19 janvier 2024

L'avalée des avalés

Réjean Ducharme, L'avalée des avalés, Paris, Gallimard, 1966, 282 pages.

Bérénice Einberg, neuf ans au début du roman, vit dans une famille désunie : elle a le sentiment d’être prisonnière des adultes. Elle est « l’avalée des avalés ». Son père est juif et sa mère, catholique. « Quand ils se sont mariés, ils se sont mis d’accord sur une sorte de division des enfants qu’ils allaient avoir. […] D’après leurs arrangements, le premier rejeton va aux catholiques, le deuxième aux juifs, le troisième aux catholiques, le quatrième aux juifs, et ainsi de suite jusqu’au trente et unième. Premier rejeton, Christian est à Mme Einberg, et Mme Einberg l’emmène à la messe. Second et dernier rejeton, je suis à M. Einberg, et M. Einberg m’emmène à la synagogue. Ils nous ont. Ils sont sûrs qu’ils nous ont. Ils nous ont, ils nous gardent. »

Elle adore sa mère, qu’elle surnomme Chat mort ou Chamomor, et encore plus son frère Christian, de quelques années, plus âgé qu’elle. Elle est très possessive avec les gens qu’elle aime : elle voudrait que leur amour soit exclusif. Aussi voit-elle mal l’arrivée de Mingralie et ensuite de ses cousins polonais.

Bérénice a maintenant 11 ans et vit une profonde dépression. « Je ne suis pas malade. Je suis morte. Je ne suis plus qu’un reflet de mon âme. Je flotte, légère comme un souvenir. Je plane dans l’éther des espaces sidéraux, souverainement et définitivement indifférente. »  Sa mère la veille jour et nuit. Quand elle finit par baisser sa garde et par céder à l’amour maternelle, elle est guérie : « Tout à coup, ça y est! C’en est fait de moi. Je perds la tête. Tout à coup, en moi, c’est la rupture des écluses, l’éclatement des digues et barrages. Je sais que cette femme est truquée ; je me le dis, me le répète. Mais c’est inutile. Prise d’un grand éblouissement, j'oublie tout, perds tout. Je dégringole de tous mes sommets, m’écrase. Je perds pied, déboule. Tout me glisse entre les doigts. Tout à coup, comme mue par une détente volcanique, je me retourne, me dresse, m’élance, me jette dans ses bras, me cramponne à son cou. Elle m’enlace avec force, sans rien dire. » 

Aussitôt guérie, elle reprend là où elle avait laissé. Surtout, elle force Christian à faire toutes les folies, ce qui pousse Einberg à l’envoyer à New York chez l’oncle Zio. Son amie Constance Chlore est avec elle. Même si son espace de liberté est réduit, elle continue de crâner, se permettant toutes les frasques : évasion, vol à l’étalage, non-respect du jeûne, lecture porno. Quand ses parents la visitent, elle refuse de les voir. Son amie Constance Chlore est tuée dans un accident. Elle se fait un copain, Ding Dong, mais lui refuse toute marque d’affection. D’une révolte passive, elle passe à une révolte ouverte, très agressive :   elle défie Zio, ses professeurs, elle est très violente avec un de ses cousins qui la courtise, elle se saoule, elle abandonne un spectacle de danse à l’entracte, etc. Au bout de 5 ans, Zio finit par admettre qu’il ne réussira pas à la remettre sur le droit chemin et la renvoie à ses parents.

Elle a 15 ans. De retour chez elle, la guerre reprend de plus belle avec son père. Impuissant, il décide de l’envoyer en Israël. Elle rejoint l’armée. Cela semble lui plaire puisqu’enfin elle pourra laisser libre cours à toute la violence qu’elle porte en elle. Le roman, d’ailleurs, se termine par un épisode de guerre violente. Elle déclenche une escarmouche à la frontière et se sert d’une amie comme bouclier.

J’avais déjà lu deux ou trois fois L’avalée des avalés. Trente ans plus tard, je crois toujours que c’est un grand roman. On connaît tous le début d’anthologie : « Tout m’avale. Quand j'ai les yeux fermés, c’est par mon ventre que je suis avalée, c’est dans mon ventre que j'étouffe. Quand j’ai les yeux ouverts, c’est par ce que je vois que je suis avalée, c’est dans le ventre de ce que je vois que je suffoque. Je suis avalée par le fleuve trop grand, par le ciel trop haut, par les fleurs trop fragiles, par les papillons trop craintifs, par le visage trop beau de ma mère. Le visage de ma mère est beau pour rien. S’il était laid, il serait laid pour rien. Les visages, beaux ou laids, ne servent à rien. On regarde un visage, un papillon, une fleur, et ça nous travaille, puis ça nous irrite. Si on se laisse faire, ça nous désespère. Il ne devrait pas y avoir de visages, de papillons, de fleurs. »

Le roman se tient à cette hauteur pendant 300 pages bien serrées. La voix et le propos sont uniques et l’inspiration semble inépuisable. Peu de romans peuvent se targuer de présenter ces trois éléments avec un tel brio.   

On aurait tort de le réduire à une révolte adolescente, quoique c’en soit le coeur. Il me semble qu’il faut aussi tenir compte des prémisses sur lequel cette histoire débute : Bérénice est née dans le monde de l’après-guerre. Ironie du sort, sa mère polonaise, dont les frères ont collaboré avec les Nazis, a été « sauvée » par son père juif.  Elle n’avait que 13 ans quand elle a épousé Einberg : « Tu n'étais pas si dédaigneuse quand je t’ai trouvée, à Varsovie, dans l’égout. Tes frères, MM. les colonels, collaboraient. Tes frères, MM. les Polonais, venaient de te violer. Je t’ai donné du chocolat. Tu avais si faim que tu l’as mangé dans ma main. » Toute la suite découle de cette liaison viciée à la base. La guerre hante ce récit. Ne pourrait-on pas parler de choc post-traumatique pour expliquer la féroce guerre de couple que se livrent les parents, ce dont les enfants sont victimes?

Observons aussi que ce roman n’est pas ancré dans la société québécoise comme plusieurs de l’époque. Il faut voir le caractère universel de cette histoire. On est chez un couple de l’après-guerre, le plus souvent dans le milieu juif, et non dans une famille québécoise traditionnelle.

« J’ai besoin de haïr. Je hais. » L’immense souffrance qui habite Bérénice se transforme au fil du roman en haine. Au début, elle s’exerce à la haine, son père en étant le premier objet; à la fin, elle y est parvenue : elle n’aime plus personne. « Bérénice Einberg, as-tu du cœur ? J’ai plein de peau mais pas de cœur, Monseigneur. Et pourquoi donc, mon enfant ? Je ne sais pas, Monseigneur. Ça m'est venu comme Ça, petit à petit, peu à peu, au jour le jour, tranquillement, sans que je m’en aperçoive. » Les figures falotes de Constance Chlore devenue Exangue et de Christian, plus imaginées que réelles, ne sont plus là pour alimenter son besoin inassouvi d’amour.  Ne reste que la révolte haineuse : elle est prête à tuer.

Métaphore, allégories, références à l’Antiquité, notions scientifiques, Nelligan, associations surréalistes et le bérénicien alimentent le discours de Bérénice. Quant à moi, ce qui étonne davantage, ce sont les passages argumentatifs qui déraillent en cours de démonstration. L’écriture retourne sans cesse sur elle-même, pour en ajouter et en ajouter encore. « L’autorité que Zio a sur moi ne tient à rien, il faut bien l’avouer. Pourtant, elle tient. L’autorité des généraux sur les hommes ne tient à rien. Pourtant, elle tient bien. J’ai pitié de Zio. Il peut si peu contre moi, pour moi, contre les bacilles qui me rongent. »

Il faut bien le dire, le roman risque d’écorcher la sensibilité contemporaine. Habitée par une telle haine de l’humanité, malheureuse, cruelle et révoltée, l’héroïne prête peu attention aux autres, ne censure pas son discours sur la race, la religion, l’orientation sexuelle, l’image corporelle, etc.

Pour aller plus loin :
La réception des manuscrits de Ducharme chez Gallimard
Pour tout savoir sur « L’affaire Ducharme »

Salut Réjean!

L’édition pirate 

12 janvier 2024

Prochain épisode

Hubert Aquin, Prochain épisode, Montréal, Cercle du livre de France, 1965, 174 pages.

Après une journée de prison, le narrateur est transféré dans un institut psychiatrique. Selon lui, cet « enfermement clinique » n’a d’autre but que de discréditer « sa validité révolutionnaire ». Pour rompre la monotonie de son incarcération, il décide d’écrire un roman d’espionnage qui, sans renouveler le genre, en évitera les clichés. Il choisit comme héros un Sénégalais du nom de Hamidou Diop et, arbitrairement, décide que l’action commencera au Palace de Lausanne. Nous aurons donc une double histoire : celle du narrateur emprisonné (ce qui l’a amené dans cet institut) et celle de l’espion.

On comprend vite qu’il y aura des recoupements entre l’histoire du narrateur et l’histoire racontée. Tout se passe comme si le narrateur usurpait la place de Diop et l’aventure qui lui était destinée. Dans les rues de Lausanne, il retrouve par hasard une certaine K, une amie avec laquelle il a déjà vécu une relation amoureuse torride, « dans la dérive tortueuse entre Montréal et Toronto […] quelque part part entre un 26 juillet violent et un 4 août funèbre ».  Cette rencontre n’est pas aussi fortuite qu’elle en a l’air. Ils font partie tous les deux d’un groupe révolutionnaire. K lui parle d’un certain Karl von Ryndt, alias H. de Heutz, un supposé banquier, parfois spécialiste de l’histoire romaine. C’est un espion qui travaille pour la Police montée canadienne. Le narrateur reçoit comme mission de l’abattre.

Après un périple qui l’amène de Montreuil jusqu’à Genève, il repère H. de Heutz. La situation se retourne contre lui. Quelqu’un vient dans son dos et l’assomme. À son réveil, il se retrouve dans le château d’Échandens (Simenon y a vécu) devant un homme armé qui le questionne sur les raisons de sa filature. Acculé au pied du mur, il lui sert une histoire abracadabrante. Pendant un moment d’inattention de son interlocuteur, il réussit à renverser la situation, à s’emparer de lui, à le forcer à monter dans le coffre de sa voiture. Il cherche un endroit pour l’abattre. En route vers Lausanne, il s’arrête à Coppet. Il comprend qu’il a été pris en filature par un ou une complice de Heutz. Il abandonne son prisonnier, fuit, retourne se cacher dans le château d’Échandens pour surprendre Heutz à son retour.  Dans une attente interminable, il essaie de visualiser avec une précision maniaque comment il l’abattra. Au moment venu, tout se précipite, il tire sur Heutz, le touche, à peu près sûr de l’avoir blessé. Il revient à Lausanne pour retrouver K, mais elle est partie. De retour à Montréal, il est arrêté dans une église : la soi-disant fiction rejoint la réalité du narrateur.

Tout compte fait, l’action est plutôt mince : les nombreux déplacements d’une extrémité à l’autre du lac Léman, entre Montreuil et Genève, tiennent lieu d’action.

On accompagne le narrateur dans l’écriture de son récit. On le voit hésiter, chercher une suite, revenir en arrière, improviser. À certains moments, récit helvétique et récit québécois se confondent ou s’enchaînent. Le roman tient davantage dans le discours qui ceinture le récit, l’interrompt, le corrige, le redirige, le charge de sens par recoupements.

Prochain épisode, comme l’indique le titre, c’est le récit inachevé d’une mission révolutionnaire et d’une relation amoureuse qui n’ont pas abouti, tout cela en raison de l’indécision chronique du héros-narrateur. Pour Aquin, le comportement du héros-narrateur déprimé, indécis est à l’image du peuple québécois : « je suis le symbole fracturé de la révolution du Québec, mais aussi son reflet désordonné et son incarnation suicidaire ». L’aventure révolutionnaire a donné lieu à la passion amoureuse entre le narrateur et K, si bien qu’il a l’impression que l’échec amoureux découle aussi de l’échec révolutionnaire et de celui du peuple québécois.  

Il y aurait encore beaucoup à dire. Pourquoi la Suisse? Pourquoi les groupes révolutionnaires y cachent de l’argent? Pourquoi cette admiration du révolutionnaire pour les châteaux, leur riche ameublement?  Pourquoi si peu d’explications sur la nécessité d’une révolution au Québec?  

Le style est somptueux, la structure du récit est fine et intelligente, mais la lecture est exigeante. Très belle relecture pour moi, quelque 40 ans plus tard.

Extrait

La révolution viendra comme l’amour nous est venu, un certain 24 juin, alors que tous les deux, nus et glorieux, nous nous sommes entre-tués sur un lit d’ombre, au-dessus d’une vallée vaincue qui apprenait à marcher au pas. Elle viendra à la manière de l’événement absolu et répété qui nous a consumés et dont la plénitude me hante ce soir. Ce livre innommé est indécis comme je le suis depuis la guerre de Sept Ans, anarchique aussi comme il faut accepter de l’être à l’aube d’une révolution. On ne peut vouloir la révolution dans la sobriété, ni l’expliquer comme un syllogisme, ni l’appeler comme on procède en justice. Le désordre inévitable me gagne déjà et pétrit mon âme : je suis envahi comme le champ d’une bataille que je prépare dans la fébrilité. C’est sur nous et en nous que le grand bouleversement commence; dans nos existences vulnérables et nos rencontres amoureuses que les premiers coups sont portés. L’anarchie annonciatrice se manifeste par notre ministère et nous jette en prison, brisés, insatisfaits, malades. La révolution que j’appelle m’a blessé. Les hostilités n’ont pas encore commencé et mon combat est déjà fini. Hors combat prématurément, évacué vers l’intérieur loin de la ligne de feu, je suis ici un blessé de guerre; mais quelle blessure cruelle, car il n’y a pas encore de guerre selon la lettre. C’est là ma blessure. Mon pays me fait mal. Son échec prolongé m’a jeté par terre. Blessé fantôme, je passe derrière des barreaux les premières secousses d’une histoire inédite, semblable à ce livre en cela seulement qu’elle est inédite et que j’ignore les noms de mes frères qui seront tués au combat, autant que j’ignore les titres des différents chapitres de mon roman. J’ignore même ce qui adviendra de mes personnages qui m’attendent dans le bois de Coppet. J’en viens à me demander si j’arriverai à temps à l’hôtel d’Angleterre, car cela seul me préoccupe maintenant : le temps qui me sépare de notre rencontre fuit. (p. 95-96)

4 janvier 2024

Domaine public 2024

Adrienne Choquette, Robert Élie et Rodolphe Duguay

Voici les œuvres qui auraient accédé au domaine public en 2024. Je réitère mes critiques de l’an dernier. En quoi le fait d’avoir prolongé de 20 ans la période de protection d’une œuvre sert-il ces auteur.trice.s? On aurait dû exiger des ayants-droits, qui voulaient absolument prolonger la période de protection, qu’ils enregistrent les dites œuvres. Qui l’aurait fait cette année? Selon moi, personne. Les 20 œuvres ci-dessous n’ont pas de valeur pécuniaire, même celles de Choquette et d’Élie qui sont encore sur le marché. Elles seraient devenues libres de droit en 2024, elles auraient été offertes gratuitement sur internet et elles auraient eu davantage de chance de gagner de nouveaux.lles lecteur.trice.s.

JASMIN, Amédée, 1881-1973

1915 - Au pays des ailes, Arbour & Dupont.

CHARETTE, Yvonne, 1890-1973

1919 - Nuances, Le Devoir.

DUGUAY, Rodolphe, 1891-1973

1978 - Carnets intimes, Boréal.

MELANÇON, Claude, 1895-1973

1928 - Par terre et par eau, Le Soleil.

1936 - Les poissons de nos eaux, SZQ.

1963 - Percé, Éditions du jour.

1967 - Légendes indiennes du canada, Éditions du jour.

HARVEY, Joseph, 1900-1973

1923 - Les épis de blé, Le Soleil.

BOURCIER, Charlemagne, 1908-1973

1955 - Malgré tout... tant aimée, Chez l’auteur.

CHOQUETTE, Adrienne, 1915-1973

1939 - Confidences d’écrivains canadien- français, Bien Public.

1948 - La coupe vide, Fernand Pilon.

1954 - La nuit ne dort pas, Institut littéraire.

1961 - Laure Clouet, Institut littéraire.

1974 - Je m’appelle Pax, Presses Laurentiennes.

1975 - Le temps des villages, Presses Laurentiennes.

1990 - Gerbes liées, Guérin.

ÉLIE, Robert, 1915-1973

1943 - Borduas, Art global.

1950 - La fin des songes, Beauchemin.

1957 - Il suffit d’un jour, Beauchemin.

1979 - Oeuvres, HMH.

(Référence : Yvan Mornard, Inventaire des écrivains du Québec par année de naissance, 1999)

Rappel : Vous pouvez partager en appuyant sur une des icônes ci-dessous.

1 janvier 2024

Les souhaits du petit porteur

Aux abonnés de la Gazette de Joliette.

Un an vient de finir. Un nouvel an commence,
Et le Petit Porteur
S'achemine joyeux vers votre résidence.
Sympathique lecteur.

Il vient vous présenter ses hommages sincères.
Vous faire ses souhaits.
Il demande que Dieu rende vos jours prospères
Et vous donne la paix.

Un an vient de finir. Un autre le remplace.
Sur les ailes du Temps, emportés dans l'espace
Vieillissant malgré nous, devons-nous murmurer ?
Non, le bon sens nous dit qu'il faut nous résigner,
Recevoir de bon cœur ce qu'il faut qu'on accepte :
Voilà ce qui nous doit tenir lieu de précepte.
Il faut bien accueillir le premier jour de l'an.
Pour le petit porteur rien n'est plus consolant
Que de vous souhaiter, lecteurs de la Gazette,
Le bonheur et la paix. Chaque jeune fillette.
Si les vœux du petit doivent être exaucés,
A ses pieds pourra voir les amants empressés,
Se disputer l'honneur de lui conter fleurette.
L'élégant jouvenceau, brûlant pour sa Pierrette,
En vertu des souhaits du bon Petit Porteur,
Finira par fléchir la dame de son cœur.
Puisse, des vieux garçons, la phalange obstinée
Abjurer son erreur aux pieds de l'Hyménée !
Que les tendres époux, gens sages et rangés,
Contre les coups du sort soient toujours protégés !
Qu'ils croissent en vertus, qu'ils vivent dans l'aisance
Et soient toujours heureux ! Puisse la bienfaisance
Adoucir les malheurs du pauvre infortuné !
Que Dieu comble de biens le fidèle abonné !
Qu'il vous accorde à tous une longue vieillesse,
Exempte de soucis, de pleurs et de tristesse.
Ce sont là les souhaits que fait de tout son cœur
Celui qui s'est montré fidèle serviteur.
Qui ne manqua jamais de porter la Gazette
Chez tous les souscripteurs habitant Joliette.
Il vous souhaite à tous un heureux avenir
Et demande en retour un petit souvenir.

Joliette, 1er janvier 1878

(Rémi Trembaly, Caprices poétiques, 1881, p. 8-9)