16 avril 2009

Propos rustiques

Camille Roy, Propos rustiques, Montréal, Beauchemin, 1924, 121 pages. (Collection Dollard) (1re édition : 1913)

La plupart des textes qui composent ce recueil sont parus dans Propos canadiens. La plupart ont été écrits pour des journaux, d’où leur intérêt très variable. Le recueil contient un texte célèbre « Le vieux hangar » (texte qui a inspiré les Rivard, Groulx...), plusieurs autres liés au souvenirs de l'auteur et quelques écrits de circonstances.

Le vieux hangar
Le vieux hangar, qui a longtemps servi de fournil et de maison d’été, pleure son abandon depuis que les propriétaires ont construit une cuisine d’été attenante à la maison. Lui qui fut témoin de l’histoire de cette famille, le voici « condamné ».

Un journal au foyer
D’abord, de façon un peu étonnante, Roy proclame que « le journal est une force, et la plus grande qui soit en nos modernes sociétés ». Roy raconte que voici 25 ans (donc à la fin du XIXe siècle), dans les campagnes, les gens se réunissaient chez un abonné pour entendre lire le journal. Il dénonce le « jaunisme » de plus en plus présent dans les journaux de son époque.

Leçon des vacances
Les vacances ont beaucoup à apprendre à un écolier. D’abord, elles lui font découvrir la valeur de son travail : s’il a bien bossé durant l’année scolaire, il profitera, le cœur léger, de ce moment de repos. Par ailleurs, ces vacances sont l’occasion de s’approcher de la nature, d’en retirer des leçons de vie.

Vieilles cloches, vieilles églises
À l’occasion de l’érection d’un nouveau temple à Saint-Vallier, Roy en profite pour nous raconter l’importance de l’église pour les gens de la campagne. Lieu de dévotion, mais aussi lieu de rencontres sociales. « Ce fut, en effet, pour la paroisse de Saint-Vallier, un grand deuil et une grande joie que la journée du quinze novembre dernier. On y fermait un vieux temple tout usé et décrépi, et l’on y ouvrait un sanctuaire neuf, rayonnant de l'éclat, de la grâce d'une fraîche parure. La vieille église était abandonnée, là, près du rivage, où depuis deux cents ans, modeste et un peu solitaire, elle gardait la terre et les flots ; et une église nouvelle, fixée au cœur du village, imposante, monumentale, riche, vraiment digne des généreux paroissiens qui l'ont élevée, appelait, accueillait en sa nef large, pleine de lumière, ceinturée d'élégantes colonnes et voûtée de caissons dorés, la foule qui y devra désormais s'agenouiller et prier. // Mais les choses vieilles qui s'en vont, ont des charmes irrésistibles, de secrètes attirances ; elles nous sont plus chères que les choses »

L’esprit paroissial
Les paroissiens de Saint-Denis-de-Kamouraska fêtent les 25 ans de leur curé, Camille Brochu. L’auteur vante l’esprit paroissial de cette petite communauté.

Dans les Bois-Francs
S’inspirant d’un petit livre écrit par un prêtre colonisateur, Trois souvenirs (1852) de l’abbé Charles Trudelle, Roy raconte les débuts de Plessisville, autrefois nommé Somerset. Il décrit surtout le terrible marécage que les colons devaient traverser pour s’y rendre, marécage qui en aurait englouti plus d’un.

Noël rustique
Roy raconte sa première messe de Minuit. Cette année-là, la paroisse de Berthier avait renoncé à ses « modestes traditions » et s’était payé « le luxe des plus extravagants progrès ». L’église remisait les chandelles et accueillait les lampes à pétrole et un harmonium qui accompagnerait les chants rituels. L’auteur déplore que la venue des lampes à pétrole va tuer une ancienne tradition : la quête des chandelles. Un peu avant Noël, les jeunes gens battaient la campagne et ramassaient des chandelles pour la messe de Minuit. Du même coup, les jeunes hommes en profitaient pour « goûter aux croquignoles que préparait pour Noël et le jour de l’an la jeune fille de la maison ».

Pensées pour le 24 juin
Il semble que l’élan patriotique entourant la Saint-Jean-Baptiste soit en baisse. Roy propose un programme pour le ressusciter. « Persuadons d'abord le Canadien des campagnes qu'il doit prendre congé ce jour-là. Invitons-le ensuite à assister à une grand'messe qui sera chantée à neuf ou dix heures, tout comme le dimanche, et rappelons-lui bien au sermon que nos origines nationales sont essentiellement religieuses, que notre histoire est toute pénétrée de christianisme, que nous avons le grave devoir de garder la vertu et la foi des aïeux, et que nous serions coupables du crime de lèse-patrie le jour où nous voudrions nous éloigner du prêtre et de l'autel. »

Petit livre inégal, très peu littéraire. Roy devient intéressant quand il raconte ses propres souvenirs, moments trop rares, hélas! Si vous vous intéressez à la « petite histoire », peut-être y trouverez-vous quelques objets dignes d’intérêt. Sinon…

Camille Roy sur Laurentiana

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