8 octobre 2012

Perdre la tête



Roland Lorrain, Perdre la tête, Montréal, Les romanciers du jour, 1962, 188 p.

Dans les « eaux rapides de la rivière des Prairies », le juge Boisclair possède une île. Les Boisclair passent les six mois d'été sur cette île enchantée, avec des domestiques qui veillent sur eux. La mère, catholique rigoureuse, tient la dragée haute à sa fille Martine (plus de 21 ans) et à son fils Michel (18 ans). L’honneur de la famille ne saurait souffrir d’aucune tache. Martine, qui est au centre de l’histoire, a eu quelques relations amoureuses qui ont tourné à rien. C’est une fille très sensible (elle pleure à tout propos, s’évanouit) qui ne se contente pas de la vie conformiste de ses parents. Elle finit par se fiancer à Adrien (pourquoi pas lui?), fraîchement reçu médecin, avant de rompre quand elle s’aperçoit qu’il est trop rigide. 

En face de leur île s’en trouve une autre, presque sauvage, l’île verte. Là habite, vivant en étranger, Jacques Lahaise. L’ayant vu une fois lors d’un concert, Martine croit qu’il pourrait être l’homme de sa vie. Compte tenu de sa réputation de libertin, sa mère lui défend de l’approcher. Martine provoque une rencontre qui ne se déroule pas très bien mais qui la confirme dans son sentiment amoureux. Elle est sûre que Jacques éprouve la même chose pour elle. Un jour, il plie bagage sans avertir et prend un bateau pour l’Europe. Sans lui en parler, Martine prend l’avion et va l’attendre au port où son bateau doit accoster. 

Les deux filent le parfait bonheur jusqu’à ce que Martine découvre qu’il est infidèle, ce dont il l’avait prévenue. Furieuse et blessée, elle rentre au Québec et revient chez ses parents. Elle est enceinte et il n’en sait rien.  Sa grossesse est très difficile. Elle perd un peu la raison et tente même de tuer son bébé. La vieille domestique de la maison propose de l'adopter afin de lui éviter la crèche. Finalement, quand Jacques revient sur son île, sans avoir compris pourquoi Martine l’avait quitté, c’est Michel, le frère de Martine, qui rétablit les ponts entre eux.

Ce roman donne une assez bonne idée du climat moral qui prévalait dans la société québécoise avant la Révolution tranquille. On mesure toute l’importance de la morale religieuse, en même temps, on voit quelques marginaux qui réussissent à se libérer de cette emprise. Perdre la tête décrit bien l’esprit de la haute bourgeoisie. Il faut coûte que coûte préserver son rang social, surtout aux yeux des autres grands bourgeois. Et cette tâche ingrate incombe davantage aux mères qu’aux pères. On nous présente un curé assez ouvert, avant-gardiste même pour l’époque. Il me semble que le caractère de Martine est forcé : cette fille décidée tombe amoureuse d’un homme qu’elle n’a pour ainsi dire jamais vu. Je regrette que le roman finisse par sombrer dans le mélodrame; le rendu du contexte social, la description des lieux me semblent très justes.

Extrait
Martine s'attarda à considérer, pour réprimer son émotion, l'élégant yacht blanc où, pensa-t-elle, quelque amie intime connaissait, sans doute, les baisers et les caresses du propriétaire, au cours de glissements ronronnants dans la nuit. Puis elle s'était mise à monter lentement le sinueux escalier de pierre.
Elle s'efforçait de remplir ses yeux d'une assurance tranquille quand, arrivant en haut de l'escalier après un dernier tournant, elle se heurta à M. Lahaise qui partait. Elle cria, rougit violemment et, tentant de se reculer, devint très pâle et vacilla. M. Lahaise la retint dans ses bras.
Quand elle fut remise, il la prit doucement par le menton, releva sa tête et, alors qu'elle bredouillait des excuses en essayant de se dégager, il l'embrassa avec lenteur, comme avec précaution.
Martine glissa dans un demi-évanouissement: ses lèvres se détachèrent de celles de M. Lahaise, traînèrent sur sa joue et s'arrêtèrent dans son cou où elles furent un moment inertes.
Le jeune homme, la sentant reprendre vie, l'entendit balbutier :
— Il faudrait que je m'assoie un peu, s'il vous plaît.
Il la mena à un banc sous un pin, à quelques pas de là. Martine ferma les yeux.
M. Lahaise la considéra d'un air un peu embarrassé, puis demanda:
— Dois-je aller chercher des sels, mademoiselle? Elle fit signe que non, rouvrit les yeux, retrouva ses couleurs et se mit à regarder fixement au loin, vers le mont Royal, au bout de la rivière. Ses lèvres étaient dures, son visage sévère. Elle était incapable de prononcer le moindre mot.
— Excusez-moi, dit M. Lahaise. Alors Martine fondit en larmes.
M. Lahaise s'assit près d'elle, l'enlaça et attendit. Elle se calma et sourit à la fois comme une enfant consolée et une amoureuse avisée :
— J'ai été bien sotte, dit-elle; le brusque changement de la température m'a rendue nerveuse.
M. Lahaise eut un air mi-tendre mi-narquois et répondit :
— Une sottise bien flatteuse pour ses victimes. Martine rougit de nouveau un peu et s'ébroua de la tête, à sa manière habituelle:
— J'étais venue pour vous remercier encore de m'avoir sauvé la vie... Mais je vous ai dérangé, je pense. (pages 114-115)

5 octobre 2012

Visage de fièvre

Viviane Da Silva, Visage de fièvre, Montréal, Cercle du livre de France, 1960, 217 pages.


Claudie, 18 ans, veut faire du théâtre. Elle est en pamoison devant Anne, une jeune comédienne vedette. Son admiration se transforme même en amour. Anne, manipulatrice, entretient ce sentiment. Claudie lui demande de faire son éducation sexuelle. Anne lui présente Vincent, un de ses amants. C’est un jeune peintre qui est aussi concepteur de décors. Claudie, bien qu’attirée par Vincent, le repousse pour demeurer fidèle à Anne. Quant à Vincent, il ressent une vive attirance pour Claudie. Survient un troisième personnage, Alain, un metteur en scène réputé, 40 ans, marié, contrôlant. Il tombe amoureux de Claudie. Pour la conquérir, il décide de lui confier le rôle principal de sa prochaine pièce. Claudie, si peu sûre d’elle, trouve en lui un protecteur et accepte son amour (platonique ou presque). Anne qui a toujours désiré jouer sous la houlette d’Alain est jalouse. Arrive la première. Malgré des actions malicieuses d’Anne pour perturber Claudie, la jeune fille joue avec brio et est acclamée. Elle repousse Vincent et choisit de profiter de ce soudain vedettariat qui lui tombe sous la main. Elle reste avec Alain.

J'ai beaucoup de difficultés à croire aux personnages de ce genre de roman. Il me semble que les motivations psychologiques que l’auteure s’efforce de nous donner pour expliquer leur comportement ne tiennent pas la route. En fait, je ne crois pas aux personnages. (Homme de peu de foi!) Claudie apparaît comme la jeune proie et les trois autres comme des prédateurs qui ne demandent qu’à la croquer. Da Silva nous présente une bien piètre image du milieu théâtral : les rivalités intimes prennent le pas sur le travail professionnel. 

Extrait
Après avoir bien soudoyé Line, il restait à Anne un travail personnel à accomplir, pour mettre au point le plan qu'elle préparait contre Claudie. Et ce travail personnel lui apparaissait aussi important que l'intervention de Line. Particulièrement depuis qu'Anne avait remarqué la bonne entente qui semblait régner entre Claudie et Vincent. Anne savait que rattachement de Claudie pour le jeune peintre était plus profond qu'elle ne le laissait paraître. Par ailleurs, Vincent n'avait jamais caché son amour à Claudie et celle-ci ne pouvait manquer d'éprouver quelqu'émotion en sa présence.
Détruire chez Claudie la foi en la sincérité de Vincent et aussitôt, elle si prompte à douter de tout, retrouverait aisément son désespoir et sa crainte de la vie. Quelques mots bien choisis et placés au bon moment pourraient détruire toute l'assurance encore fragile de Claudie et compromettre irrémédiablement son contrôle d'elle-même. Voilà exactement ce qu'Anne désirait : attaquer chez Claudie ses points les plus faibles ! Cela cependant pouvait s'avérer difficile à réaliser. Anne aurait voulu s'afficher ostensiblement avec Vincent. Or celui-ci passait presque tout son temps au théâtre et Alain n'acceptait pas de curieux aux répétitions, surtout pas elle ! (p. 173)


1 octobre 2012

Les enfants qui s'aiment


Claire France [Pseud.: Claire Morin], Les enfants qui s'aiment, Montréal, Beauchemin, 1959, 252 pages. (1re édition : Paris, Flammarion, 1956)

Annik, une jeune Québécoise, a convaincu ses parents de l’envoyer faire ses études classiques en France. Elle vit dans une pension. La directrice de l’école la met en contact avec une famille française qui accepte de l’accueillir pendant ses jours de congé. Dans cette famille se trouve un adolescent de son âge : André. C’est le coup de foudre. Voici le début du roman :

« Il s'appelait André. Comme il était beau, grand et fort pour son âge, avec un tel fouillis de boucles brunes et des yeux tout pleins d'or! J'aimais l'ocre de ses joues, le petit creux bleuté de ses tempes, la ligne fière de ses sourcils, son nez droit et ses dents blanches. Rien de lui ne me semblait ordinaire ou banal: ni le muscle adolescent de son cou, ni sa voix indécise de l'âge ingrat, ni la grâce de son profil.
Je le vis pour la première fois dans le salon de ses parents, à Paris, un soir de janvier. Et — c'est bête, les filles — j'étais contente que mon pull soit du même bleu que le sien.
Nous étions assis l'un près de l'autre, tout à fait par hasard. Par hasard aussi, il décida de me montrer son histoire de la Grèce. Mais j'étais si impressionnée par sa présence que tout ce que je pus penser des Grecs, c'est qu'ils étaient certainement moins beaux que lui. J'éprouvais une sorte de timidité intéressante. D'ailleurs, André aussi était timide. A trois reprises, je vis qu'il rougissait et, pas une seule fois, il n'avait osé soutenir mon regard.
Pourtant, les parents nous aidaient à nous montrer désinvoltes. Ils étaient gentils, les parents et, heureusement, habillaient cette heure étrange d'une conversation  normale,  la  coupaient  d'un  goûter, l'aéraient au frisson du réel. André et moi restions pourtant secrètement à l'écart, si conscients l'un de l'autre que nous avions maintenant l'air de  nous ignorer. Il ne m'adressait jamais la parole et je rougissais furieusement   à  chaque   fois   que   je   me croyais tenue de lui parler. Il ne fut naturellement question entre nous que d'études. Je sortis de chez lui en emportant son adieu trop froid, qui me laissait malgré tout, et je ne savais pourquoi, une promesse. Je courus jusque chez moi. La rue avait des diamants plein  ses fenêtres.  J'aimai les escaliers de ce soir-là bien plus que d'habitude. Je m'enfermai dans ma chambre... André! Mon cœur battait encore de sa poignée de main. J'allai vers la glace; je voulais me voir avec son regard. M'avait-il trouvée jolie? Je nattai mes cheveux noirs. J'avais encore des étoiles dans les yeux. Je me trouvai belle du désir de l'être. » (p. 9-11) 

Comme ils fréquentent le lycée, on peut en déduire qu’ils ont environ quinze ans. Leur idylle toute platonique va durer une dizaine de mois : elle commence en janvier et se termine en septembre, lors de la rentrée scolaire de l’année suivante. Ils vont au plus se tenir la main et échanger quelques baisers. Les parents finissent par découvrir ce qui se passe et prennent des moyens pour les séparer, sans les brusquer. André est envoyé en pension. On peut même penser que les deux jeunes leur en savent gré tant cet amour devient  difficile à porter. 

Les enfants qui s'aiment  a connu beaucoup de succès. Il a été traduit en anglais et en allemand. Il a connu plusieurs éditions en livre de poche. C’est un roman très sentimental, comme il se doit, les protagonistes étant très jeunes. Il reflète les valeurs d’une époque, où les amours adolescentes étaient mal vues. D’ailleurs, la jeune fille en éprouve de la culpabilité et lutte contre ce sentiment qui entame sa pureté et son enfance auxquelles elle s’accroche de toutes ses forces. Elle va même jusqu’à se punir. 

Claire France
Claire Morin doit le succès de son roman à son écriture élégante, mais aussi à l’efficacité de l’analyse psychologique. Elle choisit une narratrice qui raconte avec le recul des années cette aventure, ce qui lui permet d’entrer dans la psychologie des personnages.  Il faut dire enfin que Les enfants qui s'aiment se veut un hymne à la France: la Bretagne, Versailles, le bois de Vincennes, Notre-Dame-de-Paris…et plus particulièrement, la ville de Paris.

Le titre est emprunté à un poème de Prévert. Juliette Gréco et Yves Montand l’ont chanté.



C’est Claire France qui aurait introduit Marie-Claire Blais chez Beauchemin

18 septembre 2012

Légendes du nord-ouest


Dugast M. (Georges Dugas), Légendes du nord-ouest, Montréal, Librairie Saint-Joseph, Cadieux & Derome, 1883, 141 p.

La crainte de l'enfer
Tourangeau, comme beaucoup de voyageurs, a épousé une Indienne et n'est jamais revenu au Québec. Il vit avec elle et ses enfants près du Lac Athabasca. Un jour, sa femme entend un autre voyageur qui parle de l'enfer. Elle en éprouve une telle crainte qu'elle exige de son mari qu’il l’amène à Rivière-Rouge pour y recevoir une éducation chrétienne.

Bataille de soixante et sept Métis contre deux mille Sioux, en 1851
Les 13 et 14 juillet 1851, 67 Métis partis à la chasse sont attaqués par 2000 Sioux sur le pied de guerre. Ils vont se regrouper autour de leurs charriots et résister pendant deux jours aux attaques des Sioux qui finissent par abandonner faute de munitions.

Une leçon de pugilat
Un curé, immense, nouvellement arrivé à Fort William (Lac Supérieur), décide de mettre fin aux combats que se livrent les voyageurs en empoignant les deux pugilistes et en les secouant l’un contre l’autre.

Légende de la femme sauvage
Le jeune chef des Corbeaux, poursuivi par des Pieds noirs, abandonne sa femme pour accélérer sa fuite. Quelques jours plus tard, en passant inaperçu, il se glisse dans le camp des Pieds noirs pour reprendre sa femme. Elle lui dit de l’attendre dans un petit bois tout près.  Insultée que son mari l’ait abandonnée, elle le dénonce, les Pieds noirs s’en emparent et le torturent au grand plaisir de sa femme. Il est laissé pour mort, mais s’en tire. Quelque temps plus tard, avec ses compatriotes, il attaque le camp des Pieds noirs, s’emparent de sa femme et la brûle. 

Voyage de 1800 milles à pied, fait par Jean-Baptiste Lajimonière dans l'hiver de 1815
Dugas raconte le long et difficile voyage de Lajimonière, un coureur de bois renommé, du Manitoba jusqu’à Montréal, pour le compte de la compagnie de la Baie d’Hudson. On l’a chargé d’un message pour lord Selkirk.  Il doit lutter contre le froid, la faim mais aussi se méfier des agents de la compagnie du Nord-Ouest. Il sera finalement intercepté sur le chemin du retour, avant d’être libéré quand la compagnie d’Hudson s’empare du fort Douglas.

Légende du fort Garry
Le fort Gary occupa beaucoup de place dans la vie des Métis. C’est là qu’ils formèrent les premiers mouvements d’opposition contre le joug britannique. Ils réclamaient la liberté du commerce,  monopole de la compagnie du Nord-Ouest. Le père de Louis Riel devint leur chef. 

Massacre de la rivière Saint-Pierre
En 1861, dans le Minnesota, les Sioux massacrent tous les habitants des alentours de la rivière Saint-Pierre, prétextant que les grands esprits leur ont commandé ces actes barbares.

Marguerite Trottier, scalpée par les Sioux
En 1808, six hommes qui se rendent du fort Qu’Appelle au fort Gibraltar sont attaqués par des Sioux. Parmi eux se trouvent un certain Jutras qui travaille pour la compagnie du Nord-Ouest, sa femme indienne Marguerite Trottier, et son enfant. Quatre hommes sont tués sur le coup et deux réussissent à fuir, dont Jutras, abandonnant femme et enfant. On retrouve sa femme scalpée et à moitié mourante et l’enfant, mort. Elle survivra, mais quittera son mari.

Ce n’est pas un ouvrage littéraire. Ce ne sont pas aussi des légendes au vrai sens du terme. Dugas (1833-1928) raconte une série d’anecdotes, plusieurs très cruelles, qui font partie de la petite histoire de l’Ouest canadien. La plupart se sont passées avant sa venue dans l’Ouest. D’ailleurs, il cite à quelques reprises ses sources. Il y ajoute quelques considérations générales sur la vie de ces pionniers, sur les batailles entre les deux grandes compagnies, sur les exactions des Indiens (vus très négativement). On apprend peu de choses de la vie quotidienne des Métis, quelques bribes d’histoire par-ci, un peu d’ethnologie par-là, mais rien de plus. Sous son vrai nom, Dugas a écrit en 1890 un deuxième recueil de Légendes du Nord-Ouest  (même titre, ce qui peut prêter à la confusion).

Extrait
De tous les voyageurs canadiens du N.-Ouest, tin des plus remarquables marcheurs connus, a été sans contredit J.-Bte Lajimonière. Il entreprit et accomplit des courses dont le récit paraîtrait incroyable, si des témoins encore vivants n'étaient pas prêts à en affirmer la vérité. Une chose peut-être aussi étonnante que sa force pour supporter la fatigue, ce fut son coup d'œil pour se diriger à travers les bois et le désert vers le point où il voulait aller. Au dire d'un ancien bourgeois des compagnies, M. McKenzie, J.-Bte Lajimonière n'a jamais trouvé, même parmi les sauvages, qui semblent doués de l'instinct des animaux les plus sagaces, un homme pour s'orienter aussi bien que lui. Il savait, après plusieurs jours de marche dans diverses directions, revenir droit au point d'où il était parti. Aussi, pour expédier un message, avait-on la plus grande confiance en lui, car il était aussi brave et hardi que courageux et entreprenant.
En l'année 1815, J.-Bte Lajimonière, après avoir habité tantôt à Pembina, tantôt à la Saskatchewan, puis de nouveau à Pembina, s'était enfin bâti une petite cabane sur les bords de l'Assiniboine, pour lui et sa famille. Il y vivait de pêche et de chasse, quand, un jour, un des premiers employés au fort Douglass l'invita à venir le voir pour une affaire très importante. Cet employé se nommait Collin Robinson.
Depuis deux ans les compagnies du N.-Ouest, et de la Baie d'Hudson étaient en lutte ouverte. Les forts, qui étaient voisins, s'épiaient nuit et jour pour arrêter les messages et saisir les lettres, et découvrir les machinations d’une compagnie contre l’autre. (p. 66-68)