17 avril 2026

Trans-terre

Jacques Chapdelaine, Trans-terre, s. l., Éditions du lys, 1963, 53 p.

« La vraie réalité est hors du temps ». Voilà qui cerne assez bien le contenu de Trans-terre. La naissance, la vie, la mort, tout baigne dans un dans un temps d’attente, un univers intemporel, comme si le monde n’était pas encore né. « La vie finira par être la vie ». La vie sur terre n’est qu’un lieu de passage vers la « vraie vie », l’être humain n’est qu'ébauche d’un « pur esprit » : « Alpiniste d’absolu / Musicien de l’intemporel // J’accéderai aux pures régions / Où commence toute vie »

On aurait tort de lier tout cela à la religion, celle-ci étant mentionnée tout au plus. « Je suis comme moi ailleurs / Je suis déjà mort ici / Je suis comme ailleurs moi / Je suis mort ailleurs déjà / Je suis moi sans peur / Sans mort, sans corps / Je suis de déjà, d'ailleurs, d'ici, / Je suis comme monde en moi / Monde en amour comme déjà / Ailleurs en moi déjà l'amour / Sans yeux, sans corps, sans tête, / Comme le monde ailleurs en moi / Je suis amour ailleurs ici / Sans moi, sans mort, sans monde ».

Malgré la hauteur du propos, cette poésie demeure assez simple. L’anaphore, ce procédé de répétition un peu facile des apprentis-poètes, prolifère. Quelques poèmes ne sont qu’une suite de mots dispersés sur les lignes, sur la page. En voici un :



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