12 juillet 2019

De l’aube au midi

Alonzo Cinq-Mars, De l’aube au midi, Québec, Édition de la Tour de Pierre, 1924, 122 pages.

Le recueil est très découpé. Huit parties suivent le poème liminaire. Déjà les titres nous fournissent un bon aperçu de ce qu’on va lire : Intimement, Au fil de l’heure, Amoroso, Religioso, Martiales, Provinciales, Chansons, Fantaisies.

Cinq-Mars, comme tant d’autres, commence par des excuses : « Mes amis, je m’accuse / d’avoir écrit des vers, / d’avoir vu l’univers / par les yeux de ma muse. » Intimement regroupe des poèmes écrits entre 1907 et 1924. Les sujets abordés vont des idées noires d’un jeune homme à l’attendrissement d’un père de famille devant ses enfants. Au fil de l’heure contient une série de poèmes de circonstances adressés à une personne précise. Dans Amoroso, on retrouve les motifs habituels de l’amour, du serment amoureux jusqu’à son effilochement, parfois sur le mode humoristique. « On dira que je suis bien tendre, / que mes vers sont trop amoureux / et que ce sont là de ces jeux / capables de me faire pendre. » Dans les quatre poèmes de Religioso, l’auteur témoigne de la force de sa foi. La guerre est toute récente et, dans Martiales, il rend hommage à ceux qui y ont participé : une chanson patriotique, une apologie aux héros disparus, une « action de grâce » pour saluer la victoire. Dans Provinciales, Cinq-Mars célèbre différents lieux qui lui sont chers, dont son village natal. « Je ne puis revoir ton hameau, / Saint-Edouard-de-Lotbinière, / sans que se mouille ma paupière / pour pleurer mon lointain berceau. » Suivent six chansons d’amour, légères et teintées d’humour, probablement mises en musique. « Au cou de Jeanne insolemment / S’en vint se poser une mouche. » Enfin, Fantaisies regroupe quelques poèmes disparates, eux aussi légers, dont cette adresse au lecteur qui vient clore le recueil : « Quant aux autres, moins indulgents, / qui n’en ont ont pas eu pour leur argent, / je compatis à leur désastre. // Qu’ils réclament donc sans façon; / mon éditeur est bon garçon : / il leur remettra bien leur piastre!  »

Cinq-Mars a 43 ans quand il publie ce recueil. Il a rassemblé des poèmes épars, écrits sur une période d’une vingtaine d’années, qu’il tente tant bien que mal de faire tenir ensemble.  De l’aube au midi évoque le mitan de la vie. Le recueil avait sans doute valeur de bilan pour l’auteur.


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