16 juillet 2009

Contes et Croquis

Damase Potvin, Contes et Croquis, Paris-Tournai, Casterman, 1932, 126 pages.

Potvin présente six petits tableaux du Québec rural de son époque.

« Matin d’été dans un village de colonisation »
On assiste au lever du jour, à l’ « heure du train », au départ vers l’église, aux activités qui ont lieu avant la messe (aller au magasin général, se faire couper les cheveux ou arracher une dent), à la messe, à la sortie de l’église, à la criée, enfin au retour vers les rangs.

« En route »Après une courte histoire des anciens sentiers de la Nouvelle-France, Potvin nous amène avec lui sur une route de campagne : il décrit les paysages traversés (les forêts, les champs), certains objets (la croix de chemin, les poteaux télégraphiques et téléphoniques), certaines gens rencontrés (des paysans, des paysannes, des écoliers, un facteur….)

« Au cimetière »
L’auteur crée une petite mise en scène autour d’une famille qui a perdu « son » grand-père : en ce jour de la Toussaint, la tradition veut que la famille se rende à l’église en après-midi pour réciter des prières avec le prêtre, qu’elle aille ensuite au cimetière prier sur la tombe des ancêtres. L’auteur en profite pour souligner l’importance de conserver l’héritage des ancêtres qui ont bâti le pays.

« Messe de Minuit au chantier »
C’est Noël. Après s’être confessés et avoir assisté à la messe, grâce à la venue d’un missionnaire, les bûcherons festoient. Ils mangent un lourd repas, entre autres de la « viande de bois », puis ils chantent et se racontent des histoires drôles, des contes. Le récit parle brièvement de Jacques Duval, un personnage déjà aperçu dans Le Français.

« Rappel de souvenirs »
En 1918, Potvin habite dans la haute-ville de Québec, près des plaines d’Abraham. Alors qu’il travaille son potager, un flot de souvenirs lui viennent en tête. Là où il bèche, les soldats de Montcalm, de Wolfe, de Lévis, de Montgomery sont passés. Il évoque aussi d’autres faits qui appartiennent à la petite histoire, comme les crimes du gang de Cambray, ce qu’Eugène L’Écuyer a raconté dans La fille du brigand.

« Aux noisettes »
À la fin d’août, c’est le temps des noisettes. Les jeunes se rendent au bout des champs, dans le trécarré, là où coule un petit ruisseau. Quand ils ont empli leur sac, ils peuvent sortir leur ligne et pêcher quelques truites.

Ces six tableaux sont aussi parus dans le recueil « Sur la grand’route » qui date de 1927. Présentent-ils encore un quelconque intérêt? Pas vraiment. Ils n’ont pas une grande qualité littéraire et Potvin n’est pas assez précis pour que la dimension ethnologique soit enrichissante.

Extrait
Quant aux noisettes?...
Avant le souper, nous sommes allés les enfouir dans de grands trous que nous avions creusés au préalable, derrière la grange, et nous les avons recouvertes de mousse humide et de terre mêlées de paille. Pendant huit jours leur rude écorce va pourrir là ; après quoi, on les roulera entre deux larges planches pour séparer, comme dans un crible, la paille du grain, la pulpe pourrie et fanée de l'enveloppe; et les noisettes jaunes et lisses, nettes, que nous compterons par cent dans de petits sacs que nos mères ont cousus, nous les vendrons au village dix sous le sac de mille. Oh ! le premier argent gagné si plaisamment ! Et les truites... les jolies petites truites rouges du ruisseau de la coulée ? Elles étaient dégustées, le soir, au souper, rôties à point dans du beurre, après avoir été, auparavant, roulées dans de la bonne farine de blé.

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