(Sous la direction d’Henri Rivard), de St-Denys Garneau, Montréal, Fides, 1993, 205 pages. (Illustrations : 35 lithographies de l’auteur photographiées par Michel Pilon.)
En 1993, Henri Rivard et les éditions Fides ont publié une édition de luxe de Regards et jeux dans l’espace.
On y a ajouté un texte d’Anne Hébert, « Saint-Denys Garneau parmi nous », pour présenter le poète. Elle reprend la thèse habituelle du poète incompris dans « le désert et la nuit d’un pays fermé ». Ce qui me semble plus neuf dans cette présentation, c’est le paragraphe qui porte sur le lien entre Garneau et l’espace :
« Saint-Denys Garneau rêvait d'habiter le paysage de fond en comble, de tout son corps, de toute son âme, de la crête des arbres au plus profond de la rivière, de surprendre les secrets des arbres et de la rivière, de s'y fondre comme dans son propre secret révélé. Il scrutait la moindre avance, le moindre recul de la lumière sur le paysage, ainsi qu'en lui-même il suivait le passage, allant venant, de la grâce de vivre se donnant et se reprenant. Sainte-Catherine, Baie-Saint-Paul, Oka. Tout pays visité et reconnu. « C'est un peintre qui part en rêve qui part en chasse. » La forme et la couleur, la plus petite respiration de la lumière sur la campagne, le plus infime repli des ténèbres dans son propre cœur d'homme sollicitaient Saint-Denys Garneau et réclamaient parole et chant. Sa double réponse à la vie foisonnante en lui et autour de lui était de peintre et de poète. Il écrivait des poèmes, il peignait des toiles. La terre était devant lui, exigeante et pleine. Il voulait vivre à égalité avec la profonde terre, sans rien en lui qui se refuse et se retire. Un corps à corps avec la terre prodigue. Il a tenté cela dans un monde hostile, avec au plus creux de l'âme la condamnation grandissante du jansénisme qu'on lui avait inculqué depuis son premier souffle. Il a vécu cela jusqu'à l'éclatement de sa vie. »
Cette édition est illustrée de 35 tableaux de l’auteur. Garneau est moins « moderne » en peinture qu’il l’est en écriture. On découvre l’influence des impressionnistes, à commencer par Cézanne et Van Gogh, peintres qu’il admirait. Ce sont, dans la plupart des cas, des paysages, des « esquisses en plein air ». Ces tableaux illustrent surtout le côté lumineux du poète.
Sur la page de couverture, la toile s’intitule « La liseuse ». Ci-dessous, quatre autres tableaux de l'auteur.
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| Les pommiers en hiver |





3 commentaires:
Du temps de ma vie de libraire, j'avais feuilleté ce livre avec émotion...
Peut-être qu'un jour je le retrouverai au hasard de mes promenades dans les librairies d'occasion...
J'ai regardé dans votre blogue, essayant sans succès de trouver la lectrice de Garneau. Je pourrais vous la numériser si elle n'y est pas.
Oh cela me ferait grand plaisir, je vous envoie mes coordonnées par courriel.
Merci Jean-Louis!
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