4 février 2007

Un coeur fidèle

Blanche Lamontagne, Un cœur fidèle, Montréal, L’Action française, 1924, 196 p. (Illustrations de l’auteure)

Dans un village non nommé près de Cacouna, autour des années 1920. François Beaulieu a deux fils. Le plus vieux, Jean, 18 ans, est amoureux depuis sa plus tendre enfance de sa voisine, Marie Dumont. Pendant trois ans, chaque automne, celle-ci quitte le foyer familial pour le couvent des Sœurs de Cacouna où elle se fait instruire. Quand elle revient, l’été, elle retrouve avec plaisir son amoureux. Ses études terminées, Jean aimerait bien l’épouser, mais pour l’instant il n’a rien à lui offrir. La venue d’une cousine américaine, superficielle au possible, jette un petit froid entre les deux amoureux. En effet, cette cousine s'est entichée de Jean qui l’ignore pourtant.

Eusèbe Landry est veuf depuis huit ans. Cultivateur en moyen, il est déjà un notable dans le village. Sans enfant, vivant seul avec une sœur un peu simplette, il a décidé qu’il en avait assez du veuvage et qu’il était temps de se trouver une nouvelle épouse. Il frappe chez les Dumont. Contre toute attente, Marie accepte sa proposition de mariage. En un mois, tout est bâclé! Inconsolable, Jean décide de déserter.




Deux ans passent. Marie est heureuse avec son Eusèbe. C’est un paysan très doux, très attentif. Elle règne sur le petit domaine de son mari. Un jour d’automne, Eusèbe est surpris par une vilaine tempête sans pouvoir s’abriter. Quelques jours plus tard, il décède d’une pleurésie. Marie décide de garder le petit domaine familial par respect pour sa mémoire. Elle engage des journaliers. Cinq ans passent. Un jour, un visiteur se présente chez la veuve Landry. C'est Jean, ce cœur fidèle, qui est revenu des États-Unis. Ses sentiments pour Marie n’ont pas changé. Il n’est que de passage, mais il offre à Marie de l’épouser. Elle accepte.

Comme ce résumé l’atteste assez, l’histoire est on ne peut plus simple. Une histoire pour adolescents (d'une autre époque). La description de la nature est poétique. L’auteure n’approche jamais de ses personnages, se contentant de les décrire à gros traits. Ainsi en est-il également de l’action. On retrouve les thèmes classiques du roman du terroir : la religion, la terre, la conservation du patrimoine, l’exil aux États-Unis.



Extrait
Antoine Beaudoin, suant à grosses gouttes, jouait avec rage en frappant du pied avec mesure. Tous les airs sautillants des quadrilles passaient sous son archet. C'était harmonieux, malgré mille sons discordants. C'était l'âme de la race qui s'exhalait dans cette gaîté douce, cette gaîté robuste que ni le travail ni la rude vie ne peuvent assombrir. C'est l'âme des aïeux qui chante dans les violons, les soirs des noces, quand on danse à la lampe... C'est elle, l'âme ancienne, qui sourit aux épousailles, elle qui bénit les espérances et veille sur les divines promesses des enfants blonds dans les foyers reconstitués! C'est l'âme des aïeux qui, voyant qu'elle va continuer de survivre, chante dans les violons, les soirs des noces… (p. 143-144)

Blanche Lamontagne sur Laurentiana :
Par nos champs et par nos rives

2 commentaires:

Carole a dit...

Bonsoir,

Avez-vous tous ces livres dont vous parlez ?

Jean-Louis Lessard a dit...

Bonsoir,

Tous, non. Certains coûtent trop cher, entre autres les vieux livres du XIXe siècle. Disons que j'en ai plusieurs. Quand je "vais en ville", je fais le tour des librairies qui vendent des vieux livres.