21 décembre 2007

Noël d'antan (11)

CHANT DE NOËL

J'adore ta venue, enfant, frères des mondes,
Œuvre de votre amour, ô Père, ô Saint Esprit!
Sublime Agneau, victime et sauveur, Jésus-Christ,
Dont le front doit bleuir à nos douleurs profondes.

Je t'adore, ô Promis de toute éternité,
Je t'adore en mes cris, je t'adore en ma joie;
D'une âme que le feu de ses désirs rougeoie
Je t'adore en mon rêve et mon humanité.

Je t'adore!... Car j'ai compris ton beau sourire :
Sur ta lèvre divine où ses plis sont posés
Comme en un grand miroir, bouche et traits convulsés,
Le Prodige inouï du Calvaire se mire...

Ô divin Rédempteur! Flambeau des paradis
Que la chair et la vie agitent devant l'Être;
Ô Sauveur! Apprends-moi ce que je dois connaître
Pour dompter la chimère et ses envols maudits.

Car je veux, avec Toi, grandir dans l'humble enceinte;
Comme Toi, je veux mettre à mon front le roseau;
Je veux m'agenouiller auprès de ton berceau,
Pour expirer plus tard aux pieds de la Croix Sainte.

(Arthur de Bussières, Les Bengalis, 1931)

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