22 mai 2020

Les rêves morts

Gaétane de Montreuil (Georgina Bélanger), Les rêves morts, s. l., Chez l’autrice, 1927, 64 pages.

Le premier poème donne son titre au recueil. Montreuil évoque un ami d’enfance dont elle semblait éprise (voir l’extrait). D’autres poèmes feront aussi état de cet amour resté embryonnaire.

Pour le reste, il n’y a pas d’inspiration uniforme. On y lit une légende indienne (La légende du lac au Fantôme), des poèmes qui célèbrent des lieux (Québec, les Rocheuses, la France, l’église St-Roch), des poèmes plus personnels (Rêve d’antan), des poèmes inspirés par la guerre (Les fiancés de la mort). Gaétane de Montreuil est avant tout une raconteuse et ses poèmes narratifs sont les plus intéressants. Elle affectionne les histoires tragiques et les raconte avec délicatesse : par exemple, lors d’une promenade avec son fils en pleine forêt, elle trouve une ancienne épitaphe de marbre sur laquelle est gravé le nom d’une jeune fille décédée à onze ans (Une tombe dans la forêt); dans Vieille histoire, elle raconte l’histoire d’une jeune fille devenue folle après que sa mère a tué son père.

Plusieurs poèmes sont dédicacés, toujours à des hommes, dont Rodolphe Lemieux et Lomer Gouin. Une certaine conscience féministe émerge sans plus. Tous les poèmes sont versifiés, le vers a le plus souvent douze pieds, et l’autrice n’utilise pas les formes fixes. Enfin, le style est très coulant, naturel.

Il y aurait eu deux « premières éditions » de ce recueil. L’autrice aurait détruit la première (celle que j’ai) pour des raisons obscures. La réponse ne semble pas résider dans les sept poèmes rejetés de la nouvelle édition. En effet, dans la réédition, il n’y aura que 17 poèmes, mais trois préfaces. (Voir le Catalogue de novembre 2019 de François Côté.)


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