5 octobre 2012

Visage de fièvre

Viviane Da Silva, Visage de fièvre, Montréal, Cercle du livre de France, 1960, 217 pages.


Claudie, 18 ans, veut faire du théâtre. Elle est en pamoison devant Anne, une jeune comédienne vedette. Son admiration se transforme même en amour. Anne, manipulatrice, entretient ce sentiment. Claudie lui demande de faire son éducation sexuelle. Anne lui présente Vincent, un de ses amants. C’est un jeune peintre qui est aussi concepteur de décors. Claudie, bien qu’attirée par Vincent, le repousse pour demeurer fidèle à Anne. Quant à Vincent, il ressent une vive attirance pour Claudie. Survient un troisième personnage, Alain, un metteur en scène réputé, 40 ans, marié, contrôlant. Il tombe amoureux de Claudie. Pour la conquérir, il décide de lui confier le rôle principal de sa prochaine pièce. Claudie, si peu sûre d’elle, trouve en lui un protecteur et accepte son amour (platonique ou presque). Anne qui a toujours désiré jouer sous la houlette d’Alain est jalouse. Arrive la première. Malgré des actions malicieuses d’Anne pour perturber Claudie, la jeune fille joue avec brio et est acclamée. Elle repousse Vincent et choisit de profiter de ce soudain vedettariat qui lui tombe sous la main. Elle reste avec Alain.

J'ai beaucoup de difficultés à croire aux personnages de ce genre de roman. Il me semble que les motivations psychologiques que l’auteure s’efforce de nous donner pour expliquer leur comportement ne tiennent pas la route. En fait, je ne crois pas aux personnages. (Homme de peu de foi!) Claudie apparaît comme la jeune proie et les trois autres comme des prédateurs qui ne demandent qu’à la croquer. Da Silva nous présente une bien piètre image du milieu théâtral : les rivalités intimes prennent le pas sur le travail professionnel. 

Extrait
Après avoir bien soudoyé Line, il restait à Anne un travail personnel à accomplir, pour mettre au point le plan qu'elle préparait contre Claudie. Et ce travail personnel lui apparaissait aussi important que l'intervention de Line. Particulièrement depuis qu'Anne avait remarqué la bonne entente qui semblait régner entre Claudie et Vincent. Anne savait que rattachement de Claudie pour le jeune peintre était plus profond qu'elle ne le laissait paraître. Par ailleurs, Vincent n'avait jamais caché son amour à Claudie et celle-ci ne pouvait manquer d'éprouver quelqu'émotion en sa présence.
Détruire chez Claudie la foi en la sincérité de Vincent et aussitôt, elle si prompte à douter de tout, retrouverait aisément son désespoir et sa crainte de la vie. Quelques mots bien choisis et placés au bon moment pourraient détruire toute l'assurance encore fragile de Claudie et compromettre irrémédiablement son contrôle d'elle-même. Voilà exactement ce qu'Anne désirait : attaquer chez Claudie ses points les plus faibles ! Cela cependant pouvait s'avérer difficile à réaliser. Anne aurait voulu s'afficher ostensiblement avec Vincent. Or celui-ci passait presque tout son temps au théâtre et Alain n'acceptait pas de curieux aux répétitions, surtout pas elle ! (p. 173)


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