâques, les événements évoquant l’érection d’une croix sur le Mont-Royal par Maisonneuve et enfin, une nouvelle version des Béatitudes, voilà de quoi sont composées ces « allées du souvenir ».
Chemins vers Dieu
« Mon âme est ce rayon assailli de pénombre. / J'implore la clarté quand mon courage sombre, / Et le secours me vient sur des ailes de feu : / La Foi, l'Espoir, l'Amour, sont mes chemins vers Dieu ! » Tout n’est pas harmonieux en ce bas-monde. La vision de Paré est souvent tragique. Heureusement que Dieu empêche ce monde de sombrer dans l’apocalypse. On lit des poèmes-prières, donc des demandes d’interventions divines, tantôt pour les malheureux, tantôt pour ce fils parti à la guerre, tantôt pour affermir la foi, tantôt pour affronter la mort.

Grèves chantantes
Il y beaucoup de tristesse dans les poèmes qui composent cette partie. Les causes demeurent obscures, comme si la souffrance était inhérente à la condition humaine : « Sur terre tout calme est banni / Et chaque jour est fait de drames ». La poète trouve consolation et réconfort dans l’amour (« L’amour vient sur la rivière / Il brisera toute pierre! ») et la présence divine en elle (Je te sens là qui vit! »).

Les sentes laurentiennes
Après les « allées » et les « chemins », voici les « sentes ». La nature est le motif dominant dans cette partie. On comprend que l’auteure était friande des promenades en forêt. Souvent la nature est décrite pour elle-même, pour en magnifier la beauté. Et parfois, elle permet à la poète de renouer avec le passé (« Aux forêts canadiennes ») et toujours elle lui parle de Dieu, comme en témoigne le dernier poème du recueil :

Quand tu voudras…
J'ai tant aimé l'âpre marche qui grise :
Bras au soleil, lèvres buvant la brise,
Bonheur de vivre élargissant mon cœur !
J'ai tant aimé ma belle route humaine,
Où, si souvent, j'ai rencontré la tienne...
Je dormirai quand tu voudras, Seigneur...
J'ai tant chanté sur des flots d'harmonie,
Et j'ai si peur de la sourde agonie
Tuant les sons de mon suprême adieu...
J'ai tant chéri le rythme et la cadence...
Dans l'océan aux vagues de silence,
Je sombrerai quand tu voudras, mon Dieu.
J'ai tant joui du monde aux cent visages,
J'ai tant baigné mes yeux de paysages
Où revivait un peu de ta Beauté...
Quand filtrera la mort sous mes paupières,
J'accepterai mes visions dernières :
L'ombre sans traits, l'informe éternité...
J'accepterai la rançon de mon rêve :
Vers toi, mon Dieu, j'ai soupiré sans trêve,
Car rien n'est grand de ce qui doit finir !
Comme un oiseau qui découvre son aile,
Lorsque ma chair se fondra sous la stèle.
Mon âme ira près de toi se blottir !
(p. 102-103)

1 commentaire:

Jean-Louis Lessard a dit...

Je vous invite à consulter Le calepin du flâneur pour en connaître davantage sur Tavi.

http://leflneur.blogspot.ca/2012/06/les-beaux-albums-tavi.html