20 juillet 2007

Les Rêves des chasseurs

Marius Barbeau, Les Rêves des chasseurs, Montréal, Beauchemin, 1955, 117 p. (1re édition 1942) Illustrations de Phoebé Thomson et Marjorie Borden.

Marius Barbeau est le père de l’ethnologie québécoise. Au début de sa carrière, il s’intéresse surtout aux cultures amérindiennes, dont celle des Tsimshians, ce qui nous a valu l’extraordinaire Rêve de Kamalmouk. En 1914, il rencontre le grand anthropologue américain Franz Boas qui l’incite à recueillir les contes populaires et les chansons folkloriques des Canadiens français. Il parcourt les environs de Québec, Charlevoix, Kamouraska, sa Beauce natale…

Dans Les Rêves des chasseurs, on retrouve neuf de ces contes (trois ne sont pas datés). Par exemple, le premier, celui qui a donné son titre au recueil, a été recueilli à Lorette en 1912. Le conteur était Mme Prudent Sioui.

Vous ne trouverez ni diable danseur, ni revenant, ni chasse-galerie dans ces contes. Ce ne sont pas des contes fantastiques, auxquels on associe souvent le folklore québécoise. Ce sont des contes merveilleux, la plupart dans la tradition de Perrault, avec des princes et des châteaux, des objets magiques, des sorciers, des fées et des magiciens…

Je ne vais résumer que le plus long, « Prince, la nuit ». C’est l’histoire d’un prince qui, suite à un sortilège, se transforme le jour en bête féroce et redevient prince à la nuit tombée. Un jour, un paysan se présente dans son jardin et cueille sans permission un bouquet de roses pour sa fille Cadette. Le prince l’intercepte et lui donne un an pour lui amener sa fille sinon elle mourra. Le paysan s’exécute. Cadette s’attache à ce prince et vice versa. Une vilaine sorcière, jalouse, veut rompre le charme des amoureux. Par un sortilège, elle transporte le prince et son château sur la Montagne vitreuse. La jeune fille part à sa recherche, doit subir plusieurs épreuves, affronter la méchante sorcière, qui s’est transformée en princesse afin d’épouser le prince, déjouer toutes ses ruses, avant de reprendre le cœur de son bien-aimé. Ce conte a été raconté en 1915 par Achille Fournier de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, dans Kamouraska.

En guise d’extrait, je présente le premier conte, le plus court et le plus illustré, même s’il n’est pas tout à fait représentatif du conte de fées auquel appartiennent la plupart des contes.










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