Le recueil compte quatre
nouvelles. Deux d'entre elles (La dompteuse et Le père Mark) sont précédées d’un long préambule qui met en scène le
reporter Jacques Labrie, journaliste canadien en mission à Paris. Ce même Jacques Labrie est aussi le « héros » et le narrateur
interne du dernier récit.
La dompteuse
Mrs. Thamer (en fait, Madame
Tahourentché) promène dans les restaurants de Paris de somptueuses fourrures
canadiennes. Le reporter Jacques Labrie raconte à ses collègues l’histoire de
cette jolie Anglaise. Servante d’un pasteur-missionnaire anglican à Betsiamits
(aujourd’hui, Pessamit), sur la Côte-Nord, elle a promis à un Indien qui s’est
amouraché d’elle de l’épouser, s’il lui rapporte ses plus belles fourrures et... un peu d'or de l'Ungava.
Eh bien, « prends le bois », pars à la chasse. Pars pour moi. Je
n’écouterai aucun homme avant ton retour, et si tu me rapportes d’assez belles
pelleteries, si tu en rapportes assez, je serai à toi. Je serai ta squaw. Je
serai le prix de ta chasse magnifique, j’en serai la récompense merveilleuse. Mes
bras blancs et frais se noueront autour de ton cou robuste. Mes lèvres rouges
et brûlantes s’appuieront sur les tiennes. Je te ferai connaître des baisers,
des caresses que tu ignores… / S’approchant de l’Indien, la belle Anglaise lui
mit ses beaux bras, blancs et fermes, autour du cou. Elle l’embrassa
longuement, passionnément, comme sans doute il ne l’avait jamais été.
Histoire de couteau
Le narrateur est obsédé par un
couteau. Il pressent que le plaisir ultime, ce serait de passer à l’acte.
« Courbé, la face blême avancée, le bras replié, le surin à la hauteur de
la hanche, j’étais prêt à jouer de la lame. Je compris la nature de cette joie
qui venait de m’envahir et son atroce secret : c’était la joie de
l’assassin… » Il aime bien sa femme, mais son cou est si attirant…
Histoire étrange qui lorgne avec le fantastique à la Maupassant.
Entre le reflet de l’acier sous le rayon de lune et celui de la nuque
sous la lampe, existe un lien mystérieux. J’ai la révélation foudroyante et
certaine de la joie inexprimable, surhumaine, que me donnera le geste d’unir
ces deux reflets, en enfonçant la lame à reflet bleu dans la nuque à reflet
d’or. J’ai compris que cette joie s’accroîtrait encore de la lâcheté de l’acte
qui ferait se lever puis s’abattre mon bras, qui ferait s’enfoncer l’acier
brutal et froid dans la chair chaude et tendre.
Le Père Mark
Le père Mark est un vieil
Israélite. C’est aussi un agent de change que la guerre a ruiné. Il offre à
Jacques Labrie de lui enseigner tous ses secrets, mais meurt avant d'avoir réalisé son souhait. C’est davantage un portrait
qu’un récit.
À la tombée du soir
Jacques Labrie est vieux et se sent au bout du
rouleau. Son amoureuse vient de le quitter et il ne supporte pas d’être tenu à
l’écart par les femmes, lui le noceur invétéré, le conquérant irrésistible.
Il a donc décidé d’en finir. « Sortir de la vie, c’était s’éviter
la honte. » Il repasse sa vie, revoit toutes les femmes qu’il a aimées et,
au moment de se donner la mort, il a l’impression que celle qu’il a aimée
par-dessus tout est là, tout près de lui. Fin ambiguë.
Pour en savoir plus sur Paul de Martigny : Dictionnaire des auteurs québécois.
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