7 septembre 2009

Les Anciens Canadiens (théâtre)

Philippe Aubert de Gaspé, Les Anciens Canadiens, drame en trois actes, Montréal, Beauchemin, 1894, 50 p.

L’édition que j’ai entre les mains n’est pas datée, pas plus que les auteurs ne sont nommés. Tout me porte à croire que l'édition daterait de 1894 et que les abbés Camille Caisse et Pierre-Arcade Laporte en seraient les adaptateurs. Selon les auteurs de La Vie littéraire au Québec, la pièce intitulée Archibald Cameron of Locheill ou un épisode de la guerre de Sept Ans au Canada aurait été jouée devant l’auteur le 11 juillet 1865. Elle serait restée à l’état de manuscrit jusqu’à ce que Beauchemin l’édite : « En 1894 et en 1917, la maison Beauchemin édite une version assez conforme; la brochure porte le titre du roman et tait le nom des adaptateurs. »
Adaptation du roman? Pas vraiment. C'est plutôt une adaptation d’une partie du roman, soit de l’épisode militaire. Toute la première partie (le retour à Saint-Jean-Port-Joli) de même que la conclusion (le retour d’Archibald au pays) sont escamotées. L’action de la pièce se passe en rase campagne et non au manoir d’Haberville d’où on ne s’approche jamais. Quand la pièce débute, les Anglais ont déjà débarqué à Rivière-Ouelle et entrepris de brûler toutes les habitations de la Côte-Sud. Jules d’Haberville est en train de monter un groupe de miliciens, dans lequel on retrouve les serviteurs du manoir et des Indiens, afin d’aller barrer la route aux Anglais. Il apprend que son ami Archibald commande les incendiaires et en est profondément blessé. Plus tard, sur les plaines, les frères ennemis se rencontrent. Archibald s’explique et Jules finit par lui pardonner. Certaines scènes sont consacrées à Archibald, à ses remords. On raconte même l’épisode où il est capturé par les Indiens et délivré par Dumais. On insiste surtout sur l’antagonisme qui le lie à l’officier qui le commande, Montgomery, celui-là même qui l’a obligé à incendier le manoir de ses bienfaiteurs. On a un peu diabolisé ce personnage pour mieux blanchir Archibald. Le Seigneur d’Haberville, la Seigneuresse et leur fille Blanche sont absents de la pièce. L’action tend à faire ressortir l’aspect patriotique du roman au détriment des aspects ethnologiques. Seule l’histoire de la Corriveau a été conservée, José en faisant le récit aux miliciens assemblés par d’Haberville.

Que penser de cette pièce? D’abord, disons que ce n’est pas vraiment du théâtre. C'est plutôt une suite de récitatifs, bref davantage de la prose que du dialogue. Les adaptateurs ont ajouté quelques personnages pour ficeler le tout : ils ont donné plus d’importance au personnage de Saint Luc, aux Indiens, et au serviteur Fontaine qui ajoute un élément comique au drame. Malgré certains rappels des épisodes précédents, il me semble que seul le lecteur du roman peut suivre et apprécier un tant soit peu l’action de cette pièce.
Une autre adaptation pour le théâtre aurait été réalisée par Georges Monarque en 1931 sous le titre de Blanche d’Haberville.
Pour en terminer avec Les Anciens Canadiens, ajoutons que le roman a été publié en feuilleton dans les années 1930. On en aurait aussi tiré une BD. (Collections Canada) D’autres éditions méritent qu’on s’y intéresse, dont celle de 1886 illustrée par Henri Julien et la plus récente des éditions illustrées, celle de Fides de Jean-Julien Bourgault.


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