25 juillet 2014

La Ville inhumaine

Laurent Girourd, La Ville inhumaine, Montréal, Parti pris, 1964, 189 pages.

Essai, roman, poésie, un peu tout cela, et encore plus. Écriture libre et surréalisme. Postmodernisme avant la lettre. Différents usages de la typographie. Plusieurs foyers de narration. Chronologie malmenée. Mise en abyme. Récit classique et monologue intérieur. Comme vous le devinez, ce livre n'est pas de lecture facile, surtout dans la première partie.

L'anti-héros de l'histoire, c'est Émile Drolet, une journalier retourné aux études sur le tard, devenu journaliste. Il est dans la soixantaine et il fait le bilan de sa vie tout en exprimant certaines idées plus ou moins en lien avec ce qu'il raconte : « Pourquoi écrire cette histoire ? et toutes ces feuilles blanches devant moi ... Je sais ... sans but artistique (ou politique) on ne biaise pas. C'est l'essentiel qui me harcèle. J'essaie pour moi seul ... de retrouver ces souvenirs cruciaux. Je ne pense même pas à tous ceux oui se sont recueillis avant moi pour cette même quête prométhéenne. Émile Drolet, l'ai-je connu ? ... même en imagination . . . Ai-je habité son corps ? »

Sa mère était prostituée, alors son père... Il a eu cinq amoureuses mais une seule a compté : Jeanne Gerdois. Cette femme s'est servie de lui pour se faire un enfant : François. Il connaîtra à peine cet enfant. Il a vécu une idylle avec sa tante veuve alors qu'il reprenait ses études classiques après avoir travaillé en usine. Pour le reste, l'histoire n'étant  pas chronologique, on le voit à différents moments de son existence : lors d'une retraite que les étudiants finissants faisaient à l'époque; avec ses amis, Thério et Marchand lors de soirées; lors d'une réunion de ses amis gauchistes;  à l'intérieur d'une cellule révolutionnaire qui pose des bombes (mais est-ce bien lui?). Et j'oubliais, on assiste à son suicide au début du récit et aux préparatifs de ce suicide surtout vers la fin du roman.

La ville inhumaine, c'est un roman très idéologique, ceci entendu aussi bien au plan philosophique que politique. Émile Drolet se présente comme un anarchiste. Il croit que le chaos est le grand maître de l'univers, que les lois de la probabilité déterminent les rapports de force et que la prise du pouvoir par le prolétariat, c'est de l'angélisme. Il n'y a pas de fin à la lutte qui doit être menée. Aussi c'est sans grandes illusions qu'il endosse la cause nationale et le marxisme. Il redoute autant les intellectuels que les politiciens et il n'est pas tendre à l'endroit des écrivains et du milieu littéraire. Je ne sais trop s'il faut mettre sur le compte de l'existentialisme ou de la misanthropie son attitude détachée face à ses contemporains.

Il y a plusieurs passages dans le livre où l'auteur s'interroge sur l'écriture, plus spécifiquement sur le livre qu'il est en train d'écrire. On assiste même à une scène plutôt comique entre lui et son éditeur. Il est conscient que son livre est fragmenté, confus. Pour tout dire, c'est un roman qu'il faudrait relire, pas tant pour ce qu'on peut en tirer que pour s'assurer qu'on a bien (ou tout) compris.

Extrait

J'avais quelqu'un à tuer. Je l'ai cherché parmi mes semblables, mes frères. Ils m'ont ignoré et j'ai compris mon erreur. J'ai cherché un pays, craignant renier celui qu'on voulait m'imposer. Et j'ai compris qu'on ne lutte pas contre le sperme.
Comme Caïn, le matin de la délivrance, je me suis levé pour aiguiser mes pierres. Il fallait que je tue, ma haine ceinturait mes entrailles. Sur le jour naissant s'étendaient les soleils de mon pays. La chaleur humide m'entraînait au-delà du délire. J'avais grand soif.
Je chantais la vengeance dans ma solitude de bête de proie.
J'avais quelqu'un à tuer pour vivre demain. Je vivais en un état primitif, en marche vers la conscience. Puis les robots ont fait front. Non ... ils étaient là de tout temps, bien avant le néant. Je les distinguais à l'horizon dans leur marche de poussière. C'était mon pays en assaut vers moi, enfant nouveau dans ce monde de ferraille.
Qui m'aurait prévenu de tant de cruauté ? Il me serait profitable de savoir si la nécessité de tuer m'est venue avant cette vision. Pourquoi ai-je préféré me détruire moi-même ? Cela est dû en une certaine mesure à mon impuissance. Je m'illusionne souvent. Je crois à certains moments d'optimisme que l'écrasement du vieil homme facilitera la vie future. Même dans la mort je me hisse au-dessus de votre indifférence. Derrière vous, derrière mon cadavre, miroitent les oasis de mon enfance. Au-delà de la bêtise, de l'hypocrisie, s'étend la vallée promise.
J'avais quelqu'un à oublier. Je tâche d'enterrer tous les mythes, toutes les folies, tout l'absurde de mes frères, d'envelopper dans le linceul de mon pays et son histoire et son insignifiance. Lorsque j'aurai bien enfoui tout cela sous la neige et le sable je pourrai marcher à la conquête de la connaissance.
Je méprise vos sourires complices. Je méprise votre silence sur la Grande Mort. Je laisse à vos enfants le soin de vous haïr, de vous maudire. (p. 166-167)

19 juillet 2014

Le Cassé

Jacques Renaud, Le Cassé, Montréal, Parti pris, 1964, 126 pages. (Présentation d'André Major et introduction de l'auteur)

En plus du Cassé, le recueil contient huit autres courts textes :  …and on earth peace; Dialogue des serveuses; Dialogue des gerçures; Dialogue de la serveuse et du client souffrant d'un mal de tête; Dialogue de l'intellectuel nationaliste et de la serveuse; Le clou; Un coup mort, tu t'en sacres; La rencontre.

Ce roman crée tout un esclandre dans le petit monde littéraire lorsqu'il parait en 1964. Entre autres, il déclenche un long débat sur l'utilisation du joual. En le relisant - et ayant relu plusieurs œuvres qui l'ont précédé - je devine assez bien que le choc ne s'est pas limité à une histoire de langue. Le point de départ du Cassé, c'est une histoire digne d'Allô police, comme ne manque pas de le souligner le narrateur par le biais de son personnage principal. 

Le cassé, c'est Ti-Jean. Il vit de ses maigres prestations d'assurance chômage. Il couche avec Philomène, une fille-mère, aussi cassée que lui. Un ex de Philomène, pour se venger d'eux, dit à Ti-Jean qu'elle fréquente Bouboule, un petit dealer. En fait, elle va  chercher de la drogue pour une amie lesbienne. Fou de rage, Ti-Jean décide de les tuer tous les deux. Il repère Bouboule dans un restaurant, surpris de constater que Philomène n'est pas avec lui.  Au sortir du restaurant, il le suit et le tue à coups de tournevis dans la bouche. « Bouboule gargouille comme un tuyau de lavabo qui se vide... mais en plus gras... en moins sonore... En plus lent... Du cauchemar. Ti-Jean est allé chercher une grosse pierre qui traînait avec d'autres, dans le fond de la cour... Bouboule a perdu la tête... C'est pus rapiéçable. » Il retrouve Philomène au lit avec la copine lesbienne. Il la malmène et s'enfuit. 

On comprend aisément que ce petit roman (en fait une novella) ait fait beaucoup de bruit. On n'avait jamais lu un livre d'une telle violence. Même si l'intrigue tourne autour d'une histoire d'amour (qui n'est surtout pas de l'amour), on comprend vite que toute relation humaine est pourrie par la pauvreté sociale des personnages. La colère de Ti-Jean s'exprime moins contre les institutions que dans les relations humaines, entre autres dans la violence faite aux femmes.  La ville de Montréal est un personnage omniprésent, peut-être même le plus consistant du roman. La ville est sale, bruyante, les insectes pullulent, la violence et la corruption font la loi. «Fesser! Frapper! L'air sent la violence à plein nez. Le gaz carbonique et le mensonge.»

Sur le plan littéraire et peut-être culturel, Renaud a ouvert la porte à bien des audaces. Le langage est cru, vulgaire. Les vieux, les femmes, les enfants, tous passent au collimateur. On est loin de notre époque ou même la violence et les préjugés sont esthétisés. 

Avec Renaud, on entre de plain-pied dans la contreculture. La poésie voisine le sordide, l'œuvre s'autodétruit à mesure qu'elle s'écrit, ce que l'auteur ne manque pas de signaler : « Mais Ti-Jean est pas le genre à raconter sa vie à tout le monde. Le narrateur devrait se mêler de ses affaires. C’est ce qu’il va faire. Il est écrivain. »

Il annonce Tremblay, mais aussi Aquin, Ducharme, VLB, Carrier...et bien d'autres qui vont user, chacun à leur façon, de cette liberté de ton.  Le Cassé ouvre une porte, ce qui n'en fait pas pour autant un roman à la hauteur de Prochain épisode, de L'Avalée des avalés ou d'Une saison dans la vie d'Emmanuel, romans qui vont paraître en 1965-1966. 

Extrait

Cette chambre lui a coûté cinq piasses.

Une chambre ? 

C'est plutôt une espèce de grand placard. La porte : un pan de plywood assez large mais trop bas pour bou-cher entièrement l'entrée. Au-dessus de la porte chambranlante, un espace d'environ trois pieds de hauteur et d'un pied et demi de largeur permet à n'importe qui — pas besoin d'être acrobate — de passer du couloir à la chambre et de la chambre au couloir sans même avoir besoin d'ouvrir ou de défoncer la porte. 

Rien que cinq piasses par semaine. Ti-Jean comprend. 

C'est pas chauffé. On est à la fin d'août. Il y a encore des nuits et des jours chauds. Mais ce soir il pleut et le temps est frais. C'est à cause de ça que Ti-Jean s'est aperçu que c'était pas chauffé. 

Aucun drap sur le lit. Aucune couverture non plus. La literie n'est pas fournie. Le matelas taché de grandes flaques brunes et jaunâtres. Des trous de cigarettes dans cette chair bleu-déteint. Une coquerelle sort l'un des trous comme une grosse bébite d'un trou de balle dans le ventre luisant d'un chien abattu. Lourde et saoule coquerelle. Repue. Le matelas : un cadavre.

Il n'y a pas un concierge à Montréal qui va se fendre le cul en quatre pour fournir une chambre à cinq piasses. Ti-Jean le sait bien. Les cassés sont trop sales pour des draps blancs. 

La fenêtre : une porte-persienne à deux battants qui donne sur un balcon. Le balcon donne sur l'avenue du Parc ou bien sur le cimetière si on saute à pieds joints dessus car le bois de ce balcon de troisième étage est pourri. (p. 17-18) 

14 juillet 2014

Lorenzo

Jean Basile, Lorenzo, Montréal, Les Romanciers du jour, 1963, 120 pages.

Le roman, pas très réussi, contient trois parties. La seconde fait 80 pages réparties en six courts chapitres. La structure est très lâche. L’auteur malmène la chronologie, retours en arrière et prospectives, des personnages apparaissent et disparaissent, à différents âges…

La première partie intitulée « Le vieillard au bord du fleuve » pourrait décourager n'importe quel lecteur tant elle est verbeuse. On y voit un vieillard qui assomme de grandes vérités un jeune homme qui vient  de sauver une femme de la noyade. Le jeune homme se nomme Jerry et la dame, Bebelle. « Qu’est-ce que la vie et qu’est-ce que la mort, dit-il. Je vous le demande un peu, mon jeune ami qui disposez si facilement des autres ? Un cœur qui bat, quelques mouvements désordonnés de membres réticents ou bien le grand silence dans la poitrine et l’éternelle immobilité. Peu de différence à vrai dire ou une différence si mince qu’on ne la remarque même pas. Mais vous êtes jeune, je le vois. (Il haussa les épaules et toussa pour éclaircir sa voix). Vous ignorez sans doute ce que sont les tourments, les conflits. Vous regardez avec joie la terre, le ciel, les animaux, les hommes, et votre vie se fond avec la leur. Mais vous êtes-vous bien demandé pour quelles raisons cette femme que vous avez sauvée avait décidé de mettre un terme à ce que nous appelons sottement l’existence ? »

La deuxième partie raconte quelques épisodes de la vie de Bebelle-Cybèle. Adolescente,  elle est très consciente de ses charmes. « Il lui était très agréable de penser à son corps. Ferme, élancé et plein. Un corps qui n'avait jamais souffert de la faim ni de l'amour. Un corps frais, adorable, parfait comme du cristal, conçu naturellement pour troubler les hommes et attirer leurs baisers. Un corps qui avait besoin d'un échange de chaleur, de caresses, d'amour. » Elle sort avec le meilleur ami de son frère, Ken, mais semble très peu attachée à lui. Ce Ken a fréquenté et tenu comme idole un certain Heinrich jusqu’à ce qu’il disparaisse un bon matin. Heinrich est un portrait en plus jeune du vieillard nihiliste de la première partie. « Rien n'est simple, rien n'est clair, reprit Heinrich sur un ton de plus en plus exalté. Nous croyons saisir la marche du temps, la subtile émanation de l'amour ou de l'amitié et nous ne tenons que du vent. Mais il faut encore expliquer son passé, envisager son avenir. Il nous plaît alors de tirer une signification de tout, de nos désirs, de nos craintes, de nos rêves, de l'air, d'une étoile qui file, d'une sensation fugitive, d'une émotion qui passe fluide et vaine. Mais quoi que nous tentions, où que nous regardions, pratiquement nous ne lâchons une ombre que pour nous agripper à une autre ombre. » On a droit ensuite a un chapitre sur le père de Cybèle (un homme qui est passé à côté de la vie ou que la vie a largué et qui comble sa solitude avec son chien) et à un chapitre sur sa mère (une femme modeste qui, un jour, a refusé le grand amour pour ses enfants). On revient aux amours entre Cybèle et Ken : ils font l'amour sur la montagne, ce qui s’avère désastreux. Le temps file et on rencontre le fils de Cybèle, un adolescent travesti : il séduit un camionneur qui le pousse hors de son camion en marche quand il découvre le subterfuge. Le jeune y laisse sa vie. Le dernier chapitre nous montre la Cybèle vieillie de la première partie : elle danse dans les bars et ramène des hommes à la maison, toujours en recherche d’amour. Elle a décidé de se suicider.

Dans la dernière partie, le Jerry de la première partie, pénètre à la suite du vieillard dans un monde où tout n'est que voluptés. « Ici, vous êtes en quelque sorte dans le bordel de votre âme. » C'est un lieu complètement surréaliste, à moitié ciel à moitié enfer. Pourtant, malgré l'insistance du vieillard, Jerry décide de quitter ce lieu, lui préférant la « vraie» vie.

Ce qui ressort le plus de ce roman, c'est son penchant pour la dissertation et sa construction très lâche. Il me semble que Basile aurait dû se limiter à son personnage principal, celui de Cybèle, et laisser de côté ses parents et sa progéniture. Tout au long du roman les personnages prônent un certain nihilisme ou agissent avec cynisme, mais la fin vient tout renverser. Pas très convaincant. Le roman aborde des thèmes graves tels la recherche désespérée de l’amour, l'obsession de la mort, la vieillesse. 

2 juillet 2014

Le Pain de chez nous

Marie-Anna A. Roy, Le Pain de chez nous, Montréal, Éditions du Lévrier, 1954, 255 pages.

Marie-Anna Roy (Adèle) était la grande sœur de Gabrielle Roy. On connait la triste histoire entre les deux. Marie-Anna a entretenu toute sa vie une jalousie malsaine envers sa talentueuse cadette, ce qui a abouti à la publication du Miroir du passé en 1979, un roman dans lequel elle dépeint Gabrielle sous un jour défavorable (je ne l’ai pas lu). Gabrielle Roy aurait tout fait pour empêcher la publication de ce brûlot, elle qui était dans l’écriture de La Détresse et l’Enchantement.

Le Pain de chez nous, publié un an avant Rue Deschambault, raconte de façon à peine déguisée la vie de la famille Roy. Les noms des personnages et de certains lieux sont changés (Les Roy sont des Morin, Mélina s’appelle Mélanie, Gabrielle est devenue Gaétane), mais tout lecteur familier de l’œuvre de Gabrielle Roy, du moins de La Détresse et l’Enchantement, a l’impression du « déjà-lu ». Paradoxalement, c’est peut-être la principale raison qui fait qu’on s’intéresse au Pain de chez nous. Plusieurs lecteurs de Gabrielle Roy se sont attachés pour toujours à ses personnages et il est bon de les retrouver, même sous la plume d’une auteure de moindre qualité. Car il faut bien le dire, le récit familial de Marie-Anna Roy manque de tonus. Plutôt réaliste, de structure assez lâche, il me semble que le tri des événements à conserver n’a pas toujours été fait, ce qui donne un roman inégal.

Tout de même, les principaux événements de la saga Roy sont « rapportés » : les parents venus du Québec, le couple dépareillé que forment le père plus âgé et la mère, la construction de la maison sur la rue Dumuron (la rue Deschambault), le père aigri et la mère généreuse mais désordonnée, les difficultés financières du ménage surtout après que le père ait perdu son travail pour des raisons politiques, le mariage de l’ainée contre le gré des parents, la naissance tardive de Gabrielle-Gaétane, ses nombreux problèmes de santé, le mariage des enfants, Bédine-Bernadette qui entre chez les sœurs, la vieillesse difficile du père, son décès, le départ de Gabrielle pour l’Europe et son établissement à Montréal, la mort de la mère. Et j’en passe de moins importants. C’est écrit sobrement et plusieurs passages sont réussis.

Voici le portrait qu'elle trace de sa sœur Gabrielle, celle qu’on surnommait La Misère :

Extrait
La Misère se tenait près de la table, une expression de tristesse et de souffrance répandue sur ses traits. Bien que frêle et de santé délicate, elle prenait volontiers cet air pour se faire plaindre et chouchouter. Ses cheveux légèrement ondulés, d'un riche châtain, étaient relevés sur un beau front intelligent et attachés sur le sommet de la tête par un ruban. Et ses yeux illuminés de larmes brillaient comme deux émeraudes !
La Misère éprouvait un morbide besoin d'affection. Elle s'imaginait que sa naissance, non désirée avait été malvenue et qu'elle était de trop dans la famille ! Elle se croyait malheureuse et semblait implorer la pitié d'autrui sur elle-même. Son vieux père avait désappris l'art des caresses. Il se repliait sur lui-même, enfermé dans une douloureuse solitude d'esprit ; mais si son affection jetait peu d'éclat, elle n'en était pas moins profonde et intense.
Mélanie câlinait la Misère et la gâtait en l'entourant de soins constants et trop exclusifs. La fillette se montrait capricieuse, exigeante et, quand elle voulait quelque chose, multipliait pour l'avoir les cajoleries. Si la mère refusait, elle parvenait toujours infléchir sa volonté flottante par des soupirs et des larmes. Alors Mélanie hochait la tête en murmurant
— Que veux-tu ? Elle est malade ! (p. 176-177)