17 avril 2020

Mélodies poétiques


Albert Ferland, Mélodies poétiques, Montréal, P. J. Bédard, 1893, 141 pages.
(Préface des Rémi Tremblay et photo de l’auteur en frontispice).

Albert Ferland est né en 1872. Mélodies poétiques est son premier recueil. Poète autodidacte et illustrateur, il fera partie de L’École littéraire de Montréal en 1895. Auparavant, il s’était fait la main dans le « groupe de Sainte-Cunégonde », lequel réunissait de jeunes artistes, comme Germain Beaulieu et Edouard-Zotique Massicotte.

Son recueil est très découpé.

Vers l’idéal
Dans un style somptueux, le poète se décrit comme le messager de Dieu, un Dieu qui s’incarne dans la majesté de l’univers.

Croquis et pastels
Le ton est beaucoup plus léger dans les six poèmes qui composent cette partie. Une jeune fille, des jeux d’enfants, l’aurore, le printemps en sont les principaux thèmes. « Qu’elle est gentille et qu’on l’admire / Cette blonde aux airs gracieux! / Son œil, où son âme se mire, / Semble un tout petit coin des cieux. »

Fantaisies
Une clochette, des bulles de savon et un cerf-volant inspirent des poèmes dont la métrique ne dépasse pas trois pieds. Tout cela est bien léger. Suit un poème d’inspiration fantastique, lugubre, dans lequel le démon côtoie les farfadets. Autre genre de fantaisie, on l’aura compris.

Mélancolies
Le passé, l’enfance, les morts, la nature lui inspirent tristesse et mélancolie. « Oh! Que le bonheur passe vite! / Je n’ai pas encore vingt ans, / Et déjà ma barque s’agite / Sous le souffle des noirs autans. »

Sur les fibres du cœur
L’amour est de tous les vers de cette partie. Des bluettes, comme on disait à l’époque. Un amour adolescent, idéalisé, parfois en harmonie avec le divin. Et pourtant, malgré la légèreté, ce sont peut-être les poèmes les plus intéressants du recueil. Le vers, tout simple, coule de source : « Oh ! que ton œil rempli d’amour / Facilement se fait comprendre / Et comme il sait bien, tout à tour, / Se faire charmant, doux et tendre! »

Voix intérieures
« Comment! Je suis poète et je n’oserai dire, / De peur que les pervers, les sots puissent en rire, / Que je reconnais Dieu pour le Maître éternel / Que j’adore son nom, que je le crains et l’aime »

D’ici de là
Le recueil se termine par cinq poèmes adressés à des personnes, dont trois à des Françaises.

Il est bien évident que ce recueil est une œuvre de jeunesse. Ferland reprend des sujets très connus et les traite de façon attendue.  On trouve beaucoup de naïvetés et de maladresses, des fautes de grammaire et de syntaxe, des coquilles. Une quinzaine d’années plus tard, il publiera Le Canada chanté, son œuvre la plus pertinente.

Albert Ferland sur le site de la BANQ

Albert Ferland sur Laurentiana

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