Carl Mailhot, Meilleur est rêvé, Waterloo, 1963, n. p. (Préface de Claude Jasmin).
Carl Mailhot (1937-2005)
a eu une plus grande visibilité en tant que marin aventurier qu’en tant que poète
: Voir ce site.
Disons qu’il n’était pas un poète qui avait une voix. Le premier poème du recueil se veut une petite fantaisie verbale, une parmi d’autres, le recueil en est tout plein : « Je suis un écrivain / et je vis dans une page, / une page blanche / avec une ligne pour me coucher / et un trait pour m'asseoir. » Le second commence aussi par des lieux communs : « Au moment où je te parle / la terre tourne et le soleil brille. »
Le recueil compte trois
parties : Moi, Elle et Quant aux autres. Malgré les
titres, ses poèmes parlent beaucoup de lui, même dans les deux dernières
parties. On devine un jeune homme fragile, au passé sombre, qui tente de contrer
ses angoisses par la fantaisie. (Voir le
poème retenu.)
Le
jardin qu'elle aura
Je serai las un jour
de mes non sens,
de ma pipe aussi bien et de ma poésie,
je n'aurai plus le coeur à soigner mon hérésie
et à coiffer mes cheveux longs.
Je serai las un jour
de mon noir à vivre,
de mon foulard au cou,
de mes nuits par les rues,
de ces filles inventées qu'on voit dans les revues
et je deviendrai simple,
oh! si simple à suivre.
Je serai las tu sais
de mes jeux compliqués,
de mes lettres d'amour pareilles aux mots
croisés
et j'irai avec toi
comme un gamin qui vend son génie
pour une boule de gomme.
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