Jacques Brault, L’en dessous l’admirable, Montréal, PUM, 1975, 51 p.
Recueil difficile, philosophique, qui flirte avec les théories de l’absurde. On comprend que Brault plonge au plus profond de soi (l’en dessous), fait table rase de ses anciennes croyances jusqu’à parvenir au rien : « ici, le rien règne et repose ». Vidé de toute émotion, coupé de toute relation, sans chemin spirituel, il ne reste qu’un « semblant d’être » :
pas de mots et pas de silences là ni même absence
quelque chose rien comme un froid d'avant le monde
et nébuleuses galaxies espaces non calculés
ô vide
plus loin que le dégoût d'exister plus loin que tout
Il semble que « l’admirable ne se manifeste qu’aux retours d’en dessous ». Et l’admirable tient à si peu; tout au plus, c’est un petit espace pour (sur)vivre dans un monde insignifiant :
et je viens les yeux fermés
où tu étais venue
je viens me souvenir
avec des douleurs
réapprises aux épaules
je viens comme un matou de nuit
rôdeur parmi
les détritus
c'est toi oui que je trouve grise cernée de folie
vigne tombante contre un mur de briques
et cela aussi si près de l'en dessous
cette splendeur
de bric-à-brac de broche à foin
est
le plus pur amour
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