20 mai 2016

L’empoisonneur

Jean Nel, (Jean-André Jeannel), L’empoisonneur, Montréal, Edouard Garand, 1928, 70 pages. (Collection « Le roman canadien ») (Illustrations d’Albert Fournier)

L’action commence en 1916 et se poursuit sur une dizaine d’années. Joseph Lespérance est un ivrogne. Sa femme vient de mourir, le laissant seul avec Jeannette, une jeune fille de 14 ans qu’il bat quand il est saoul. Il a tôt fait de se remarier avec la Françoise, une tenancière de bar qui lui donne un enfant infirme qu’on surnomme Blanche. Buvant de plus en plus, Joseph vole la caisse des ouvriers, abandonne femme et enfants, se réfugie en Abitibi et s’acoquine avec un joueur de cartes malhonnêtes. Il doit bientôt fuir la police et il se retrouve en pleine forêt avec le chercheur d’or Paul Gravel. Il le tue, usurpe son nom, se retrouve propriétaire d’une industrie au Saguenay et, malade, repentant, lègue sa fortune mal acquise à Blanche avant de mourir.

Pendant ces années, Jeannette et la Françoise, à force d’économie et de travail, ont rayé la dette de Joseph.  Jeannette a un amoureux, Hector, parti lui aussi au loin afin de faire assez d’argent pour l’épouser. Il rencontre même le père de son amoureuse sans le savoir. Quand la Françoise meurt, Jeannette doit s’occuper seule de la petite Blanche. Le hasard met sur sa route une célèbre cantatrice qui cherche une servante. Autre hasard, cette cantatrice est la femme abandonnée du chercheur d’or Paul Gravel.

La cantatrice mourra à son tour et, de nouveau, Jeannette a beaucoup de difficultés à subvenir aux besoins de la petite Blanche. Le même malotru qui avait entraîné Joseph dans le crime sait que Blanche - et si elle meurt, ce sera Jeannette - doit hériter d’une jolie somme à sa majorité. Il essaie de forcer Jeannette à épouser son neveu, qui se fait passer pour un docteur. Hector réapparaît juste à temps pour sauver Jeannette et l’épouser.

Récit plein d’invraisemblances, mal composé : il y a plusieurs foyers de narration que Nel relie mal entre eux. L’auteur tire à fond les ficelles du mélodrame : jeune fille victime d’un père alcoolique et violent; enfant infirme victime de criminels endurcis. Pour en savoir plus sur ce livre et son auteur, voir la critique de Maurice Lemire dans le DOLQ.


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