13 mai 2016

La ceinture fléchée

Alexandre Huot, La ceinture fléchée, Montréal, Edouard Garand, 1926, (34 pages + 14 pages) (Collection « Le roman canadien » no 28)

Albert Martineau, sous le sceau de l’anonymat le plus complet, s’est réfugié dans une cabane en bois-rond, en pleine forêt, dans l’arrière-pays de Rimouski (un rang de Sainte-Blandine). Que fait-il là ce vieillard ? Nul ne le sait, et cela inquiète les Rimouskois.  Le vieux s’est acoquiné avec une famille et un guide de chasse, Jérôme Fiola, un personnage coloré qui se déplace dans une traîne sauvage tirée par deux valeureux chevreuils, Cerf-Volant et Pommette.  Le vieux semble riche puisqu’il distribue des 100$ pour protéger son anonymat. Et il semble avoir peur.

Un autre personnage mystérieux, cette fois-ci une femme, une madame Paquin, vit avec sa fille, la belle Alice, depuis 15 ou 16 ans, au fin fond d’un autre rang de Sainte-Blandine. Ses motifs? On les ignore.

Trois personnages, qui viennent de Rivière-du-Loup, se pointent à Rimouski. Tous les trois cherchent le « mystérieux vieillard qui se cache dans les bois ». 

On découvre ceci. Le vieux se nomme Albert Martineau. Deux des trois personnages à sa recherche sont d'anciens collaborateurs; l’un veut l’extorquer (Onésiphore Monette) et l’autre (Jacques Martial) le défendre, ce que le Vieux ignore. Le troisième personnage est le détective qui arrêtera Onésiphore Monette.

Et quant à madame Paquin, c’est l’ancienne femme d’Albert Martineau : elle a fui son foyer parce qu’on la faisait chanter et que son mari ne l’a pas cru. Les deux se tombent dans les bras et, comble de bonheur (on sort les violons, si vous ne l’avez pas déjà fait), Jacques Martial demande la main de la belle Alice. Et, tenez-vous bien, tout cela survient en deux semaines ou juste quelques jours de plus.

Il est bien qu’une histoire ait les environs de Rimouski comme décor. C’est rarissime. Pour le reste, c’est un roman de gare, il ne faut pas être trop exigeant. Tout de même, on ne peut pas comprendre qu’un auteur laisse passer autant d’invraisemblances en si peu de pages, surtout quand on considère qu’il aurait été si facile d’y remédier. Le personnage de Jérôme Fiola, pittoresque, sauve un peu le roman. Et la ceinture fléchée? C’est dans celle-ci qu’Albert Martineau cache ses trésors. Et pourquoi cette cachette? Tenez-vous bien : « La ceinture fléchée nous vient des pionniers, des coureurs des bois qui ont bâti notre pays. Les diamants, ce sont les exploits intrépides de ces ancêtres fiers qui rendent riche et lourde cette ceinture dont s’enorgueillissent tous les vrais Canadiens français. » Ainsi se termine le roman.



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