Georges Dor, Éternelles saisons, s.l., chez l’auteur, s.d. [vers 1955], n.p. (exemplaire no 92 dédicacé à André Paillette)
De toute évidence le recueil est de confection artisanale,
dactylographié plutôt qu’imprimé, format 8 ½ x 11, seulement recto, broché.
La première partie « Amour »
contient six poèmes qui évoquent les aléas d’un jeune homme amoureux, espoir,
rencontre, regrets, émerveillement, richesse.
LES
VOLEUSES
La
volée de mes mains
Tout autour de ta taille
Le
repos de mes mains
Sur tes hanches à peine
La
montée de mes mains
Vers tes épaules neuves
L’arrivée
de mes mains
Sur ton visage de nymphe
Et
ce tremblement de mes doigts
Qui déforme ta figure
Comme un mirage dans l’eau.
Ce
retour de mes mains
Tremblantes de souvenir.
Cette
chose qu’on garde
Dans le creux de ses mains.
Les cinq poèmes de la deuxième partie, intitulée « Jeunesse », sont
marqués par la désillusion, comme s’il avait été constamment trompé ou qu’il
n’avait pas su lire le monde autour de lui.
Les dix poèmes de la troisième partie, intitulée « Toujours », ne
parlent que de solitude, douleur, malheur et fuite avec, en contrepartie, le
désir de se battre.
Dans les huit poèmes de « Jamais », la descente
dans la désillusion s’accentue. On est en face d’un être dépressif qui semble
avoir abandonné :
NOS
ÂMES
Mon
existence est ennuyeuse
Comme un interminable chemin sans détours.
Comme
un songe lassé
D’être un songe.
J’ai
vécu le triste mensonge
L’affreux et pieux mensonge
Des rires qui fusent pour rien
Des larmes qui coulent en vain
De vains flots de larmes vaines
Des baisers fratricides.
On
s’aime et on se tue
L’âme.
Entre
frères et sœurs
On s’entre-tue on s’entr’aime
On se cherche avec les mains
On se cherche avec les yeux
Mais on ne trouve rien
Que ces meurtres accomplis!
Où
sont allées nos mains amoureuses ma mie?
Nous
n’avons plus d’amour
Et nos mains sont ternies.
Georges
Dor sur Laurentiana
Éternelles saisons
La mémoire innocente
Portes closes
Chante-pleure



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