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| Exemplaire de l'U. Laval |
En collaboration, Des poètes canadiens vous parlent du Canada, Rio de Janeiro, 1943, 191 p.
À l’instigation de Jean Désy (1893-1960) Ambassadeur canadien au Brésil (1941-1947) et dans d’autres pays.
« Une maison d’éditions françaises au Brésil vient de
publier, sans doute à l’instigation de notre ministre, M. Jean Désy, un choix
de poèmes canadiens destinés à révéler à la population brésilienne de culture
française un panorama sommaire de notre poésie. L’idée, est-il même nécessaire
de le souligner, est tout à fait heureuse et elle fait honneur à ceux qui ont
là un moyen excellent de nous faire connaître à l’étranger. Si la publicité
commerciale est en soi chose excellente, il est bon aussi de ne pas négliger la
propagande culturelle, à condition d’enlever à ce mot de propagande tout
élément détestable de coercition. Nos poêles sont au Brésil des ambassadeurs
désintéressés, nullement des placiers en épices!
J’imagine que le
choix des pièces insérées dans ce florilège a été fait au Canada. On a divisé
le recueil en sept catégories : liminaires, horizons, intimité de Dieu,
fantaisie, pierres, murs et ciments, du côté du cœur et saisons. Ces divisions
ne sont pas merveilleuses, mais c’est convenable. Certains poètes reviennent à
diverses reprises, sous telle ou telle étiquette. Et c’est ainsi qu’il est
impossible de ne pas formuler un grief assez sérieux. L’anthologue n’a pas fait
preuve de mesure ni d’équilibre. Ainsi, il a accordé au délicieux poète qu’est
Anne Hébert la part du lion: 33 pages, alors qu’Alfred Desrochers n’obtient que
deux pages et que Saint-Denys Garneau n’est même pas mentionné.
J’apprécie autant que quiconque le talent exceptionnel
d’Anne Hébert, mais là n’est pas la question; il ne s’agissait pas de publier
un choix de ses poèmes, mais une anthologie de la poésie canadienne-française.
Personne n’aurait vu de mal à écarter charitablement une sucrerie de Napoléon
Legendre, une loufoquerie sans conséquence de Benjamin Michaud, des vers
laborieux d’Alphonse Beauregard et une chronique rimée d’Ernest Tremblay.
Malgré ces réserves qui s’imposent, il est heureux que les Brésiliens apprennent par Desrochers et Beauchemin, Choquette et Hertel, Rina Lasnier et Simone Routier, Nelligan et Desaulniers, Paul Morin et René Chopin, Albert Lozeau et Roger Brien, que la poésie vit dans notre pays, qu’elle est même le genre littéraire où nous comptons le plus de réussites authentiques. » (Roger Duhamel, Le Devoir,17 juillet 1943, p. 6)


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