26 avril 2019

Les vermoulures

Alfred Mousseau, Les vermoulures, Montréal, Chez l’auteur, 1908, 88 p.

Edouard a 24 ans. Il va entreprendre sa dernière année universitaire en droit. Il vient d’une famille petite-bourgeoise de Saint-Germain, dans le Bas-Saint-Laurent. C’est un étudiant très sérieux qui consacre presque tout son temps à ses études. Son plus grand loisir, c’est de discuter politique, surtout avec son ami Ricard. Les deux sont enthousiasmés par un nouveau venu qui dénonce la corruption du gouvernement au pouvoir. La session passe, vient le temps des examens finaux, d’abord ceux de l’université, puis ceux du barreau. Il réussit le tout brillamment, malgré le décès de son père qui le ramène momentanément à Saint-Germain. Pendant cet interlude, il tombe amoureux de la meilleure copine de sa sœur, Blanche Coutu. Il doit retourner en ville puisqu’on lui a offert une position très avantageuse pour un jeune avocat. Il fait ses preuves, mérite la considération de ses pairs et patrons, écrit dans les journaux. Et contre toute attente, quelques notables de son comté l’invite à se présenter comme député aux prochaines élections. Il gagne et il épouse Blanche. Toutes ces actions (et réalisations du jeune homme) tiennent dans une année et quelques mois.

L’auteur décrit trois univers : ceux de la politique, du journalisme et des universitaires. Il est très critique face aux politiciens et aux journalistes. Aux uns et aux autres il reproche leur malhonnêteté. Quant au milieu universitaire, il est décrit comme étant à la fois sérieux et bon enfant.  Le roman donne lieu à de fastidieux dialogue politique entre Edouard et ses amis. Mais le thème qui fera le plus réagir le lecteur contemporain, c’est celui des relations homme-femme. Voici deux réflexions d’Edouard à propos du mariage :

« Le mariage m’apparaît comme une longue suite de dévouements et de sacrifices ; il charge de lourdes responsabilités et astreint à des devoirs multiples et sérieux. »

« Le seul moyen de prendre de l’empire sur une femme est de la traiter de haut, avec bonté mais comme une enfant, et de la mener où l’on veut sans qu’elle s’en doute.
Toute autre manière est inefficace.
Mais il faut à ce jeu, un tact et une diplomatie, qui sont souvent l’apanage des femmes, de sorte que tel qui croyait faire ce qu’il voudrait de sa femme devient le jouet de sa fiancée. »


Alfred Mousseau sur Laurentiana
Vermoulures

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